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lundi 25 février 2008

Qu'est ce qu'on attend pour exiger la destitution de Nicolas Sarkozy ?




L'impopularité ne change strictement rien

En mai dernier, au lendemain de l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, j'ai entendu une information à la radio : pour la n-ième fois, le présentateur annonçait une baisse de la popularité de G. W. Bush dans les sondages aux Etats-Unis.


Cette information m'a inspiré deux réflexions.

1) La première, c'est que tôt ou tard, cette situation se produirait également chez nous. Nicolas Sarkozy ayant été élu sur la base de promesses contradictoires et incompatibles (ce que montre très bien le sociologue Eric Fassin dans le film Réfutations), il était clair que le mythe de l'homme politique providentiel (rendu possible par l'extrême passivité des médias, très peu prompts à dénoncer ses mensonges, ses contradictions et son bilan en tant que Ministre de l'Intérieur) ne durerait pas. Il m'avait donc semblé clair que comme Bush aux Etats-Unis, Nicolas Sarkozy serait tôt ou tard un président très impopulaire. La seule inconnue était le temps qu'il faudrait pour qu'une bonne partie de ses électeurs se rendent compte qu'ils s'étaient laissés tromper.


2) Mais la deuxième réflexion, c'est que cette impopularité ne change strictement rien. Bush a beau être impopulaire, il a beau être qualifié de "pire président de l'histoire des Etats-Unis" (article Washington Post), cela ne fait aucune différence. Bush a "fait le boulot", et il continue à mener le travail de sape en profondeur qu'il a engagé. Pour s'en convaincre, il suffit de connaître l'attachement des citoyens américains à la question de leurs "libertés individuelles" (leur attachement à la Constitution des Etats-Unis, au IVe amendement, au Habeas Corpus, etc...), et de le comparer avec la situation telle qu'elle est aujourd'hui (le Patriot Act, le Military Commissions Act, le Violent Radicalization and Homegrown Terrorism Prevention Act, etc...) pour mesurer l'étendue du chemin parcouru, et l'ampleur des régressions, en seulement quelques années.



Il en va de même en France : même si Nicolas Sarkozy est au plus bas dans les sondages, cette impopularité ne l'empêchera pas de réaliser le méticuleux travail de sape dans lequel il s'est engagé. Car là aussi, c'est bien d'un travail de sape qu'il s'agit.






Un comportement indigne d'un Président de la République


Nicolas Sarkozy utilise sa vie privée de façon ostentatoire comme technique de diversion permanente.
Cette attitude est incompatible avec celle d'un Président de la République.


Son attitude et ses déclarations à l'emporte pièce qui consistent à dire un jour une chose et le lendemain son contraire (avec les cheminots, avec les pêcheurs, sur le pouvoir d'achat, etc...) font de nous la risée des médias du monde (voir ici ou ).
Cette attitude est incompatible avec celle d'un Président de la République.


La politique de chasse à l'homme avec des objectifs chiffrés d'expulsions, est une politique coûteuse, qui provoque toutes sortes d'aberrations : bébé de 15 mois enfermé dans un centre de rétention ; expulsions de touristes, à leur arrivée ou alors qu'ils s'apprêtaient à repartir ; expulsion d'un avocat de 70 ans, qui réside en France depuis 45 ans, marié à une Française depuis 15 ans, père d'un garçon de 22 ans, inscrit au barreau d'Aix-en-Provence depuis 28 ans ; expulsion d'un homme adopté par une famille française ; rétention d'une mère, son enfant de 11 ans restant seul, etc... Une politique du chiffre pour le chiffre qui crée des situations humainement inacceptables qui déshonorent notre pays.


Nicolas Sarkozy revendique un héritage Gaulliste mais veut imposer sans le moindre débat la réintégration complète de la France dans l'OTAN. Il se fait le soutient inconditionnel des néo-conservateurs américains, viole la Charte de Nations-Unies en proférant des menaces militaires à l'encontre d'un pays qui ne présente pas une menace directe pour notre sécurité. Ce manque de retenue a des conséquences graves pour l'image et la crédibilité de notre pays.






Un Président de la République qui piétine notre Constitution


Mais il y a encore plus grave. Nicolas Sarkozy s'en prend directement, frontalement, à ce constitue les fondements de notre République : sa Constitution.


"La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée". (Article 1er - Constitution de 1958).

Une Constitution qu'il est tenu de respecter et de défendre :
"Le Président de la République veille au respect de la Constitution" (Article 5 - Constitution de 1958).


