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jeudi 10 novembre 2016

Trump : les Américains choisissent le moins pire


L'élection de Donald Trump aux Etats-Unis semble provoquer un immense sentiment de frustration chez bon nombre de personnes.
C'est évidemment une énorme frustration pour tous ceux qui espéraient obtenir une fellation gratuite en élisant Mme Clinton (la soit-disant "candidate féministe"). Mais, à en juger par les manifestations anti-Trump, pas uniquement chez ceux là.

Pour ma part, je considère qu'en élisant Trump, le peuple Américain a éliminé le (la) pire des candidat(e)s.


A tout prendre je suis plutôt satisfait, car j'estime que le résultat de l'élection aurait pu être bien pire : les Americains auraient pu élire Hillary Clinton.

Compte tenu des nombreux bruits de bottes en Europe, des mouvements de troupes à la frontière russe (voir liens ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ou ), et de la très sérieuse déterioration des relations diplomatiques entre les Etats-Unis et la Russie (voir liens ici, ici, ou ), l'élection de Mme Clinton et la poursuite de la politique actuelle aurait pu faire basculer le monde dans un conflit effroyable.

Le risque de nous voir entrainés dans un conflit nucléaire nous opposant à la Russie et/ou la Chine (ici, ici ou ) semble nettement moins important avec Trump qu'il ne l'aurait été avec Clinton. Ne m'en tenez pas rigueur si je me trompe et si nous finissons tous vitrifiés sous le feu nucléaire, mais je pense que désormais nos chances de vivre 4 ans de plus sont supérieures à ce qu'elles auraient été si Mme Clinton avait été élue.



Alors oui, certes, il est vrai que Trump a tenu des propos méprisants et scandaleux. Mais là encore, la comparaison s'impose. Que dire de Mme Clinton ?!!!
Le site qui rapporte les 100 pires wikileaks au sujet d'Hillary Clinton contient des informations tout à fait accablantes.
Les leaks sont triés par ordre décroissants de scandale. Mais celui que je considère comme étant le pire de tous est le n°3 :



Traduction : bien qu'elle savait que les GOUVERNEMENTS du Quatar et d'Arabie Saoudite financent l'organisation terroriste dite de "l'Etat Islamique" (ou "Daesh"), Hillary Clinton a accepté des dizaines de millions de dollars de donations de la part de ces mêmes dirigeants Saoudiens et Quataris.

Cette information vaut le coup qu'on s'y arrête un peu pour y réfléchir. De l'aveux même de Mme Clinton, on obtient la confirmation de ce secret de polichinelle : les dirigeants du Quatar et d'Arabie Saoudite ("the governments of Qatar and Saudi Arabia") financent les groupes terroristes qui mettent la Syrie à feu et à sang. Mais par ailleurs, ces mêmes dirigeants financent également Mme Hillary Clinton, en espérant la voir accéder au poste de Président des Etats-Unis.

Cette révélation fracassante est une nouvelle confirmation de ce que je disais dans mon message précédent : "Daesh : halte au double jeu sordide".

Que disent les médias au sujet du contenu des emails de Mme Clinton ?
Lisez donc le journal LeMonde, Sud-Ouest, LePoint (je pourrais vous en citer des dizaines d'autres, en France comme aux Etats-Unis d'ailleurs). Lisez, et comparez avec le site http://www.mostdamagingwikileaks.com/. Voyez ce qui est dit, et ce qui n'est pas dit. Tous ces journaux tombent à bras raccourcis sur Trump, mais dans le même temps tous brossent un portrait quasiment idyllique de Clinton en passant sous silence les aspects les plus répugnants du personnage.



Il y a presque un an jour pour jour, le 13 novembre dernier, une série d'attentats revendiqués par Daesh causait la mort de 130 personnes à Paris. N'est ce pas une information digne d'intérêt pour les citoyens Français que de savoir que les gouvernements qui financent cette organisation terroriste ont également financé Mme Clinton en espérant ainsi contribuer à la faire accéder au pouvoir ?



Mr Trump fait peur à cause d'un certain nombre d'incertitudes que le personnage soulève.
Mais le contenu des emails de Mme Clinton révèle qu'elle a un passé de criminelle qui fait froid dans le dos !!



Je trouve que l'indépendance de Trump est un bon signe. Je pense même que l'élection de Trump est potentiellement davantage porteuse d'espoir que ne l'était l'élection de Barack Obama il y a 8 ans (pour info, voir les articles que j'avais écrit à l'époque, ici et ).
Peut être que Trump trahira la confiance que ses electeurs ont placé en lui, et qu'il mènera une politique tout aussi mafieuse que celle de ses prédécesseurs (ou que celle qu'aurait mené Hillary Clinton si elle avait été élue).
Ou alors, peut-être qu'au contraire il envisage sérieusement de faire de la lutte contre la corruption une priorité de son mandat. Si c'est le cas, il aura fort à faire, et j'espère qu'il aura le temps d'obtenir quelque succès en la matière avant de se prendre une balle dans la tête.




Qui vivra verra.

Trump : les Américains choisissent le moins pire


L'élection de Donald Trump aux Etats-Unis semble provoquer un immense sentiment de frustration chez bon nombre de personnes.
C'est évidemment une énorme frustration pour tous ceux qui espéraient obtenir une fellation gratuite en élisant Mme Clinton. Mais pas uniquement chez ceux là.

Pour ma part, je considère qu'en élisant Trump, le peuple Américain a éliminé le (la) pire des candidat(e)s.


A tout prendre je suis plutôt satisfait, car j'estime que le résultat de l'élection aurait pu être bien pire : les Americains auraient pu élire Hillary Clinton.

Compte tenu des nombreux bruits de bottes en Europe, des mouvements de troupes à la frontière russe (voir liens ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ou ), et de la très sérieuse déterioration des relations diplomatiques entre les Etats-Unis et la Russie (voir liens ici, ici, ou ), l'élection de Mme Clinton et la poursuite de la politique actuelle aurait pu faire basculer le monde dans un conflit effroyable.

Le risque de nous faire entrainer dans un conflit nucléaire nous opposant à la Russie et/ou la Chine (ici, ici ou ) semble nettement moins important avec Trump qu'il ne l'aurait été avec Clinton. S'il vous plait, ne m'en tenez pas rigueur si je me trompe et si nous finissons tous vitrifiés sous le feu nucléaire, mais je pense que nous avons désormais davantage de chances de vivre 4 ans de plus que nous n'en aurions eu si Mme Clinton avait été élue.



Oui, il est vrai que Trump a tenu des propos méprisants et scandaleux. Mais là encore, la comparaison s'impose. Que dire de Mme Clinton ?!!!
Le site qui rapporte les 100 pires wikileaks au sujet d'Hillary Clinton contient des informations tout à fait accablantes.
Les leaks sont triés par ordre décroissants de scandale. Mais pour ma part, le pire de tous est le n°3 :



Traduction : bien qu'elle savait que les GOUVERNEMENTS du Quatar et d'Arabie Saoudite financent l'organisation terroriste dite de "l'Etat Islamique" (ou "Daesh"), Hillary Clinton a accepté des dizaines de millions de dollars de donations de la part de ces mêmes dirigeants Saoudiens et Quataris.

Cette information vaut le coup qu'on s'y arrête pour y réfléchir. De l'aveux même de Mme Clinton, on obtient la confirmation de ce secret de polichinelle : les dirigeants du Quatar et d'Arabie Saoudite ("the governments of Qatar and Saudi Arabia") financent les groupes terroristes qui mettent la Syrie à feu et à sang. Mais par ailleurs, ces mêmes dirigeants financent Mme Hillary Clinton, en espérant la voir accéder au poste de Président des Etats-Unis.

Cette information fracassante est une nouvelle confirmation de ce que je disais dans mon dernier message sur ce blog : "Daesh : halte au double jeu sordide".

Que disent les médias au sujet du contenu des emails de Mme Clinton ?
Voyez-vous même avec le journal LeMonde, le soit-disant "quotidien de référence". Lisez l'article du Monde (je mentionne cet article, mais je pourrais citer celui de Sud-Ouest,  celui du Point, ou des dizaines d'autres). Lisez, et comparez avec le site http://www.mostdamagingwikileaks.com/. Voyez ce qui est dit, et ce qui n'est pas dit. Tous ces journaux tombent à bras raccourcis sur Trump, mais brossent un portrait idyllique de Clinton en passant sous silence les aspects les plus répugnants du personnage.


Il y a presque un an jour pour jour, le 13 novembre dernier, une série d'attentats revendiqués par Daesh causait la mort de 130 personnes à Paris. N'est ce pas une information utile pour les citoyens Français de savoir que les gouvernements qui financent cette organisation terroriste ont également financé Mme Clinton en espérant la faire accéder au pouvoir ?



Mr Trump fait peur à cause d'un certain nombre d'incertitudes que le personnage soulève. Mais si Mme Clinton fait froid dans le dos, c'est au contraire à cause d'un certain nombre  de certitudes qui sont associées à ce personnage.



Pour ma part, je trouve que l'indépendance de Trump est un bon signe. Je pense même que l'élection de Trump est potentiellement davantage porteuse d'espoir que ne l'était l'élection de Barack Obama il y a 8 ans (pour info, voir les articles que j'avais écrit à l'époque, ici et ).
Peut être que Trump trahira la confiance que ses electeurs ont placé en lui, et qu'il mènera une politique tout aussi mafieuse que celle de ses prédécesseurs (ou que celle qu'aurait mené Hillary Clinton si elle avait été élue).
Ou alors, peut-être qu'il envisage sérieusement de faire de la lutte contre la corruption une priorité de son mandat. Si c'est le cas, il aura fort à faire, et j'espère qu'il aura le temps d'obtenir quelque succès dans ce domaine avant de se prendre une balle dans la tête.




