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jeudi 10 novembre 2016

Trump : les Américains choisissent le moins pire


L'élection de Donald Trump aux Etats-Unis semble provoquer un immense sentiment de frustration chez bon nombre de personnes.
C'est évidemment une énorme frustration pour tous ceux qui espéraient obtenir une fellation gratuite en élisant Mme Clinton (la soit-disant "candidate féministe"). Mais, à en juger par les manifestations anti-Trump, pas uniquement chez ceux là.

Pour ma part, je considère qu'en élisant Trump, le peuple Américain a éliminé le (la) pire des candidat(e)s.


A tout prendre je suis plutôt satisfait, car j'estime que le résultat de l'élection aurait pu être bien pire : les Americains auraient pu élire Hillary Clinton.

Compte tenu des nombreux bruits de bottes en Europe, des mouvements de troupes à la frontière russe (voir liens ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ou ), et de la très sérieuse déterioration des relations diplomatiques entre les Etats-Unis et la Russie (voir liens ici, ici, ou ), l'élection de Mme Clinton et la poursuite de la politique actuelle aurait pu faire basculer le monde dans un conflit effroyable.

Le risque de nous voir entrainés dans un conflit nucléaire nous opposant à la Russie et/ou la Chine (ici, ici ou ) semble nettement moins important avec Trump qu'il ne l'aurait été avec Clinton. Ne m'en tenez pas rigueur si je me trompe et si nous finissons tous vitrifiés sous le feu nucléaire, mais je pense que désormais nos chances de vivre 4 ans de plus sont supérieures à ce qu'elles auraient été si Mme Clinton avait été élue.



Alors oui, certes, il est vrai que Trump a tenu des propos méprisants et scandaleux. Mais là encore, la comparaison s'impose. Que dire de Mme Clinton ?!!!
Le site qui rapporte les 100 pires wikileaks au sujet d'Hillary Clinton contient des informations tout à fait accablantes.
Les leaks sont triés par ordre décroissants de scandale. Mais celui que je considère comme étant le pire de tous est le n°3 :



Traduction : bien qu'elle savait que les GOUVERNEMENTS du Quatar et d'Arabie Saoudite financent l'organisation terroriste dite de "l'Etat Islamique" (ou "Daesh"), Hillary Clinton a accepté des dizaines de millions de dollars de donations de la part de ces mêmes dirigeants Saoudiens et Quataris.

Cette information vaut le coup qu'on s'y arrête un peu pour y réfléchir. De l'aveux même de Mme Clinton, on obtient la confirmation de ce secret de polichinelle : les dirigeants du Quatar et d'Arabie Saoudite ("the governments of Qatar and Saudi Arabia") financent les groupes terroristes qui mettent la Syrie à feu et à sang. Mais par ailleurs, ces mêmes dirigeants financent également Mme Hillary Clinton, en espérant la voir accéder au poste de Président des Etats-Unis.

Cette révélation fracassante est une nouvelle confirmation de ce que je disais dans mon message précédent : "Daesh : halte au double jeu sordide".

Que disent les médias au sujet du contenu des emails de Mme Clinton ?
Lisez donc le journal LeMonde, Sud-Ouest, LePoint (je pourrais vous en citer des dizaines d'autres, en France comme aux Etats-Unis d'ailleurs). Lisez, et comparez avec le site http://www.mostdamagingwikileaks.com/. Voyez ce qui est dit, et ce qui n'est pas dit. Tous ces journaux tombent à bras raccourcis sur Trump, mais dans le même temps tous brossent un portrait quasiment idyllique de Clinton en passant sous silence les aspects les plus répugnants du personnage.



Il y a presque un an jour pour jour, le 13 novembre dernier, une série d'attentats revendiqués par Daesh causait la mort de 130 personnes à Paris. N'est ce pas une information digne d'intérêt pour les citoyens Français que de savoir que les gouvernements qui financent cette organisation terroriste ont également financé Mme Clinton en espérant ainsi contribuer à la faire accéder au pouvoir ?



Mr Trump fait peur à cause d'un certain nombre d'incertitudes que le personnage soulève.
Mais le contenu des emails de Mme Clinton révèle qu'elle a un passé de criminelle qui fait froid dans le dos !!