Or Nicolas Sarkozy piétine délibérément notre constitution. Il s'attaque à plusieurs points de l'article 1er :




"La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale."

Nicolas Sarkozy n'est pas laïque. Le concept de "laïcité positive" dont il revendique la paternité n'est pas de lui : ce sont les propos de Benoit XVI, prononcés le 11 octobre 2005. La position de Nicolas Sarkozy correspond exactement à la vision papale de la place de la religion dans la société. Nicolas Sarkozy va même jusqu'à affirmer sa volonté de réintroduire l'enseignement religieux à l'école publique.
Cette attitude est incompatible avec celle d'un Président de la République.





"La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale."

Le traité de Lisbonne, présenté comme "nouveau" ("mini", "modifié", "simplifié") et dont Nicolas Sarkozy revendique la paternité, n'est ni plus ni moins que le traité rejeté lors du référendum de 2005, rendu volontairement illisible (dixit Valéry Giscard d'Estaing). Nicolas Sarkozy a menti lorsqu'il a demandé aux représentants du peuple de désavouer le peuple. Ces mensonges à répétition ont pour effet d'affaiblir notre démocratie.

Et que dire de son dernier coup tordu pour tenter de contourner la décision du Conseil Constitutionnel ? (Voir également l'article de Sébastien Fontenelle : "Nicolas Sarkozy défie la démocratie").
Cette attitude est incompatible avec celle d'un Président de la République.




"La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale."

Le démantèlement systématique des progrès sociaux hérités du Programme du Conseil National de la Résistance constitue le coeur de sa politique économique et sociale. Nous avons déjà assisté à la réécriture du Code du Travail qui, contrairement à ce qui avait été annoncé, ne s'est pas faite à "droit constant". Et maintenant, il s'agit de liquider l'héritage du Programme du Conseil National de la Résistance ?
Cette attitude est incompatible avec celle d'un Président de la République.



Comme Georges W. Bush s'est appliqué à piétiner la Constitution américaine, Nicolas Sarkozy s'applique à piétiner notre Constitution française.







Four more years ?


"Four more years !" (4 ans de plus !). C'était le slogan des partisans de G. W. Bush lors des élections présidentielles de 2004 aux Etats-Unis.


Four more years !! Four more years !! Four more years !!



Four more years, c'est le temps qui nous sépare des prochaines élections présidentielles en France. En êtes-vous si sûrs ?

Sommes-nous condamnés à 4 ans de plus de magouilles, de mensonges, et d'attaques sans relâche contre les valeurs de notre République ?

Une fois de plus, les Etats-Unis fournissent un support de réflexion intéressant. Des initiatives populaires comme Impeach Bush, bien qu'elles soient à la fois timides et bien tardives, sont sources d'inspiration.

Sans un objectif clair, nous sommes condamnés à subir les effets de cette politique indigne de la France, et nous sommes condamnés à voir notre Constitution bafouée par celui qui a la responsabilité de la défendre. Les sondages défavorables n'auront aucun impact, ni sur le contenu de sa politique, ni sur sa manière de la mener. Si nous voulons défendre notre Constitution et les valeurs de notre République, nous devons faire en France ce que les citoyens Américains auraient du faire chez eux il y a bien longtemps. Nous devons exiger la destitution de Nicolas Sarkozy. Cette destitution peut s'obtenir de façon démocratique et pacifique.






Manquement à ses devoirs => Destitution


Dans une démocratie comme le Vénézuela, le Président de la République est soumis à un référendum révocatoire à mi-mandat. En France, nous n'avons pas un tel outil à notre disposition.

Mais dans notre démocratie, dont le principe est : "gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple", (Article 2 - Constitution de 1958), rien ne nous empêche d'exiger la tenue d'un référendum révocatoire dans les plus brefs délais.
Dans une démocratie, on obtient ce qu'on veut, à condition d'être suffisamment nombreux à l'exiger.


En piétinant notre Constitution qu'il est censé défendre, Nicolas Sarkozy se rend coupable d'un manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec sa fonction de Président de la République. Or, comme l'indique l'article 68 de notre Constitution :
"Le Président de la République ne peut être destitué qu'en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l'exercice de son mandat. La destitution est prononcée par le Parlement constitué en Haute Cour".

La procédure de destitution est détaillée dans cet article.

Il est à craindre que nos représentants, aveuglés par des luttes partisanes, n'aient pas spontanément le courage de défendre notre Constitution en s'élevant contre un Président de la République qui la menace. Mais nous pouvons les y contraindre. De façon démocratique et pacifique.