Qui vivra verra.


mercredi 25 novembre 2015

Daesh : halte au double jeu sordide



Cela fait 2 ans que je répète à qui veut bien l'entendre : je souhaite que François Hollande et Laurent Fabius soient traduits devant la Cour Pénale Internationale (CPI) afin qu'ils y répondent des accusations de crime d'agression à l'encontre de la Syrie.
  - Les livraisons d'armes à "l'opposition syrienne" décidées par François Hollande (source) sont illégales au regard du droit international.
  - Le ministre des affaires étrangères en exercice, Laurent Fabius, déclarait en décembre 2012 en que l'organisation terroriste Al-Nosra "fait du boulot sur le terrain" en Syrie (source).

Par ailleurs, nos "alliés" américains ont envoyé un grand nombre d'instructeurs militaires afin de former "l'opposition syrienne" (source), ce qui constitue également un crime au regard du droit international. Le bilan de cette politique est tout à fait accablant : 500 millions de dollars pour former "4 ou 5 combatants anti-Isis" (source). La plupart des soldat entrainés ont soit-disant "trahi les Etats-Unis" en rejoignant des groupes terroristes (source).

Mais bon sang, qui peut encore être assez dupe pour ne pas voir le double jeu sordide mené par nos dirigeants ?

La guerre en Syrie n'a strictement rien à voir avec la volonté ou le sort du peuple syrien. Elle a tout à voir avec le contrôle des ressources de gaz naturel de la Syrie et avec la construction du pipeline Nabucco, soutenu en particulier par les Etats-Unis et la Turquie (voir ici et ici). Bashar El-Assad est hostile à la construction de ce pipeline, c'est la raison pour laquelle il doit être dégommé quels qu'en soient les moyens. Pour les hommes politiques qui prétendent nous représenter et qui prétendent agir dans notre intérêt, les groupes terroristes qui mettent la Syrie à feu et à sang (et qui commettent des attentats terroristes en France) sont un outil bien plus qu'un véritable ennemi. Cet outil est utilisé afin d'obtenir le renversement de Bashar El-Assad.
Il est à noter que contrairement aux Etats-Unis et à ses vassaux membres de l'OTAN (dont la France), la Russie agit à la demande des autorités syriennes légitimes reconnues à l'ONU. Contrairement aux notres, les actions que mène la Russie en Syrie sont donc conformes aux règles du droit international. Les actions que la France mène en Syrie sont illégales. La fuite en avant de François Hollande fait de la France un "état voyou".


Je suis effaré de voir tous les matins dans le métro mes concitoyens parisiens lire des monceaux de conneries comme "Daesh, un ennemi surpuissant".
Le groupe terroriste Daesh est enclavé. Si nos dirigeants souhaitaient réellement éliminer cette menace, ils chercheraient à couper ses lignes de ravitaillement. En particulier, ils se mettraient en conformité avec le droit international en cessant immédiatement tout soutient militaire et logistique à ces groupes terroristes, et ils adopteraient une résolution à l'ONU visant de déployer des casques bleus le long de la frontière sud de la Turquie. Au lieu de cela, la Turquie membre de l'OTAN et soutient actif de Daesh, vient d'abattre aujourd'hui un avion de chasse de l'armée russe avant de demander une réunion extraordinaire de l'OTAN. Le jeu des alliances automatiques pourrait nous conduire à la 3ème guerre mondiale.

Il est grand temps que davantage de voix se fassent entendre en France pour condamner sans ambiguité la politique menée par François Hollande, pour exiger la traduction en justice des responsables politiques qui ont soutenu ces groupes en rendant possible leur existence, et pour exiger que nos représentants adoptent désormais une politique conforme aux règles du droit international.

vendredi 6 février 2015

Dis Charlie, c'est quoi la différence entre un bon djihadiste et un mauvais djihadiste ?



Je voudrais revenir sur le coté ambigu de la formule "Je suis Charlie".

Je me suis amusé à poser la question autour de moi : "Qu'est ce que la formule << Je suis Charlie >> signifie pour toi ?"


A l'exception notable d'un ancien collègue, qui m'a fait cette réponse cinglante par email :
"Je suis Charlie", ça veut dire "je suis un con lobotomisé par le système jusqu'à la moëlle" (à mon humble avis).
(Je développe plus tard)


En général, les personnes à qui j'ai posé la question m'ont plutôt fait l'une ou l'autre (ou parfois les deux) réponse(s) suivante(s) :
1) "Je suis Charlie" pour défendre la liberté d'expression
2) "Je suis Charlie" parce que je ne suis pas d'accord pour qu'on tue des gens à cause de leurs idées

Je trouve que ces deux réponses ne sont pas plus convaincantes l'une que l'autre.


1) Même si c'est quelque chose qu'on a entendu en boucle sur les télés et les radios, il est faux de dire :
Je suis pour la liberté d'expression <=> "Je suis Charlie" et je fais de la pub pour Charlie Hebdo.

Cette équivalence est même doublement fausse (les deux implications sont fausses) :
  • Il existe des fans de Charlie Hebdo qui sont contre la liberté d'expression.
  • Il existe des gens qui sont pour la liberté d'expression et qui sont très critiques vis à vis de la ligne éditoriale de Charlie Hebdo (c'est mon cas, je l'ai clairement expliqué dans cet article).

2) Moi aussi je suis évidemment contre le fait qu'on assassine des gens. Mais ce n'est pas du tout ce que dit la formule ambigüe "Je suis Charlie".


J'insiste sur le coté ambigu de cette formule : chacun peut y plaquer la signification qu'il veut. Pour moi, "Je suis Charlie" signifie : "Je ne fais qu'un avec Charlie". En d'autres termes : "Je partage totalement et sans réserve la ligne éditoriale de Charlie Hebdo". J'essaie de me raisonner, en me disant que les millions de personnes qui ont repris ce slogan à leur compte ne l'entendent pas nécessairement comme ça, ou même parfois ignorent ce que cela pourrait signifier. Si tous ceux qui ont dit "Je suis Charlie" étaient réellement Charlie et pensaient réellement Charlie, je trouve que la situation serait terrifiante. A nouveau, pour ceux qui ne l'ont pas lu,  je vous renvoie vers mon article précédent.



Qu’est ce que la formule "Je suis Charlie" signifie comme position vis à vis d’une politique extraordinairement hypocrite qui consiste d’une part à décréter un deuil national lorsque des journalistes sont assassinés en France, tout en continuant par ailleurs à entrainer et à armer des groupes fondamentalistes religieux dans le but de renverser un régime qui refuse de traiter avec nos multinationales chéries (dont certaines d'entre-elles, comme par exemple Total, ne paient d'ailleurs aucun impôt sur les sociétés en France) ?
Pourquoi est ce que Charlie Hebdo (qui est un hebdomadaire qui a défendu toutes les guerres de l'OTAN depuis 20 ans : cf article), ou plein d’autres journaux (comme l’Express par exemple, qui a publié un dossier de 20 pages sur le "djihadisme international" dans son numéro du 21 janvier dernier), ne jugent pas utile de nous communiquer clairement ce genre d’informations : http://www.upr.fr/actualite/monde/terrorisme-labominable-double-jeu-des-etats-unis ?

A l'heure ou François Hollande fait un bond fulgurant de 21 points dans les sondages d'opinions favorables (article LeFigaro), il me parait intéressant de revenir un peu plus en détail sur ce fameux numéro spécial du journal l'Express du 21 janvier, titré "L'internationale DJIHADISTE". Sur la couverture on peut également lire : "Le double jeu des amis de l'Occident", "Les failles du renseignement", et "L'hypocrisie des politiques français". Avec une couverture pareille, ceux qui :
  • connaissent les propos de Laurent Fabius (Ministre des Affaires Etrangères en exercice) qui déclarait en décembre 2012 que l'organisation terroriste Al-Nosra "fait du bon boulot sur le terrain" en Syrie
  • savent que François Hollande a reconnu que la France a livré illégalement des armes à la très floue "opposition Syrienne", en violation des règles du droit international
  • sont au courant que le 15 janvier dernier (donc 8 jours APRES l'attentat contre Charlie Hebdo, 4 jours APRES la grande marche du 11 janvier, et 6 jours AVANT la publication de ce numéro de l'Express), le Pentagone a annoncé l'envoi de 400 nouveaux militaires pour "former les rebelles syriens", en partenariat avec nos grands potes de Turquie, du Qatar et d'Arabie Saoudite

... se disent : bah dis donc, il va être drôlement intéressant ce numéro de l'Express, ça va envoyer du bois !!!



Je vous laisse en juger par vous-même...



J'ai eu un premier haut-le-coeur lorsque j'ai constaté que le journal commence (après 7 pages de pub, quand même...) par un édito insipide et totalement dénué d'intérêt de Christophe Barbier, qui nous explique sans rire que "François Hollande a été élu président de la République le 11 janvier 2015 par 5 millions de piétons" (!!!)

Mais je me suis ressaisi, et j'ai lu assidûment le dossier sur le "Djihadisme international", qui court sur 24 pages (dont 4 de pub).
On y apprend par exemple que "La Turquie, le Qatar ou l'Arabie Saoudite ont cultivé ou cultivent encore un rapport ambigu avec l'islam radical". On y apprend que "Depuis le début de la guerre civile en Syrie, Ankara, qui veut faire tomber Bachar el-Assad, est accusé de fermer les yeux face au passage sur son territoire, en sus des armes et de toutes sortes de contrebande, des centaines de jeunes djihadites européens". La Turquie, qui veut faire tomber Bachar el-Assad (n'est-ce pas également le cas de la France ?), est soupçonnée "d'avoir livré des armes à certains groupes rebelles islamistes syriens - ce que le gouvernement nie". 
Donc si je comprends bien le point de vue développé dans l'Express : la Turquie est soupçonnée d'avoir livré des armes à des groupes rebelles islamistes syriens, mais pas la France. Les lecteurs de l'Express qui ignoraient les déclarations de Laurent Fabius (chantant les louanges du Front Al-Nosra) et de François Hollande (reconnaissant avoir fait livrer des armes à "l'opposition syrienne") resteront ignorants.
En lisant ce dossier de l'Express, on apprend que nos alliés du Moyen-Orient ont certes un peu joué au con en étant très tolérants vis à vis du financement de groupes fondamentalistes en Syrie, mais que ça c'était avant. Maintenant ils ont compris que c'était mal. C'est du moins ce que je comprends par : "Avec retard, la monarchie semble avoir compris qu'elle nourrissait de futurs ennemis, qui accusent la famille Al-Saoud vieillissante d'être vendue aux Etats-Unis : inquiète du départ de ses jeunes, elle a ainsi criminalisé ses organisations djihadistes, comme Daech ou le Front Al-Nosra, le bras armé d'Al-Qaeda en Syrie, au printemps dernier (les Emirats arabes unis ont fait de même)".

La mise en page, qui met bien en évidence de la citation de Maurice Leroy (président du groupe d'amitié France-Qatar, disant : "La CIA et nos services secrets auraient déjà sorti des choses, s'il y en avait"), en grosses lettres rouges, nous signale que la messe est dite : circulez, il n'y a rien à voir. Il ne sera fait aucune réelle analyse de la politique Française dans ce dossier de l'Express. La question centrale de la participation (illégale au regard du droit international) des Etats-Unis ou de la France dans l'armement et l'entrainement de milices armées qui mettent la Syrie à feu et à sang depuis plus de 2 ans ne sera pas abordée. Exit toute réflexion au sujet de cette politique illégale et criminelle, et de ses conséquences désastreuses à la fois sur le plan national et sur le plan international.
On aurait raisonnablement pu attendre, de la part d'un journal sérieux qui réaliserait un dossier de 20 pages traitant de la question du "Djihadisme international" (en particulier lorsqu'il prétend dénoncer "l'hypocrisie des politiques français" sur sa couverture), qu'il abordre sérieusement la question de la possible future traduction en justice devant la Cour Pénale Internationale (CPI) de messieurs Laurent Fabius et François Hollande (entre autres), afin qu'ils y répondent des accusations de crime d'agression à l'égard de la Syrie. Mais on est à des années lumières de ça avec l'Express.

Le dernier article du dossier de l'Express met en valeur le "Philosophe" Abdennour Bidar, qui "refuse tous les amalgames". Mais qui pourtant nous dit (et là encore c'est bien mis en évidence en grosses lettres rouges) : "Nos concitoyens musulmans doivent passer du réflexe de l'autodéfense à la responsabilité de l'autocritique". Ah bon, seulement nos concitoyens musulmans ?


Vous pouvez trouver l'intégralité du dossier de l'Express ici.
A comparer avec l'article de l'UPR.


Comment peut-on ne pas voir, avec cette histoire de Charlie / djihadisme international, une illustration flagrante du phénomène qu'analysait Noam Chomsky dans le documentaire Manufacturing Consent, et que je mettais en évidence dans ce billet ?
C'est frappant de constater à quel point les analyses et les conclusions de ces travaux, anciens de 25 à 30 ans, semblent s'appliquer tout à fait à la situation qui est la notre aujourd'hui :

La raison pour laquelle ces atrocités continuent, c'est parce que personne n'est au courant. Si les gens étaient au courant, il y aurait des manifestations et des pressions pour y mettre un terme. Par conséquent, en supprimant les faits, les médias jouent un rôle majeur.
[...]
Ce sont des choses à garder en tête. Ce ne sont pas des jeux d'esprit : on n'est pas entrain d'analyser les médias sur la planète Mars, ou au XVIIIème siècle, ou un truc dans le genre. On est entrain de parler de vrais être humains qui souffrent, meurent, sont torturés et crèvent de faim à cause de politiques auxquelles nous sommes mêlés. Nous, en tant que citoyens de sociétés démocratiques, sommes directement responsables des politiques qui sont menées en notre nom. Les médias quant à eux s'assurent que nous n'assumions pas ces responsabilités. Ils font en sorte de servir les intérêts du pouvoir. Pas les intérêts des gens qui souffrent, et même pas non plus les intérêts des citoyens américains (ndlr ou français), qui seraient horrifiés d'apprendre qu'ils ont du sang sur les mains à cause de la manière dont ils se laissent duper et manipuler par ce système.



"Je suis Charlie" ?   Sérieusement ?

Si demain, Jean-Marie et/ou Marine Lepen, Laurent Fabius, Nicolas Sarkozy, François Hollande, Dieudonné M’bala, ou des journalistes de l’Express étaient assassinés par des meurtriers, diriez-vous tour à tour : "Je suis Lepen", "Je suis Fabius", "Je suis Sarkozy", "Je suis Hollande", "Je suis Dieudonné" ou "Je suis l’Express" ?
Moi non. Je ne suis aucun de ceux là. Je suis Français, et j’en ai assez que les élus qui prétendent me représenter et que les médias qui prétendent m’informer me prennent pour un con, en essayant de faire de moi un complice de cette politique.

Je suis sûr que nous sommes potentiellement des millions dans ce cas.

lundi 12 janvier 2015

Ni Charlie, ni terroriste : contre l'idéologie du "choc des civilisations"

L'assassinat des journalistes de Charlie Hebdo est un acte odieux. J'espérais que les criminels qui ont commis ces actes seraient capturés vivants afin qu'ils puissent être jugés et condamnés. Cela n'a malheureusement pas été le cas, mais je salue l'efficacité des forces de l'ordre qui ont été contraintes de les abattre étant donné les circonstances.

Comme tout le monde, j'ai été choqué et révolté par le meurtre des journalistes de Charlie Hebdo. Néanmoins, je ne suis pas d'accord pour faire de ce journal le porte-drapeau de l'unité nationale, ou le soit-disant "grand défenseur de la liberté d'expression".


J'ai toujours défendu la liberté d'expression de Charlie Hebdo. En témoigne l'article que j'ai écrit en 2007 sur Agoravox, et que j'ai repris sur ce blog : "Caricatures de Mahomet" et liberté d'expression : quand l'esprit critique met les voiles. J'y exprimais mon opinion selon laquelle des associations musulmanes avaient eu tort de faire un procès à Charlie Hebdo en invoquant le prétexte d'"incitation à la haine raciale". Mais dans ce même article, j'y contestais également à Charlie Hebdo le statut de "défenseur de la liberté d'expression" qu'il n'a jamais été.
J'y rappelais certaines évidences, comme par exemple le fait que si vous êtes favorables à la liberté d'expression, c'est précisément parce que vous êtes favorables à la liberté d'expression des idées avec lesquelles vous êtes en désaccord, sinon vous n'êtes pas réellement favorables à la liberté d'expression. J'y rappelais également la différence fondamentale entre le fait de défendre une idée, et le fait de défendre la liberté d'expression de cette même idée.
Si ces notions ne sont pas parfaitement claires et évidentes pour vous (elles ne l'étaient pas pour moi avant que je me décide à y réflechir sérieusement), je vous invite à relire l'article que j'avais écrit en 2007, et en particulier à visionner la vidéo de Noam Chomsky (extraite du documentaire "Manufacturing Consent" de 1992) qui lui est associée. La compréhension de ces notions me parait être indispensable pour quiconque veut avoir un avis sur ce qu'est et sur ce qu'implique la défense de la liberté d'expression.


J'ai toujours été pour la liberté d'expression de Charlie Hebdo, même si je trouve que certaines de leurs idées sont profondément dangereuses et néfastes. Je considère comme très important le fait qu'ils puissent continuer à les exprimer (je suis favorable à la liberté d'expression), mais je considère également qu'il est très important qu'une majorité de mes concitoyens réalisent en quoi certaines de ces idées sont dangereuses et néfastes.

Depuis une douzaine d'années, Charlie Hebdo (et bien d'autres journaux) sont sur une ligne éditoriale qui tente plus ou moins subtilement de promouvoir l'idée de "l'inévitable choc des civilisations". Une idéologie qui permet de donner un semblant de légitimité à la politique intérieure et internationale criminelle menée par les escrocs qui nous gouvernent. Ce qui est navrant, c'est que les meurtres de la semaine dernière vont probablement contribuer à renforcer cette idéologie du "choc des civilisations", une idéologie que la ligne éditoriale de Charlie Hebdo (et de bien d'autres journaux) a elle-même contribué à importer et à imposer en France au fil des dernières années.