Sortir de la torpeur

Nous sommes sans doute nombreux à penser que nous en avons déjà assez vu, et que cette mascarade a assez duré. Il est temps d'y mettre un terme. De façon démocratique et pacifique.

Alors évidemment, ce ne sera pas simple, ça ne se fera pas tout seul, et ce ne sera pas de tout repos. Nous aurons à convaincre une classe politique trop lâche et trop frileuse qui dans un premier temps refusera de prendre ses responsabilités. Nous aurons probablement également à subir l'hostilité des médias dominants, qui défendront sans doute Nicolas Sarkozy bec et ongles. Profitons-en pour réaffirmer haut et fort le fait que l'indépendance et le pluralisme des médias doivent impérativement devenir des questions politiques prioritaires dans ce pays !



Ce ne sera pas simple, mais nous avons des moyens :
  • Tout d'abord, en discutant ! Avec vos proches, vos amis, vos collègues. L'idée de la destitution d'un Président incapable d'assumer ses fonctions et qui menace notre Constitution, doit sortir du tabou dans lequel elle est enfermée. Cette idée doit être reprise, commentée, discutée, agitée.
  • Il faudra signer et faire circuler toutes les pétitions qui iront dans ce sens.
  • Il faudra contacter nos représentants, et exiger d'eux qu'ils nous représentent.
  • Il faudra manifester pacifiquement, le week-end d'abord.
  • Et si ça ne suffit pas, il faudra sans doute également faire grève, jusqu'à ce que nous obtenions gain de cause.




A la question : "peut-on obtenir la destitution de Nicolas Sarkozy ?", la réponse ne dépend que de nous. Si nous sommes prêts à nous mobiliser, alors la réponse est "oui", sans aucun doute. En revanche, si nous ne sommes pas prêts à défendre les valeurs de la République, alors il faudra en tirer les conclusions qui s'imposent : cela signifierait que nous ne méritons pas mieux que Nicolas Sarkozy.


Dans les semaines et les mois à venir, les questions auxquelles nous aurons à répondre, collectivement et individuellement, sont donc :
  • A-t-on quatre ans de plus à perdre avec Nicolas Sarkozy ?
  • Va-t-on permettre qu'un Président de la République bafoue continuellement notre Constitution et les principes de notre République ?
  • Va-t-on oui ou non se mobiliser pour exiger sa destitution ?




lundi 18 février 2008

La "néo-conservatisa-tion" de l'Europe passera-t-elle par l'OTAN ?



La "néo-conserva"-quoi ?



En mai dernier, j'ai posté un billet à propos de Wolfowitz et de la Banque Mondiale. La vidéo revient sur la "doctrine Wolfowitz", et pose les bases de l'idéologie néo-conservatrice telle que présentée par le PNAC et mise en pratique par l'administration Bush.
Entre autres joyeusetés, on retrouve : l'affaiblissement de l'ONU, l'augmentation des budgets militaires, la notion de "guerre préventive" (qui a entraîne la mort de plus de 1 million d'Irakiens depuis 2003), etc...




En octobre dernier, je revenais en détails sur le livre de Guy Millière (Le futur selon George W. Bush (2005) ). J'insistais en particulier sur la volonté des néoconservateurs Américains de voir leur idéologie s'étendre à l'Europe. Parmi toutes les raisons évidentes de rejeter la candidature de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, c'était selon moi la plus importante :


Mais c'est bien en terme de politique internationale que sa contribution pourrait être la plus désastreuse. C'est sans doute Guy Millière, un écrivain français favorable aux néoconservateurs américains qui nous éclaire le mieux sur les enjeux cachés de cette élection, dans son ouvrage : Le futur selon George W. Bush

Je cite (les extraits du livre sont en gras) :

"Les Européens devront comprendre ce qui est très précisément en jeu dans la révolution néoconservatrice américaine, d'une manière ou d'une autre, ou ils disparaîtront, et l'Europe avec eux. La disparition de l'Europe pourra être brutale ou douce, rapide ou lente. Elle pourra être une avancée progressive vers la vieillesse et la décrépitude qu'annoncent les courbes démographique actuelles, une progression vers l'islamisation qui ne sera islamisation modérée que si, et seulement si, la doctrine Bush concernant l'islam est couronnée de succès."

"Le néoconservatisme pourrait-il s'implanter en Europe et, ainsi, sauver l'Europe ?"