Olivier Cyran est un ancien journaliste de Charlie Hebdo. Il y a travaillé pendant près de 10 ans avant de quitter le journal en 2001. Il a écrit un article en décembre 2013 dans lequel il analyse la dérive éditoriale de son ancien journal au cours des 10-12 dernières années. C'est l'article le plus intéressant que j'ai lu au sujet de Charlie Hebdo, tous supports confondus. C'est un article qu'il aurait été bon que chacun lise avant de déclarer "je suis Charlie". Mais il n'est jamais trop tard :
http://www.article11.info/?Charlie-Hebdo-pas-raciste-Si-vous


Je comprends très bien que des gens aient eu besoin de se retrouver pour partager leur peine, partager leurs craintes, et partager leur refus de l'intimidation face à la menace terroriste.
Mais personnellement, j'ai refusé d'aller à la manifestation d'hier sous le mot d'ordre "je suis Charlie". Non, je ne suis ni Charlie, ni terroriste. J'y serais volontiers allé si le mot d'ordre avait été quelque chose comme : "pour le refus de l'idéologie du choc des civilisations".


Si demain des meurtriers débarquaient à un repas de famille chez les LePen et assassinaient le père, la fille et la petite fille, quelle serait votre réaction ?  La mienne serait certainement exactement la même que celle que j'ai eue lorsque j'ai appris le meurtre des journalistes de Charlie Hebdo : je condamnerais cet acte horrible, et j'espèrerais que les criminels soient arrêtés et jugés. Mais je refuserais de participer à un défilé sous la bannière "Je suis LePen". Et je m'opposerais à l'idée de faire des LePen l'icone de la démocratie et de l'intégrité en politique.


Aujourd'hui, la machine à broyer les esprits se met en route pour culpabiliser et réduire au silence ceux qui ont osé critiquer la ligne éditoriale nauséabonde de Charlie Hebdo, en les présentant comme les complices des assassins (cf articles : LeMonde, Marianne, ...).
Regardez attentivement cette conversation entre les journalistes Elise Lucet et Nathalie Saint-Cricq (responsable du service politique de France2), qui semble tout droit issue de ce que serait un JT dans une société totalitaire à la Orwell. Admirez leur piètre jeu d'actrices qui font comme si leur dialogue était spontané, alors que chacune récite son texte et sait exactement ce que l'autre va lui répondre :

Elise Lucet : On parle beaucoup depuis quelques jours, Nathalie, d'unité nationale. Mais attention, toute la France n'était pas dans la rue hier.

Nathalie St Cricq : Non Elise, il ne faut pas faire preuve d'angélisme. C'est justement ceux qui ne sont pas Charlie qu'il faut repérer. Ceux qui, dans certains établissement scolaires, ont refusé la minute de silence. Ceux qui balancent sur les réseaux sociaux. Et ceux qui ne voient pas en quoi ce combat est le leur. Ce sont eux que nous devons repérer, traiter, intégrer ou réintégrer dans la communauté nationale. Et là, l'école et les politiques ont une lourde responsabilité.

Dois-je leur faire une réponse à la Charlie Hebdo ?  Une jolie caricature de moi leur enfonçant la charte de Munich dans le fion à grands coups de pelle, avec une bulle qui dirait : "Allez ça va rentrer, tu vas bien finir par l'intégrer cette charte de déontologie du journalisme".  Du bon gros humour de bon goût à la Charlie ça ma p'tite dame !  Ca devrait leur plaire, non ?  J'ai mal compris la leçon ?

Tout ce cirque médiatique est confondant de médiocrité. L'attentat tragique de la semaine dernière aurait pu nous faire réfléchir et avancer ensemble. Malheureusement il semblerait que ce soit l'inverse qui soit entrain de se produire : des raisonnements simplistes, binaires, à la Georges W Bush ("soit vous êtes avec nous, soit vous êtes avec les terroristes").
Aujourd'hui, c'est : soit "vous êtes Charlie" (inconditionnellement), soit vous êtes des "islamo-gauchistes" complices des terroristes et vous devrez donc être "repérés" et "traités".


Ce matin j'ai discuté avec Jamila, la femme de ménage que j'emploie à domicile quelques heures par semaine. Jamila est algérienne. Elle est honnête, elle travaille et cotise en France depuis 20 ans. Ses enfants sont français. Je n'ai aucun doute sur le fait que l'éducation et les valeurs qu'elle leur enseigne sont parfaitement compatibles avec celles de la République. Elle ne fait pas de vagues, elle veut juste vivre en paix.
Pourtant, elle m'a confié s'être faite agresser verbalement et menacer physiquement dans le métro parisien vendredi soir à cause du foulard qu'elle porte sur la tête. Des crétins ont vu en elle "la pauvre conne de musulmane voilée", la "menace contre la République", telle qu'elle est systématiquement et invariablement dépeinte dans Charlie Hebdo à longueur d'années. Ils lui ont reproché (à elle !) d'être responsable de l'assassinat des journalistes de Charlie Hebdo, d'être une terroriste qui met en danger la France, et ils ont également menacé de lui casser la gueule. Quelle folie !


Je concluerai avec un petit mot pour mes amis, qui sont nombreux à être allés manifester dimanche en déclarant "je suis Charlie". Vous êtes pour l'instant à l'abri des foudres de Nathalie Saint Cricq et du "traitement" qu'elle réserve aux déviants qui "ne sont pas Charlie". Si vous n'avez pas encore lu l'article d'Olivier Cyran de 2013, je vous en prie faites-le, j'insiste !
Certains d'entre vous, peut-être, pensent qu'il était important d'aller à la manif de dimanche pour dire "non" à la barbarie. A ceux là et aux autres, je vous donne rendez-vous : la prochaine fois que notre gouvernement décidera, en notre nom, de déclencher ou de participer à une guerre illégale au regard du droit international, usant des faux prétextes de promotion de la "démocratie" et "d'inévitable choc des civilisations", irons-nous manifester ensemble pour tenter d'empêcher celle nouvelle folie ?
Irons-nous manifester ensemble, lorsque ceux qui prétendent agir en notre nom et dans notre intérêt, installeront des fondamentalistes religieux au pouvoir en Libye (ou ailleurs), soutiendront des fondamentalistes religieux en Syrie (ou ailleurs), et des néo-nazis en Ukraine (ou ailleurs) ?
François Hollande et toute la smala qui l'entourait dimanche en tête du cortège n'y seront probablement pas. Mais nous, y serons-nous ?

mercredi 10 septembre 2008

Mais au fait, qu'est ce qu'on fout en Afghanistan ?



Au printemps 2007, pendant la campagne électorale qui a précédé l'élection présidentielle, le candidat Nicolas Sarkozy promettait retrait des troupes françaises d'Afghanistan (voir la vidéo). Sans surprise, il s'agissait d'un mensonge, un de plus.

Des renforts de troupes ont été envoyés depuis, et d'autres les rejoindront bientôt. La France est en guerre. Oui, la France est en guerre contre "le monde musulman". C'est ce qu'a affirmé le Premier Ministre François Fillon lundi 03 septembre au micro d'Europe1 (voir la vidéo, info reprise sur mondialisation.ca ) :


Intervenant sur Europe 1, Fillon a déclaré : « le conflit va durer, parce que les causes de ce conflit sont très profondes (…) C’est l’opposition entre le monde musulman et une grande partie du reste de la planète, c’est le conflit israélo-palestinien, c’est les déséquilibres économiques et sociaux qui règnent dans le monde ».

De l’aveu même du chef du gouvernement, l’armée française est donc en croisade contre le monde musulman auxquels appartiennent aussi, faut-il le rappeler, plusieurs millions de citoyens français. Et pour que cette provocation soit complète, Fillon a choisi le premier jour du mois de ramadan pour se lâcher.






C'est dans ce contexte que, samedi 06 septembre, a eu lieu la première manifestation anti-guerre à Paris pour réclamer le retrait des troupes françaises d'Afghanistan. Une manifestation à l'initiative des organisations : CAPJPO-EuroPalestine, Americains Contre la Guerre, Droits Devant !, Réseau Solidaire Citoyens, GUPS, Théâtre du Tiroir, Association Solidarité Mayenne Algérie, Enfants de Palestine, Comité Poitevin France Palestine, "5 minutes pour rêver", ASTR (Association de Solidarité Tourcoing Rafah), Niort pour la Palestine, Odile Tobner (auteur du livre « Le racisme français »), Jean Baumgarten (auteur de « Pâle Palestine »), CANT (Comité Anthony pour une Paix Juste et Durable au Proche-Orient), SOS Sexisme, ISM (International Solidarity Movement), MIR (Mouvement des Indigènes de la République), Collectif Bellaciao (lire le texte de l'appel).


Certaines pancartes posaient la question : "Que vont faire les troupes françaises en Afghanistan ?" (voir photo). Voilà une bonne question, qui mérite qu'on essaie d'y répondre.


La réponse qu'on entend le plus souvent de la part des hommes politiques est la suivante : "il faut envoyer nos militaires là-bas pour éviter qu'on ait des attentats ici".
Cette explication est tellement débile que je doute que quiconque puisse y croire sincèrement. Il semble au contraire évident que les militaires de l'OTAN sont considérés comme une armée d'occupation, et que par conséquent leur présence là-bas accroît considérablement le risque de représailles. D'ailleurs, si la notion de "démocratie" avait un sens pour ceux qui prétendent l'inculquer à coups de bombes dans la gueule, ils proposeraient un référendum aux Afghans afin que ces derniers puissent décider si oui ou non ils souhaitent une présence militaire étrangère sur leur sol.


Par ailleurs, pour couper court aux contre-vérités qu'on entend habituellement lorsqu'on aborde la question de l'Afghanistan, j'insiste sur le fait qu'il n'y a pas plus de preuves de l'implication des Talibans Afghans dans les attentats du 11 septembre qu'il n'y a de preuves de la présence d'armes de destructions massives en Irak (voir billet précédent). Je rappelle également que le 11 janvier dernier, Mr Yukihisa Fujita, député du Parti Démocrate du Japon, a remis en question la version officielle de l'administration Bush au sujet des attentats du 11 septembre lors d'une séance de questions d'une demi-heure au gouvernement Japonais (voir le billet précédent), pointant du doigt de nombreuses lacunes de la théorie officielle du complot islamiste. Il a ainsi demandé que toute participation militaire japonaise aux cotés des États-Unis en Afghanistan soit subordonnée à l'ouverture d'une enquête internationale. Cette prise de position semble tellement évidente, que dans tout pays démocratique digne de ce nom, n'importe quel député ayant un tout petit peu d'honneur devrait en faire autant.
Et enfin, rappelons également que même les membres de la Commission d'enquête mandatée par la Maison Blanche ne tentent même plus de défendre leur propre rapport d'enquête, tant les incohérences et les lacunes sont nombreuses (voir billet précédent) : 2 ans après avoir rendu leur rapport, les membres de la Commission d'enquête estiment qu'ils ont été trompés (article CBS). Le vice-président de la Commission d'enquête affirme même que l'enquête a été mise en place pour échouer ("set up to fail") (voir article CBC).
Pour plus d'informations au sujet des attentats du 11 septembre, on pourra consulter les quelques billets publiés sur ce blog, et le beaucoup plus complet Reopen911.info.



Si l'argument de la "guerre contre le terrorisme" n'est qu'un prétexte, un leurre, quelles sont donc les vraies raisons qui motivent l'envoi de troupes françaises en Afghanistan ? Je n'ai pas de réponse définitive à cette question. Mais en y réfléchissant un peu, j'entrevois quatre raisons. Deux sont à caractère général, et les deux autres sont plus spécifiques à l'Afghanistan.


1) Une opportunité de détourner de l'argent public

Je suis attendri par l'apparente naïveté de ceux qui, aux États-Unis ou ailleurs, parlent des budgets militaires alloués à la guerre en Irak en termes de "gaspillage".

Voici un graphique des 10 plus gros budgets militaires du monde en 2007 (cliquez sur l'image pour l'agrandir) :



C'est intéressant de mettre ce graphique en parallèle avec le discours d'adieu du Président Eiseihower en 1961, comme l'a fait l'auteur de ce billet de blog Le lobby militaire US a pris le pouvoir !.


Des budgets militaires colossaux, auxquels il faut rajouter des enveloppes conséquentes pour financer les opérations militaires en Irak et en Afghanistan, comme l'indique cet article Reuters :


War funding, which averaged about $93 billion a year from 2003 through 2005, rose to $120 billion in 2006 and $171 billion in 2007 and President George W. Bush has asked for $193 billion in 2008, the nonpartisan office wrote.

[...]

Since the September 11, 2001, attacks on the United States, Congress has written checks for $691 billion to pay for wars in Iraq and Afghanistan and such related activities as Iraq reconstruction, the CBO said.



Aux États-Unis, les guerres en Irak et en Afghanistan ont "coûté" 691 milliards de $ jusqu'à présent. Coûté à qui ? Au bénéfice de qui ?

L'une des fonctions de l'Etat est de collecter de l'argent public, et de le redistribuer. L'Etat, quel que soit sa couleur politique, effectue des transferts de richesse au sein de la société. Faire la guerre est l'un des moyens de transférer de l'argent public d'une catégorie de population vers une autre. A ce titre, aux États-Unis la situation est tout à fait caricaturale : un budget militaire équivalent à celui de l'ensemble des autres pays du monde réunis, et pourtant plus de 42 millions d’Américains ne disposent pas d’assurance maladie, soit 15 % de la population (cf document de la Direction de la recherche des études de l'évaluation et des statistiques).



Il ne s'agit donc pas du tout de "gaspillage" : cet argent n'est pas perdu pour tout le monde. Il s'agit simplement d'un choix politique. Un choix qui consiste à détourner l'argent public qui pourrait être affecté à l'amélioration des conditions de vies, au profit de l'industrie de l'armement. Le choix de la stratégie de la guerre permanente, "une guerre qui pourrait durer plusieurs décennies" selon Dick Cheney (article BBC).



2) Une vitrine pour faire la promotion des technologies des marchands d'armes


Lorsqu'un marchand d'armes comme Serge Dassault exprime ses voeux à l'occasion de la nouvelle année, il déclare sans rire : "Quand les hommes arrêteront-ils de s’entre-tuer au lieu de vivre ensemble dans un monde de tolérance, de considération, de paix, alors que d’autres menaces bien plus graves nous guettent tous ?".
L'hypocrisie de ce bonhomme n'a décidément pas de limite.

Un conflit militaire, c'est une formidable vitrine offerte aux marchands d'armes. C'est le point de vue développé dans ce très bon article publié sur Agoravox. Au passage, l'auteur y relate un fait divers presque banal, une "bavure" tristement classique ayant entraîné la mort de 7 gamins qui se sont pris un missile à plusieurs millions de dollars sur la figure, alors qu'ils étaient à l'école. Comme le dit l'auteur de l'article : "Viser une école, en sachant que c’en est une, est un acte hautement militaire. Répercussions, dans le monde, du scandale et du massacre : rien."


Participer à une guerre donc, c'est offrir une opportunité marketing formidable pour les vendeurs d'armes, ces derniers bénéficiant ainsi d'un théâtre d'opérations grandeur nature qui leur permet de faire la promotion de l'extraordinaire efficacité de leurs engins de mort, ces petites merveilles technologiques vendues à prix d'or.




Voilà pour les généralités. Mais l'afghanistan, c'est aussi le pipeline et la drogue.



3) Diminuer l'influence de la Russie, et contrôler l'approvisionnement de la Chine en hydrocarbures

L'Afghanistan, c'est évidemment le Pipeline Trans-Afghan, qui relie les gisements de gaz naturel du Turkmenistan (en mer Caspienne) à l'océan Indien, en passant à travers l'Afghanistan et le Pakistan.

Le billet précédent publié sur ce blog qui montre une présentation de Michael Ruppert (citant le livre de Zbigniew Brzezinski), apporte un complément d'informations intéressant sur ce point.




4) Assurer la pérennité de l'approvisionnement du trafic mondial en opiacés (morphine et héroïne)

Peut-être est-ce là le point le plus scandaleux des quatre. Le plus méconnu aussi. Lorsqu'on parle d'Afghanistan, en général on ne parle pas de drogue. C'est une erreur. S'il est à peu près clair que parler d'Irak ou d'Iran sans parler d'hydrocarbures est une stupidité, il devrait être tout aussi clair que parler d'Afghanistan sans parler de drogue est un non-sens.

Le régime des Talibans Afghans a été critiqué à juste titre pour de multiples raisons. L'une d'entre elles, et non des moindres, est que ce régime a longtemps été un régime de narco-trafiquants (cf article de juin 2000). Pendant de nombreuses années, l'Afghanistan et la Birmanie ont ainsi été les principaux producteurs d'opium, dont sont dérivées la morphine et l'héroïne.


L'organisme international qui fait référence en terme de chiffres sur les questions de drogue est l'UNODC (United Nations Office on Drugs and Crime), rattaché à l'ONU.
Leur rapport de 2007 (qui inclut de nombreuses données sur la culture de l'opium en Afghanistan) est disponible en ligne.


Les trois graphiques suivants sont issus de ce document (cliquez sur les images pour les agrandir) :








Lors de leur dernière année au pouvoir, les Talibans Afghans ont décidé d'enrayer le trafic de drogue. Cette opération a été un succès considérable, salué par l'ONU (article NY Times).
On passe ainsi de 82'000 hectares et 3'276 tonnes d'opium en l'an 2000, à 8'000 hectares et 185 tonnes l'année suivante. Soit une diminution de 90% de la superficie, et 94% de la production d'une année sur l'autre.
Ce succès montre qu'une réelle volonté politique de s'attaquer au problème permet d'obtenir des résultats très significatifs dans ce domaine.

Quelques mois plus tard, les Etats-Unis renversent le régime des Talibans Afghans et placent leur homme de main, Hamid Karzai, un consultant du groupe pétrolier Unocal (cf article CNN : "Karzai, a former lobbyist for the U.S. oil and gas company Unocal"), qui facilitera la construction du pipeline.
Et immédiatement, la production d'opium reprend son niveau historique. Dès 2002, la production reprend sur les mêmes bases qu'en 2000 (74'000 hectares et 3400 tonnes en 2002). Et la tendance est à l'emballement : la production, qui avait déjà battu les records en 2006, a fait un bond de +34% entre 2006 et 2007 (voir tableau page 9 du rapport de l'UNODC). Aujourd'hui, la superficie (193'000 ha) et la production (8'200 tonnes) sont plus de deux fois plus importantes que ce qu'elles étaient en l'an 2000.


Michel Chossudovsky est Professeur d'économie à l'Université d'Ottawa. En mai 2007, il a publié un article extrêmement intéressant dans lequel il accuse les forces de l'OTAN d'appuyer le trafic de drogue :


Les forces d’occupation en Afghanistan appuient le trafic de drogue, qui rapporte entre 120 et 194 milliards de dollars de revenus au crime organisé, aux agences de renseignement et aux institutions financières occidentales.

Les recettes de cette contrebande lucrative qui se montent à des milliards de dollars sont déposés dans des banques occidentales. La quasi-totalité de revenus reviennent aux grandes entreprises et aux syndicats criminels hors d’Afghanistan.

Lire l'article complet.