"Les Européens ne seront sauvés, s'ils doivent l'être, que par un sursaut immense", m'a dit David Horowitz à Malibu."


Le néoconservatisme. La guerre "préventive". "L'inévitable conflit des civilisations". La légalisation de la torture. Une idéologie qui doit s'implanter en Europe, faute de quoi nous ne serons pas "sauvés". Une idéologie sans laquelle nous "disparaîtrons", d'une manière ou d'une autre.

La France, qui est un grand pays, pourrait bien jouer un rôle majeur dans ce processus de transformation. Au-delà des politicailleries franco-françaises, voilà précisément ce qui constitue l'un des enjeux majeurs de cette élection.




Depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, c'est effectivement dans cette direction que nous nous dirigeons.

A ce titre, on peut rappeler les propos de Nicolas Sarkozy devant la conférence des ambassadeurs de France le 27 octobre dernier.
On peut également mentionner l'escalade des menaces à l'encontre de l'Iran auxquelles Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner ont activement participé (des menaces qui sont autant de violations patentes de la Charte des Nations-Unies). Pouvaient-ils ignorer le contenu du rapport du NIE (National Intelligence Estimate) qui déclare : "Nous estimons qu'à l'automne 2003 Téhéran a arrêté son programme militaire nucléaire" ?




Parlons également de l'OTAN, puisque c'est l'objet de ce message. Nicolas Sarkozy a décidé que la France réintègrerait l'OTAN, une organisation qui est et qui restera sous commandement américain (voir cet article).

C'était dans le Traité Constitutionnel Européen rejeté par référendum, c'est donc également dans le traité de Lisbonne imposé par la voie parlementaire : Section 2 - Article 28A

La politique de l'Union au sens de la présente section n'affecte pas le caractère spécifique de la politique de sécurité et de défense de certains Etats membres, elle respecte les obligations découlant du traité de l'Atlantique Nord pour certains Etats membres qui considèrent que leur défense commune est réalisée dans le cadre de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) et elle est compatible avec la politique commune de sécurité et de défense arrêtée dans ce cadre.



La politique de défense commune de l'Union Européenne doit donc être compatible avec celle arrêtée dans le cadre de l'OTAN.

Dans ce contexte, il est tout à fait alarmant que l'idée du recours à des "frappes nucléaires à titre préventif" fasse son chemin au sein de l'OTAN. C'est une question à laquelle il faut s'intéresser au plus vite, faute de quoi nous risquons bien de nous réveiller un beau matin avec la responsabilité partagée d'un holocauste nucléaire perpétré en notre nom.


A lire également : Guerre nucléaire contre l'Iran, de Michel Chossudovsky.


mercredi 6 février 2008

Modification de la Constitution : ça, c'est fait !



Comme prévu, la Constitution a été modifiée lundi 04 février lors du Congrès de Versailles.

Le "mini-consensus" politico-médiatique allant de l'UM"P" au P"S" en passant par le Mo"Dem" peut se réjouir (de manière plus ou moins ostentatoire) d'avoir désavoué le peuple en permettant la ratification par la voie parlementaire du Traité de Lisbonne, dont le contenu est similaire à celui qui a été rejeté lors du référendum de 2005. La liste des députés et sénateurs qui se sont prêtés à ce petit jeu est disponible sur le site de l'Assemblée Nationale.

N'oublions pas de mentionner également les médias dominants, qui se sont très largement abstenus de sensibiliser l'opinion sur ce sujet. Mais il faut les comprendre : ils étaient bien trop occupés à meubler le temps de cerveau disponible de leurs lecteurs avec des kilomètres d'articles débilisants dont on serait bien incapable de dire s'ils sont issus de journaux sérieux ou de la presse à scandale. Et je ne parle même pas de la télé.


Lorsque Info-Sarkozy (France 2) reçoit Nicolas Dupont-Aignan, ce n'est évidemment pas au JT de 20h mi-janvier, lorsqu'il devient clair que le Parti "Socialiste" a décidé de prendre ses électeurs pour des crétins, et qu'il devient alors urgent d'alerter l'opinion pour expliquer ce qui se trame.
Non. France 2 reçoit Nicolas Dupont-Aignan le 05 février (le lendemain du vote) lors de Télé-Matin.



La France qui se lève tôt était-elle devant sa télé hier matin entre 7h50 et 8h00 pour voir la mise au point de NDA ?
Moi en tous cas à cette heure là j'étais encore au lit.

Mais ça n'a aucune importance : Dailymotion est là.