Aujourd'hui, l'Afghanistan représente à lui seul 92% de la production mondiale d'opium. La quasi-totalité de l'héroïne qui circule dans le monde provient donc des champs d'opium afghans. Les sommes en jeu sont considérables (en s'appuyant sur les chiffres de l'UNODC, Chossudovsky estime le montant global du trafic d'héroïne entre 120 et 194 milliards de dollars par an, dont 2.7 milliards vont aux producteurs locaux).
Ces sommes colossales sont blanchies, et d'une manière ou d'une autre sont réinjectées dans l'économie. Et c'est bien là le problème. Voilà qui soulève pas mal de questions.

Dans quelle mesure notre système économique précaire est-il dépendant de l'argent de la drogue ?

Dans quelle mesure les soldats français qui sont envoyés en Afghanistan (dont je ne doute pas que bon nombre d'entre eux sont convaincus d'agir pour la bonne cause) ont-ils in fine (et à leur insu) pour mission d'assurer la pérennité de l'approvisionnement mondial en héroïne ?

Le degré de cynisme et d'hypocrisie de ceux qui décident de les envoyer là-bas va-t-il jusque là ?


mardi 27 mai 2008

The Grand Chessboard : La Géopolitique pour les Nuls



Dans un billet précédent, je mentionnais le livre The Grand Chessboard: American Primacy and Its Geostrategic Imperatives (1997) de Zbigniew Brzezinski. Je disais :


[...] un livre très instructif, qui mériterait de s'appeler La Géopolitique pour les Nuls (voir la collection "pour les Nuls"). Brzezinski y dévoile sa vision impérialiste clairement assumée.




J'insiste sur le mot "impérialisme". Ce n'est pas une notion abstraite, une sorte d'accusation un peu floue dont on ne sait pas trop ce qu'elle signifie. L'impérialisme, c'est du concret. C'est une logique, une idéologie, avec ses penseurs et ses théoriciens. C'est également une politique, avec des moyens et des objectifs précis.

Le bouquin de Brzezinski, écrit en 1997, nous aide à y voir un peu plus clair. Michael Ruppert nous fait la lecture (cette présentation date de novembre 2001) :






vendredi 1 février 2008

11 septembre : le premier parti d'opposition japonais conteste la version officielle



Question :
Que se passe-t-il dans nos grands médias (télés, radios, journaux) lorsqu'un député du Parti Démocrate du Japon (principal parti d'opposition de la deuxième puissance économique du monde) conteste la version officielle du 11 septembre (photos à l'appui) lors d'une séance parlementaire d'une demi-heure de questions au gouvernement, retransmise en direct à la télé japonaise ?

Réponse :
RIEN. Il ne se passe strictement rien. Trois semaines plus tard, c'est toujours le BLACK-OUT total !! Vous entendez ce silence ?


Hé ohhh ?? Ami journaliste ??? Allo cerveau, y'a quelqu'un ?? AlloOoooO ??? Ca y'en a "tsunami politique", il faut réagir !! AllooOoOooo ???

Non. Décidément, non. Électroencéphalogramme plat : nos médias sont en état de mort cérébrale. Il semble qu'il n'y ait décidément rien à en tirer tant qu'on n'aura pas obtenu une réforme qui garantisse l'indépendance des rédactions.



Vous pouvez visionner cette séance de questions d'une demi-heure (sous-titrée en français) du 11 janvier dernier, au cours de laquelle le député Yukihisa Fujita attaque de front la version avancée par l'administration Bush, en rappelant un certain nombre d'informations occultées par les médias.

Il le fait de manière implacable avec calme et détermination, et surtout avec un sens de l'honneur tout à fait remarquable. La classe ce Monsieur Fujita, la grande grande classe !








C'est un débat qui devrait être lancé dans toutes les démocraties. Un débat qui aurait du être lancé il y a belle lurette. Il pourrait déboucher sur l'ouverture d'une vraie enquête internationale qui aurait la charge de faire toute la lumière sur cette affaire, afin d'identifier les commanditaires et les complices, quels qu'ils soient et à tous les niveaux.

Doit-on conclure qu'en France nous n'avons aucun député de la trempe d'un Yukihisa Fujita ?



A lire également : l'article d'onegus sur Agoravox :

Malgré le mutisme obstiné et criminel de l'ensemble des organes de presse et de la quasi-totalité de la communauté journalistique, la remise en question de la version "officielle" des attaques du 11-Septembre 2001 continue de progresser inéluctablement dans les populations occidentales.

La quantité astronomique d'incohérences factuelles et d'impossibilités scientifiques entourant le mythe du complot islamiste entretenu par les autorités américaines apparaît d'emblée à toute personne qui se repenche sur le détail de cet événement historique et hors du commun.


[...]

Lire l'article complet




Pour aller plus loin : lire les précédents billets publiés sur ce blog, et bien sûr http://www.reopen911.info

mercredi 30 janvier 2008

Jerome Kerviel bientôt membre d'Al-Quaïda ?



Allez, chargez la barque on vous dit !!!!!


Jerome Kerviel... Et vous croyiez qu'avec un nom pareil, ce type était juste un breton sympa ? Misérables naïfs que vous êtes !!!

Qui vous dit qu'il n'est pas membre de la branche spéculative d'Al-Quaida ??


Elle est bonne non ? Mais à tout seigneur tout honneur : elle n'est pas de moi, elle est l'oeuvre d' Info-Dassault (le Figaro) : voir l'article.

Sur une table placée aux abords de l'impressionnant écran plat qui trône dans la pièce principale, ils ont notamment trouvé deux téléphones portables, un livre de réglementation bancaire, un numéro de la revue Investir intitulé « Comment s'enrichir en 2008 », une canette entamée, une boîte de cigares Monte-Cristo et un exemplaire du Coran comprenant une version arabe et sa traduction en français.


Tremblez braves gens, tremblez !!!!!!


PS : Aux dernières nouvelles, on me confirme que certaines personnes persistent à appeler ça un "journal". Et selon certaines rumeurs, il semblerait même qu'il y ait encore des gens qui continuent à l'acheter. C'est tout bonnement incroyable !!


mardi 22 janvier 2008

Pour une poignée de milliers-de-milliards de dollars


Parlons d'argent. Parlons du plus gros scandale financier de tous les temps.

Mais d'abord, un petit rappel pour lever toute ambiguïté : les termes "billion" et "trillion" n'ont pas le même sens en français et en anglais :

Trillion : http://fr.wikipedia.org/wiki/Trillion
Trillion en anglais : 10^12 (1 avec 12 zéros derrière), donc 1000 milliards
Trillion en français : 10^18 (1 avec 18 zéros derrière)

Billion : http://fr.wikipedia.org/wiki/Billion
Billion en anglais : 1 milliard
Billion en français : 1000 milliards


Donc un "trillion" (en anglais) est égal à un "billion" (en français) : soit 1000 milliards.


Si vous n'avez rien compris, relisez depuis le début. Reprenez calmement.
Mais si au bout de 3 fois vous n'avez toujours rien compris, cassez-vous et ne revenez pas sur ce blog.





Le 10 septembre 2001 (la veille des attentats donc), le Ministre de la Défense des Etats-Unis, Donald Rumsfeld, annonce la "disparition" de "2.3 trillion $" (en anglais) : soit 2300 milliards de $.

Lire l'article CBS et voir la vidéo.


Le Pentagone a "perdu la trace" de 2300 milliards de dollars (deux mille trois cent milliards de dollars) sur l'année fiscale 1999. Et également 1100 milliards de dollars sur l'année fiscale 2000.

Ce sont des sommes astronomiques : on est entrain de parler de l'évaporation de sommes qui sont supérieures au PIB de la France de l'époque.



A titre de comparaison, le scandale Enron en quelques chiffres :
  • Une société qui avait un chiffre d'affaire de 100 milliards de $.
  • 1 milliard de $ de délits d'initiés que se sont partagés 29 cadres dirigeants qui ont retiré leurs billes juste avant que l'action ne plonge.
  • 67 milliards de $ de dettes.
  • 20000 salariés à la porte.
  • 2 milliards de $ de fonds de retraites évaporés.
Voir le documentaire "Enron : The smartest guys in the room", nominé aux Oscars 2005 du meilleur film documentaire (liens ici et ).

Allez, comme je suis sympa, je vous rajoute aussi la société Andersen, ses 9 milliards de dollars de chiffre d'affaire et ses 85000 salariés. C'est cadeau, tout doit disparaître.



On le voit en comparant les chiffres : le scandale Enron ne pèse pas lourd en comparaison des 2300 milliards de $ dont parle Donald Rumsfeld. Cet aveu aurait pu (et aurait du) provoquer un véritable cataclysme politique outre-atlantique. Mais voilà, cette info est passée totalement inaperçue : le lendemain c'est le 11 septembre 2001. Les attentats contre les tours jumelles (et le Pentagone) occupent tout l'espace médiatique. Le plus gros scandale financier de l'Histoire passe à la trappe. Quel coup de bol !

Mais un coup de bol n'arrive jamais seul. Le 11 septembre 2001, l'attentat contre le Pentagone a lieu pile à l'endroit où était situé le système d'information des analystes financiers chargés d'enquêter sur la disparition de ces sommes (voir le documentaire Pandora's Black Box entre 6min30 et 6min55). Voir également la liste des victimes au Pentagone et la proportion importante de "accountants", "bookkeepers" et de "budget analysts".

Voilà qui vient compléter mon billet précédent à propos du Pentagone.