Et hop :


Avec en cadeaux-super-bonus rien que pour vous : d'authentiques morceaux de propagande extraits des journaux télévisés de Info-Sarkozy et et Info-Bouygues, parce que nous le valons bien.
C'est quoi donc qu'ils disaient Goebbels et Hitler déjà ?


mardi 29 janvier 2008

Je porte plainte auprès de la CEDH


Parler de "mini-traité" ou de "traité simplifié" est une escroquerie : il s'agit du même contenu (rendu volontairement illisible) que texte qui a été rejeté lors du référendum de 2005 : voir l'article.

Selon Anne-Marie Le Pourhiet, Professeur de droit constitutionnel, la relance par la voie parlementaire du processus constitutionnel européen malgré le "non" référendaire relève du double "coup d'Etat", à la fois formel et matériel : voir l'article.


Outré par les mensonges de Nicolas Sarkozy, qui soulignait la nécessité d'inclure le peuple à toutes les grandes étapes de la construction européenne, et qui dans son programme présidentiel prétendait :
J’ai proposé à nos partenaires un traité simplifié, limité aux questions institutionnelles que nul n’a contestées pendant la campagne référendaire,afin que l’Europe se dote rapidement des moyens de fonctionner efficacement à 27 États membres. La question de la réécriture d’un texte plus global,scellant la dimension fondamentalement politique de l’Europe, se posera dans un second temps.


Excédé par la stratégie du PS qui prétend être opposé à une ratification parlementaire du traité de Lisbonne, mais qui refuse de prendre ses responsabilités en bloquant la réforme constitutionnelle du 4 février prochain, alors que les socialistes disposent d'une grande partie des clés qui permettent d'obtenir une minorité de blocage.


Déçu par le MoDem de François Bayrou, qui déclarait pourtant le 5 juin dernier :
Nous avons besoin de débats, nous avons besoin d'information des citoyens, nous avons besoin que les citoyens aient des défenseurs à la tribune de l'Assemblée Nationale pour parler en leur nom, pour êtres ceux qui portent leur voix pour demander que l'on réfléchisse, non pas pour condamner, non pas pour être dans l'opposition systématique, mais pour imposer du débat et de la réflexion.

[...]

Par exemple, et c'est en tant que militant européen que je l'indique, si Nicolas Sarkozy arrive à "débrouiller" l'affaire du Traité constitutionnel en allant dans le sens que nous avions proposé pendant la campagne électorale, non pas d'un mini traité, expression qu'il a abandonnée, mais d'un traité simplifié dans lequel le citoyen, à la lecture, pourra retrouver les grands principes démocratiques de l'Europe, où l'on retrouvera l'inspiration qui était celle du Traité constitutionnel, mais avec un abord beaucoup plus franc, beaucoup plus simple, alors je dirai que c'est une bonne chose.

Probablement aurons-nous des débats avec le Gouvernement ou avec le président sur la manière de le ratifier. Très bien, nous aurons des débats, mais, au moins, si ce texte réussit à sortir -nous n'en sommes pas encore tout à fait là, il y a encore beaucoup de chemin à faire-, je dirai à ce moment-là, s'il est juste et qu'il reprend cette inspiration, que nous sommes d'accord avec le travail qui a été fait et que nous le soutenons.


François Bayrou ; qui appelait de ses voeux plus de débats et plus de démocratie, et sur la question de l'Europe qui appelait un texte "beaucoup plus franc" et "beaucoup plus simple" ; reste désespérément muet.


Navré par le niveau des réponses que m'ont adressé députés et sénateurs, à l'image de celle de Jean Marsaudon, dont je recopie ici l'intégralité :
Le Président de la République a été élu, à une très large majorité, avec l'engagement, dans son programme, de faire ratifier un "mini" traité européen par voie parlementaire. Merci également de bien vouloir tenir compte des 53 % de Français qui ont voté pour lui.
Bien respectueusement.

Jean MARSAUDON
Député de l'Essonne



Face à ce consensus politique qui fait le choix de la tromperie et de la dissimulation au détriment du débat et de la démocratie, j'ai décidé de rejoindre l'initiative proposée par le collectif 29 mai.eu :

Je porte plainte contre l'Etat Français auprès de la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH).


Le texte de la plainte est disponible : ICI.

Pour en savoir plus, voir sur le site 29mai.eu.

mercredi 16 janvier 2008

Traité européen : Démocratie MAINTENANT !