Certains tentent de forcer de vraies enquêtes sur ces questions, mais jusque là sans succès.
Voir l'intervention de la député Cynthia McKinney, et la réaction de Donald Rumsfeld : voir la vidéo (question n°2).
Sa question n°3 porte sur les exercices qui ont paralysé l'aviation américaine le 11 septembre : voir le billet précédent à ce sujet.


Si vous vous demandez où a bien pu passer tout ce pognon, sachez que vous n'êtes pas le seul. Posez donc la question à votre moteur de recherche favori : "where is the money ?" (où est l'argent ?), il vous répondra : http://www.whereisthemoney.org   :)




Alors gringo, toi aussi tu veux ta part du magot ?



Ce que je trouve hilarant dans l'article de CBS mentionné plus haut, c'est l'utilisation du terme "waste" ("war on waste") : "gaspillage". Car évidemment, le fait que plusieurs milliers-de-milliards de dollars s'évanouissent dans la nature ne saurait être le fruit de détournement de fonds et de corruption. C'est totalement impensable !! Au pays des bisounours, lorsqu'une montagne de fric disparaît, on appelle ça "du gaspillage".


Dommage que l'inspecteur Colombo soit à la retraite. Il en aurait des choses à dire... "Heuuu, excusez-moi Mr Rumsfeld, j'ai une dernière petite question..."

Pour une poignée de milliers-de-milliards de dollars


Parlons d'argent. Parlons du plus gros scandale financier de tous les temps.

Mais d'abord, un petit rappel pour lever toute ambiguïté : les termes "billion" et "trillion" n'ont pas le même sens en français et en anglais :

Trillion : http://fr.wikipedia.org/wiki/Trillion
Trillion en anglais : 10^12 (1 avec 12 zéros derrière), donc 1000 milliards
Trillion en français : 10^18 (1 avec 18 zéros derrière)

Billion : http://fr.wikipedia.org/wiki/Billion
Billion en anglais : 1 milliard
Billion en français : 1000 milliards


Donc un "trillion" (en anglais) est égal à un "billion" (en français) : soit 1000 milliards.


Si vous n'avez rien compris, relisez depuis le début. Reprenez calmement.
Mais si au bout de 3 fois vous n'avez toujours rien compris, cassez-vous et ne revenez pas sur ce blog.





Le 10 septembre 2001 (la veille des attentats donc), le Ministre de la Défense des Etats-Unis, Donald Rumsfeld, annonce la "disparition" de "2.3 trillion $" (en anglais) : soit 2300 milliards de $.

Lire l'article CBS et voir la vidéo.


Le Pentagone a "perdu la trace" de 2300 milliards de dollars (deux mille trois cent milliards de dollars) sur l'année fiscale 1999. Et également 1100 milliards de dollars sur l'année fiscale 2000.

Ce sont des sommes astronomiques : on est entrain de parler de l'évaporation de sommes qui sont supérieures au PIB de la France de l'époque.



A titre de comparaison, le scandale Enron en quelques chiffres :
  • Une société qui avait un chiffre d'affaire de 100 milliards de $.
  • 1 milliard de $ de délits d'initiés que se sont partagés 29 cadres dirigeants qui ont retiré leurs billes juste avant que l'action ne plonge.
  • 67 milliards de $ de dettes.
  • 20000 salariés à la porte.
  • 2 milliards de $ de fonds de retraites évaporés.
Voir le documentaire "Enron : The smartest guys in the room", nominé aux Oscars 2005 du meilleur film documentaire (liens ici et ).

Allez, comme je suis sympa, je vous rajoute aussi la société Andersen, ses 9 milliards de dollars de chiffre d'affaire et ses 85000 salariés. C'est cadeau, tout doit disparaître.



On le voit en comparant les chiffres : le scandale Enron ne pèse pas lourd en comparaison des 2300 milliards de $ dont parle Donald Rumsfeld. Cet aveu aurait pu (et aurait du) provoquer un véritable cataclysme politique outre-atlantique. Mais voilà, cette info est passée totalement inaperçue : le lendemain c'est le 11 septembre 2001. Les attentats contre les tours jumelles (et le Pentagone) occupent tout l'espace médiatique. Le plus gros scandale financier de l'Histoire passe à la trappe. Quel coup de bol !

Mais un coup de bol n'arrive jamais seul. Le 11 septembre 2001, l'attentat contre le Pentagone a lieu pile à l'endroit où était situé le système d'information des analystes financiers chargés d'enquêter sur la disparition de ces sommes (voir le documentaire Pandora's Black Box entre 6min30 et 6min55). Voir également la liste des victimes au Pentagone et la proportion importante de "accountants", "bookkeepers" et de "budget analysts".

Voilà qui vient compléter mon billet précédent à propos du Pentagone.


Certains tentent de forcer de vraies enquêtes sur ces questions, mais jusque là sans succès.
Voir l'intervention de la député Cynthia McKinney, et la réaction de Donald Rumsfeld : voir la vidéo (question n°2).
Sa question n°3 porte sur les exercices qui ont paralysé l'aviation américaine le 11 septembre : voir le billet précédent à ce sujet.


Si vous vous demandez où a bien pu passer tout ce pognon, sachez que vous n'êtes pas le seul. Posez donc la question à votre moteur de recherche favori : "where is the money ?" (où est l'argent ?), il vous répondra : http://www.whereisthemoney.org   :)




Alors gringo, toi aussi tu veux ta part du magot ?



Ce que je trouve hilarant dans l'article de CBS mentionné plus haut, c'est l'utilisation du terme "waste" ("war on waste") : "gaspillage". Car évidemment, le fait que plusieurs milliers-de-milliards de dollars s'évanouissent dans la nature ne saurait être le fruit de détournement de fonds et de corruption. C'est totalement impensable !! Au pays des bisounours, lorsqu'une montagne de fric disparaît, on appelle ça "du gaspillage".


Dommage que l'inspecteur Colombo soit à la retraite. Il en aurait des choses à dire... "Heuuu, excusez-moi Mr Rumsfeld, j'ai une dernière petite question..."

dimanche 18 novembre 2007

J'ai retrouvé la 7ème Compagnie


La ligne 1 du métro parisien dessert le quartier de La Défense (l'un des principaux quartiers d'affaires d'Europe). En cette période de grève des transports, c'est l'une des seules lignes à fonctionner à peu près normalement.

Pour faire face à la forte affluence, des agents de la RATP faisaient la circulation dans les couloirs du métro, pour réguler le flot de gnous (dont je faisais partie) et éviter de submerger les quais. Des quais sous haute surveillance, puisqu'une 20aine de CRS étaient postés de chaque coté de la voie. Mais ce qui m'a le plus étonné, c'est la présence de militaires armés de leurs fusils semi-automatiques, aux cotés des agents de la RATP qui régulaient l'accès aux quais.

Je peux donc vous l'annoncer fièrement : vendredi, dans la station de métro Gare de Lyon, j'ai retrouvé la 7ème Compagnie. Qui sait depuis combien de temps ils étaient planqués là...

Puisque je suis entrain de parler de grèves et de militaires, j'en profite pour faire un petit détour par un article du Canard Enchaîné du 10 octobre dernier, qui revient sur "le régime très spécial des retraites militaires" :




Mais revenons plutôt à notre 7ème Compagnie du métro. L'un des soldats en particulier était grand, il était beau, il sentait bon le sable chaud... Je ne sais pas si c'est parce que je suis passé à quelques centimètres du canon de sa mitraillette, mais j'ai trouvé cette situation assez incongrue. Dans la plupart des pays, il est nécessaire de décréter la loi martiale ou l'état d'urgence pour affecter des personnels militaires à des tâches de maintient de l'ordre sur des populations civiles.
En France, nous avons un dispositif de sécurité qui permet en pratique de contourner ce principe : le Plan Vigipirate. D'ailleurs pour ceux qui n'ont pas peur de se perdre dans l'opacité du statut juridique du plan Vigipirate, je vous renvoie vers le blog de Frédéric Rolin, Professeur de droit public à l'Université de Paris X Nanterre.


Il était grand, il était costaud, il avait une tête énorme et un regard de tueur (mon avis est totalement subjectif, j'en conviens), et sa mitraillette aussi sentait bon le sable chaud. D'ailleurs, à quoi aurait-elle bien pu lui servir ? Je me suis posé cette question pendant le reste de mon trajet : mon militaire, comment aurait-il réagit en d'autres temps, d'autres lieux, ou tout simplement en d'autres circonstances, s'il avait reçu l'ordre de se servir de son arme pour tirer dans le tas ? L'aurait-il fait ? Après avoir alterné les "oui", les "non", les "peut-être bien", j'ai finalement conclu par un "et pourquoi pas ?". Après tout il n'aurait rien fait de plus que son boulot, le gars.




dimanche 11 novembre 2007

Keith Olbermann à propos du Military Commissions Act : "Le début de la fin des Etats-Unis"

Il y a un peu plus d'un an, le 17 octobre 2006, Geroge W. Bush a ratifié le Military Commissions Act.
Keith Olbermann présente l'émission Countdown sur MSNBC. Le 18 octobre 2006, il fait un "commentaire spécial" sur cet ensemble de lois qui sont entrées en vigueur la veille, qu'il qualifie de "Begining of the end of America" ("début de la fin des Etats-Unis").

Voir : La transcription en VO









Transcription FR :


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Nous avons vécu comme si nous étions en transe. Nous avons vécu comme des gens effrayés. Et désormais, alors que nos droits et nos libertés sont en péril, nous prenons lentement conscience que nous avons eu peur de la mauvaise chose.