Il y a quelques semaines, j'ai écrit un billet dans lequel je rappelais la nécessité de soumettre le traité de Lisbonne (frauduleusement qualifié de "Mini Traité" ou de "Traité Simplifié" : de l'aveu de Valery Giscard d'Estaing et d'un grand nombre de Premiers Ministres européens, le contenu est identique à celui de 2005) à un nouveau référendum en France et dans les autres pays européens.

Pour que le traité de Lisbonne soit adopté en France, il est indispensable que la Constitution française soit préalablement modifiée. C'est l'enjeu du vote de Versailles du 4 février prochain.


Il suffit d'une minorité de blocage de 2/5 des suffrages exprimés lors de ce vote pour rejeter la modification de la constitution, et ainsi forcer un référendum.

C'est la raison pour laquelle ; quel que soit le sentiment qu'on ait vis à vis de ce texte, quel que soit le choix que l'on ait fait lors du référendum de 2005, quel que soit le choix que l'on ferait si un nouveau référendum devait être proposé ; les citoyens pour lesquels la démocratie à un sens devraient faire pression sur leurs élus afin d'empêcher le coup de force parlementaire en cours de préparation.

Le Conseil National pour un Référendum (CNR) a mis en place une interface très simple qui vous permet de contacter vos élus, par département.
Vous pouvez envoyer un message à vos élus en deux coups de clics : contactez vos élus.
Le blabla est pré-rempli, vous pouvez bien sûr le modifier à votre guise avant de l'envoyer.


Comme le rappelle le Sénateur Jean-Luc Mélenchon, repris entre autres par Le Post et Plume de Presse, les forces en présence sont potentiellement très équilibrées.


331 sénateurs et de 577 députés, soit 908 voix au total. Pour être adoptée, la réforme de la Constitution doit être approuvée à plus de 3/5 des suffrages exprimés. Pour être rejetée, il suffit qu'elle soit refusée à plus 2/5 des suffrages exprimés.


[...]
Pour avoir la majorité des 3/5 Sarkozy doit rassembler tous les parlementaires UMP, tous ceux du Centre et tous les non inscrits des deux assemblées ! On arrive alors à un total de 552 voix. Soit très exactement 7 voix d’avance ! Sept voix ! Pas une de plus. On est loin, très loin du « c’est plié de toutes façons » que professent certains sans produire un seul chiffre pour appuyer leur démonstration ! D’autant que, notez le bien, il y a une inconnue. De taille ! En effet il y a 15 parlementaires souverainistes à droite ! S’ils ne votent pas, le score de Sarkozy retombe à 537 voix et il a perdu. En fait, pour que Sarkozy n’arrive pas à avoir sa majorité il suffit que 8 d’entre eux votent contre la réforme de la Constitution !

Rappel : la minorité des 2/5 qui suffit à bloquer Sarkozy est de 363 voix. La totalité des parlementaires de gauche, socialistes, communistes, MDC, Verts est de 355 voix. Il nous manque donc huit voix. Encore il manque 8 voix si tous les parlementaires de droite sont présents et votent et si tous les souverainistes, tous les non inscrits et tous les centristes (de toutes les chapelles) votent avec l’UMP.
[...]



Le Parti Socialiste détient donc une bonne part des clés qui permettent de bloquer la réforme constitutionnelle, et ainsi forcer un référendum.

Dans ce contexte, l'attitude de François Hollande et Jean-Marc Ayrault (respectivement Premier Secrétaire et Président du Groupe Socialiste), qui connaissent pourtant parfaitement la situation, est tout à fait scandaleuse.
Hollande et Ayrault ont ainsi déclaré que le meilleur moyen pour les parlementaires socialistes de montrer le refus de la ratification par voie parlementaire du traité de Lisbonne, serait de boycotter le congrès à Versailles.

C'est totalement faux !! Au contraire, c'est le renoncement du PS qui permettrait de facto à l'UMP de bénéficier très facilement d'une majorité de 3/5 des voix exprimées, et donc de faire passer en force un traité dont le contenu est en tous points similaire à celui qu'une majorité de Français avait rejeté par la voie référendaire en 2005.


Il est des situations que la bêtise seule ne suffit pas à expliquer. La tentative de manipulation de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault constitue ni plus ni moins qu'une trahison. Et j'insiste sur ce terme, dont la définition colle parfaitement à la situation :

Trahison : La trahison désigne le fait d'abandonner, de livrer à ses ennemis ou de tromper la confiance d'un groupe (politique ou religieux), d'une personne (ami, amant, famille) ou de principes.



Cette situation est extrêmement grave. J'espère que nous serons nombreux à la dénoncer et à nous mobiliser en contactant nos élus ; quelle que soit leur couleur politique, qu'ils fassent partie de la majorité ou de l'opposition-contrôlée ; afin qu'ils mettent un terme à cette mascarade et au scandaleux déni de démocratie qui nous est infligé.





samedi 22 décembre 2007

Un "mini-traité" pour une maxi-mascarade démocratique



A propos du TCE


Comme une majorité de français, il y a deux ans j'ai voté contre le projet de constitution européenne. Européen convaincu que je suis, j'étais totalement persuadé de voter pour, jusqu'à ce que je me décide à me plonger dedans et à rechercher des informations contradictoires.

Je ne vais pas rentrer dans le détail du contenu, ce n'est pas le propos de ce billet. Ce qui m'intéresse ici, c'est que cette histoire nous enseigne sur l'état de la démocratie en France.


Commençons d'abord par la campagne médiatique extrêmement biaisée en faveur de l'adoption du TCE en 2005. Si la question de la "pluralité à sens unique" des médias français durant la campagne de 2005 vous intéresse, Acrimed a constitué un dossier qui regroupe un grand nombre d'articles : voir dossier Acrimed TCE 2005.


Avant de voter "NON", j'ai lu, j'ai recherché des explications, j'ai posé des questions, j'ai recherché des points de vue divergents, des analyses contradictoires (c'est sur internet que j'ai trouvé les sources les plus intéressantes) basées sur le contenu et non sur des discours creux, j'ai assisté à des débats, ...
J'ai donc fait un choix qui repose sur une démarche réfléchie pour laquelle j'ai consacré du temps et de l'énergie. Alors évidemment, dans ce contexte, un article comme celui du journal Le Monde du 16 avril 2005 est grossier et injurieux.
Être méprisé et me faire insulter par des médias qui prétendent défendre mes intérêts a fini par devenir une habitude. Voir par exemple un article de Libération du 07 juillet dernier. En juillet 2007, un article comme celui-là m'en touche une sans faire bouger l'autre. En revanche en 2005 j'étais beaucoup plus sensible à ce genre de discours, qui m'ont amenés à me poser de sérieuses questions sur mes propres capacités de jugement.


Malgré les discours de culpabilisation et d'intimidation qui se sont multipliés, la promesse d'un cataclysme à la fois politique et économique en cas de rejet, l'isolement de la France, le blocage de l'Europe ("il n'y a pas de Plan B"), etc... j'ai tout de même voté "NON". Mais non sans me demander si je n'étais pas entrain de faire une éenooooOooOooorme connerie : "Mais qu'est ce que tu fais Fares, tu es devenu LePen-iste anti-européen ? Tu veux être responsable d'avoir conduit dans l'impasse 350 millions d'européens ?" Je le prends avec le sourir aujourd'hui, mais ce processus de marginalisation est réel. A tel point qu'il a faillit me pousser à m'abstenir. Mais comme je l'ai dit, je crois qu'à l'époque j'étais plus facilement influençable par ce genre de discours d'intimidation.




Le rejet du Traité Constitutionnel Européen est un constat d'échec pour tout le monde. En voyant les résultats du référendum en France, suivis par ceux du référendum aux Pays-Bas, j'ai espéré qu'ils forceraient un certain nombre de remises en question. J'ai espéré que le débat sur l'Europe prendrait enfin la place qu'il mérite, étouffé qu'il est par les politicailleries franco-françaises.

D'autant plus qu'entre les citoyens qui ont estimé qu'il fallait voter "NON" en dépit des bonnes choses parce que les mauvaises seraient trop dures à changer (ce qui est mon cas), et ceux qui ont voté "OUI" pour valider les points positifs tout en espérant modifier par la suite les points négatifs (ce qui est le cas de beaucoup de mes amis), les deux positions sont loin d'être aussi inconciliables que ce qu'on a bien voulu nous le laisser entendre.


Malheureusement c'est exactement l'inverse qui s'est produit. Le diagnostique qu'on nous a servi était clair : "Le TCE a été rejeté parce qu'il n'a pas été suffisamment expliqué, et les Français ne l'ont pas compris". Point final. Circulez, il n'y a plus rien à voir.