Par conséquent, aujourd'hui, nous sommes réellement les héritiers de notre tradition américaine. Car, en cette première journée d'entrée en vigueur du "Military Commissions Acts", nous sommes confrontés à ce à quoi nos prédécesseurs ont du faire face à d'autres moments de crises et de peur mélodramatique.

Un gouvernement plus dangereux pour notre liberté que l'ennemi contre lequel il prétend nous protéger.

Nous avons déjà connu cela par le passé. Nous l'avons déjà connu, menés par des hommes plus sages, plus nobles et meilleurs que George W. Bush.

Nous avons déjà connu cela lorsque le Président John Adams a affirmé que les lois "Alien and Sedition Acts" étaient nécessaires pour sauver des vies américaines. Pour finalement le voir utiliser ces lois pour emprisonner des rédacteurs de journaux.


Des rédacteurs américains, dans des prisons américaines, pour des articles qu'ils ont écrits au sujet des Etats-Unis.


Nous avons déjà connu cela lorsque le Président Woodrow Wilson a affirmé que les lois "Espionage Act" étaient nécessaires pour sauver des vies américaines. Pour finalement le voir utiliser ces lois pour poursuivre 2'000 Américains, en particuliers ceux qu'il décrit comme des "Hyphenated Americans", dont la plupart étaient seulement coupables de préconiser la paix en temps de guerre.


Des orateurs américains, dans des prisons américaines, pour des choses qu'ils ont dites au sujet des Etats-Unis.


Nous avons déjà connu cela lorsque le Président Franklin D. Roosevelt a affirmé que le décret 9066 était nécessaire pour sauver des vies américaines. Pour finalement le voir emprisonner et paupériser 110'000 Américains, tandis que son homme de main, le General Dewitt déclarait devant le Congrès : "Le fait qu'ils soient citoyens Américains ne fait aucune différence, ils sont toujours Japonais".


Des citoyens américains, dans des camps américains, non pas pour leurs écrits, ni pour leurs propos, ni pour leurs actions, mais seulement parce qu'eux ou leurs ancêtres avaient fait le choix de venir aux Etats-Unis.


Chacune de ces actions ont été entreprises pour les plus vitales, les plus urgentes, les plus incontournables des raisons. Et chacune est une trahison de ce pour quoi le Président prétendait les utiliser.

Adams et son parti ont été balayés et le "Alien and Sedition Acts" a été révoqué. Beaucoup de gens que Wilson a fait taire lui ont survécu, et l'un d'eux a même tenté de lui succéder et a obtenu 900'000 voix alors que sa campagne électorale avait été menée entièrement depuis sa cellule de détention. L'internement des Japonais imposé par Roosevelt n'est pas le pire acte de son bilan, mais 40 ans plus tard il a nécessité des excuses formelles de la part du gouvernement des Etats-Unis envers les citoyens des Etats-Unis dont les vies ont été ruinées.


Les plus vitales, les plus urgentes, les plus inévitables des raisons.


Dans les moments de peur, nous ne sommes que des hommes. Nous nous sommes laissés dépasser par la "peur de la peur" de Roosevelt. Nous avons écouté la petite voix intérieure qui nous disait : "le loup est à la porte, ce sera temporaire, ça passera".
Nous avons accepté l'idée que le seul moyen d'arrêter les terroristes est de laisser le gouvernement se comporter un peu comme les terroristes.
De la même manière que nous avions accepté que le seul moyen d'arrêter les Soviétiques était de laisser le gouvernement se comporter un peu comme les Soviétiques.
Ou comme les Japonais.
Ou les Allemands.
Ou les Socialistes.
Ou les Anarchistes.
Ou les Immigrants.
Ou les Britanniques.
Ou les étrangers.


Les plus vitales, les plus urgentes, les plus inévitables des raisons.
Et à chaque fois, à chaque fois, à tort.


Avec la distance historique, les questions se résumeront à cela : "Est ce que cette génération d'Américains prend la menace au sérieux, et faisons-nous ce qui est nécessaire pour en venir à bout ?".

De sages paroles. Et des propos plus ironiques : les vôtres bien sûr Mr Bush.
Hier, en signant le "Military Commissions Act", vous en avez dit bien plus que vous ne le pensez, Mr le Président.
Malheureusement, bien sûr, la distance historique nous fera prendre conscience que la menace que cette génération d'Américains devait prendre au sérieux, c'était vous.

Nous avons une longue et douloureuse histoire du fait de l'oubli de la prophétie attribuée à Benjamin Franklin : "ceux qui sont prêts à renoncer à un peu de liberté en échange d'un peu de sécurité ne méritent ni l'une ni l'autre".
Mais même dans cette histoire douloureuse, nous n'étions jamais allés aussi loin dans l'empoisonnement du Habeas Corpus, ce principe de protection essentiel dont toutes nos libertés découlent.

Vous, Monsieur, avez souillé ce principe.
Vous, Monsieur, nous avez donné le chaos et l'avez appelé l'ordre.
Vous, Monsieur, nous avez imposé la domination et l'avez appelé la liberté.

Pour les plus vitales, les plus urgentes, et les plus inévitables des raisons.
Et là encore, Mr Bush, chacune d'entre elles à tort.

Nous avons remis un chèque en blanc contre notre propre liberté à un homme qui a affirmé qu'il est inacceptable de comparer quoi que ce soit que ce pays n'ait jamais fait avec ce que les terroristes ont fait.
Nous avons remis un chèque en blanc contre notre propre liberté à un homme qui a de nouveau affirmé que "les Etats-Unis ne pratiquent pas la torture. C'est contraire à nos valeurs", tandis que les images de la prison d'Abu Ghraib et les affaires de Waterboarding étaient rendues publiques.
Nous avons remis un chèque en blanc contre notre propre liberté à un homme qui peut désormais, s'il le souhaite, déclarer non seulement des étranger comme "combattant ennemis illégaux" pour les expédier quelque part, n'importe où ; mais peut désormais, s'il le souhaite, vous déclarer vous comme "combattant ennemi illégal", et vous expédier quelque part, n'importe où.

Et si vous pensez qu'il s'agit juste inquiétude déplacée, demandez aux rédacteurs de journaux sous John Adams, ou aux pacifistes sous Woodrow Wilson, ou aux résidents d'origine japonaise sous Franklin Roosevelt.

Et si vous croyez que le Habeas Corpus n'a pas été supprimé pour les américains mais seulement pour tous les autres, posez-vous cette question : si vous êtes embarqués demain et qu'on vous accuse d'être un étranger ou un immigré sans papiers ou un "combattant ennemi illégal", comment allez-vous les convaincre de vous offrir une audience au tribunal pour leur prouver qu'ils se trompent ? Est ce que vous pensez que le procureur général va vous aider ?


Ce Président a désormais son chèque en blanc.

Il a menti pour l'obtenir.

Il a menti en le recevant.

Y a-t-il une raison de croire qu'il n'a pas menti sur la manière dont il a l'intention de l'utiliser, et sur ceux sur qui il prévoit de l'utiliser ?


"Ces commissions militaires fourniront un procès équitable", nous avez-vous dit hier Mr Bush, "dans lesquels les accusés sont présumés innocents, et ont accès à un avocat et pourront avoir connaissance des preuves qui les accusent".


"Présumés innocents", Mr Bush ?

Le bout de papier que vous avez signé hier indique les détenus peuvent être maltraités jusqu'à la limite de ce qui pourrait leur causer un "grave traumatisme mental et physique", dans le but de leur faire avouer leurs crimes, et ils ne peuvent même plus invoquer les Conventions de Genève pour leur défense.


"Avoir Accès à un avocat", Mr Bush ?

Le Lieutenant Commandant Charles Swift a dit dans cette émission et à la Cour suprême, qu'on lui a autorisé l'accès à son client détenu qu'à la condition que ce dernier plaide coupable.


"Avoir connaissance de toutes les preuves", Mr Bush ?

Le Military Commissions Act permet expressément l'introduction de preuves classifiées qui ne sont pas portées à la connaissance de la défense.


Vos propos sont des mensonges, Monsieur !

Ce sont des mensonges qui nous mettent tous en danger.


"L'un des terroristes qui auraient planifié les attentats du 11 septembre", nous avez-vous dit hier, "a déclaré qu'il espérait que ces attentats seraient le début de la fin de l'Amérique".

Ce terroriste, Monsieur, n'aurait pas pu espérer mieux. Ni ses actes, ni ceux d'une file interminable de terroristes réels ou imaginaires n'auraient pu rivaliser ce que vous avez fait.

Le Habeas Corpus ? Envolé.

Les Conventions de Genève ? Facultatives.

La force morale qui rayonnait vers l'extérieur du monde comme un phare, et à l'intérieur comme une protection éternelle ? Etouffée.


Ce que vous avez fait, Mr Bush, constitue "le début de la fin de l'Amérique".


Et avez-vous songé une seule fois, Monsieur, au cours de votre discours d'hier et des huit invocations que vous y avez fait des attentats du 11 septembre, qu'avec juste un tout petit peu plus de désaveu de ce pourquoi nos patriotes sont morts, avez vous songé un instant que dans seulement 27 mois et deux jours à partir de maintenant, lorsque vous quitterez votre poste, un quelconque futur Président irresponsable et un "tribunal compétent" composé de ses laquais seraient en droit, du fait de vos actions, de déclarer "combattant ennemi illégal" et de convoquer une Commission militaire pour juger non pas John Walker Lindh, mais George Walker Bush ?

Pour les plus vitales, les plus urgentes, et les plus inévitables des raisons.

Et là encore, sans aucun doute Monsieur, comme toujours, à tort.

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Autres liens à propos du Military Commissions Act :