A propos du Traité de Lisbonne


Et aujourd'hui ?
L'appellation "mini-traité" ou "traité simplifié" est une escroquerie. Le TCE était un traité. Le traité de Lisbonne est également un traité. Et le contenu est similaire.
Valéry Giscard d'Estaing lui-même, ainsi qu'un grand nombre d'hommes politiques (en particulier des premiers ministres européens) s'accordent sur ce point (voir les citations en bas de cette page).


Comme l'indique un sondage du Financial Times / Harris repris par Marianne, 63% des Français veulent un référendum. Ce chiffre est encore plus important dans les principaux pays européens : 65% en Espagne, 72% en Italie, 75% en Grande Bretagne, et 76% en Allemagne.
Selon l'IFOP, c'est 71% des Français qui veulent un référendum.



Voir l'article de Bernard Cassen qui défend l'idée d'un référendum.

Voir également la vidéo de Nicolas Dupont Aignan (député UMP), qui est l'un des seul à avoir eu le courage d'aborder sérieusement la question, et la réponse du pathétique Bernard Kouchner.

A voir aussi : l'interview de Jean-luc Mélenchon (Sénateur PS) qui revient sur l'amnésie de son propre parti, et qui réclame également un référendum.






Mais Nicolas Sarkozy a clairement affirmé qu'il ne faudrait surtout pas qu'un tel référendum ait lieu, car ce traité serait rejeté en France et ailleurs
(voir article en anglais).





Selon Etienne Chouard, enseignant en droit fiscal économie et gestion, auteur d'un site d'analyse du TCE en 2005, et également à l'origine du Plan C - Pour une constitution Citoyenne, il s'agit d'un "viol politique"


Anne-Marie Le Pourhiet, Professeur de droit constitutionnel, parle d'un "double coup d'Etat" (un article passionnant, à lire absolument !)



Cette situation n'est pas propre à la France. On la retrouve également dans différents pays européens : voir article



Il convient de remarquer qu'on est exactement dans ce que Noam Chomsky décrivait comme "la vision alternative de la démocratie" (voir la vidéo dans un billet précédent). Cette "vision alternative", dans laquelle les peuples doivent être divertis, manipulés, trompés et exclus du débat "pour leur propre bien", évitant ainsi qu'ils ne se mêlent de ce qui les regarde. Cette vision contredit l'idée traditionnelle qu'on se fait de la démocratie : celle d'un système politique dans lequel les peuples ont les moyens d'agir sur ce qui détermine leur vie.


Cette idée est également reprise dans l'article "Assassinat en réunion" (Edito 6 du 04/12/2007), ou encore dans l'article "la démocratie de l'inconséquence".




Alors que faire ?


Un certain nombre de pistes sont proposées ici :
http://www.traitedelisbonne.org/Que-faire.htm

  • Signer les pétitions qui exigent la tenue d'un référendum (voir le lien ci-dessus)
  • Écrire aux médias
  • Écrire aux partis politiques
  • Écrire à votre député
  • Écrire au Président de la République
  • Écrire au Pape, ou même directement au bon Dieu s'il y a une chance pour qu'il vous écoute
  • Et en parler autour de vous.

Cette histoire n'est pas encore totalement finie (voir le calendrier).


dimanche 15 juillet 2007

Win the YES !!!

Pour rire un peu, je vous propose le fameux "Win-ze-yès aguène-zeno" de Rafarin à propos du referendum sur la constitution européenne.



Peu importe ce qu'on raconte. Même si ça ne veut absolument rien dire. L'essentiel, c'est d'avoir l'air convaincu ! :)

mercredi 20 juin 2007

BIOGM : on va se régaler !


Dans notre société médiatiquement modifiée, agriculture BIO et OGMs ne sont pas incompatibles. C'est en tous cas ce qu'ont décidé la Commission Européenne et le Conseil des Ministres, contre l'avis du Parlement Européen qui avait rejeté cette idée à 611 voix contre 61.


Extrait d'un article de Pierre Eyben :

En dépit d’une mobilisation du Parlement européen, la Commission puis le Conseil des ministres de l’agriculture viennent de céder aux demandes des lobbys de l’agro-alimentaire et d’approuver ce 12 juin un règlement qui autorise la présence d’organismes génétiquement modifiés dans les produits bio. C’est à nouveau une parfaite illustration du déficit démocratique des instances européennes avec des mouvements citoyens qui ne sont pas entendus et un Parlement qui sur de nombreuses thématiques n’a qu’un avis consultatif.



Autre article, sur NaturaVox : La démocratie à l’épreuve de la réalité OGM


Voir également : article dans Le Monde ("présence fortuite", j'aime beaucoup cette formule)