Je trouve que l'indépendance de Trump est un bon signe. Je pense même que l'élection de Trump est potentiellement davantage porteuse d'espoir que ne l'était l'élection de Barack Obama il y a 8 ans (pour info, voir les articles que j'avais écrit à l'époque, ici et ).
Peut être que Trump trahira la confiance que ses electeurs ont placé en lui, et qu'il mènera une politique tout aussi mafieuse que celle de ses prédécesseurs (ou que celle qu'aurait mené Hillary Clinton si elle avait été élue).
Ou alors, peut-être qu'au contraire il envisage sérieusement de faire de la lutte contre la corruption une priorité de son mandat. Si c'est le cas, il aura fort à faire, et j'espère qu'il aura le temps d'obtenir quelque succès en la matière avant de se prendre une balle dans la tête.




Qui vivra verra.

Trump : les Américains choisissent le moins pire


L'élection de Donald Trump aux Etats-Unis semble provoquer un immense sentiment de frustration chez bon nombre de personnes.
C'est évidemment une énorme frustration pour tous ceux qui espéraient obtenir une fellation gratuite en élisant Mme Clinton. Mais pas uniquement chez ceux là.

Pour ma part, je considère qu'en élisant Trump, le peuple Américain a éliminé le (la) pire des candidat(e)s.


A tout prendre je suis plutôt satisfait, car j'estime que le résultat de l'élection aurait pu être bien pire : les Americains auraient pu élire Hillary Clinton.

Compte tenu des nombreux bruits de bottes en Europe, des mouvements de troupes à la frontière russe (voir liens ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ou ), et de la très sérieuse déterioration des relations diplomatiques entre les Etats-Unis et la Russie (voir liens ici, ici, ou ), l'élection de Mme Clinton et la poursuite de la politique actuelle aurait pu faire basculer le monde dans un conflit effroyable.

Le risque de nous faire entrainer dans un conflit nucléaire nous opposant à la Russie et/ou la Chine (ici, ici ou ) semble nettement moins important avec Trump qu'il ne l'aurait été avec Clinton. S'il vous plait, ne m'en tenez pas rigueur si je me trompe et si nous finissons tous vitrifiés sous le feu nucléaire, mais je pense que nous avons désormais davantage de chances de vivre 4 ans de plus que nous n'en aurions eu si Mme Clinton avait été élue.



Oui, il est vrai que Trump a tenu des propos méprisants et scandaleux. Mais là encore, la comparaison s'impose. Que dire de Mme Clinton ?!!!
Le site qui rapporte les 100 pires wikileaks au sujet d'Hillary Clinton contient des informations tout à fait accablantes.
Les leaks sont triés par ordre décroissants de scandale. Mais pour ma part, le pire de tous est le n°3 :



Traduction : bien qu'elle savait que les GOUVERNEMENTS du Quatar et d'Arabie Saoudite financent l'organisation terroriste dite de "l'Etat Islamique" (ou "Daesh"), Hillary Clinton a accepté des dizaines de millions de dollars de donations de la part de ces mêmes dirigeants Saoudiens et Quataris.

Cette information vaut le coup qu'on s'y arrête pour y réfléchir. De l'aveux même de Mme Clinton, on obtient la confirmation de ce secret de polichinelle : les dirigeants du Quatar et d'Arabie Saoudite ("the governments of Qatar and Saudi Arabia") financent les groupes terroristes qui mettent la Syrie à feu et à sang. Mais par ailleurs, ces mêmes dirigeants financent Mme Hillary Clinton, en espérant la voir accéder au poste de Président des Etats-Unis.

Cette information fracassante est une nouvelle confirmation de ce que je disais dans mon dernier message sur ce blog : "Daesh : halte au double jeu sordide".

Que disent les médias au sujet du contenu des emails de Mme Clinton ?
Voyez-vous même avec le journal LeMonde, le soit-disant "quotidien de référence". Lisez l'article du Monde (je mentionne cet article, mais je pourrais citer celui de Sud-Ouest,  celui du Point, ou des dizaines d'autres). Lisez, et comparez avec le site http://www.mostdamagingwikileaks.com/. Voyez ce qui est dit, et ce qui n'est pas dit. Tous ces journaux tombent à bras raccourcis sur Trump, mais brossent un portrait idyllique de Clinton en passant sous silence les aspects les plus répugnants du personnage.


Il y a presque un an jour pour jour, le 13 novembre dernier, une série d'attentats revendiqués par Daesh causait la mort de 130 personnes à Paris. N'est ce pas une information utile pour les citoyens Français de savoir que les gouvernements qui financent cette organisation terroriste ont également financé Mme Clinton en espérant la faire accéder au pouvoir ?



Mr Trump fait peur à cause d'un certain nombre d'incertitudes que le personnage soulève. Mais si Mme Clinton fait froid dans le dos, c'est au contraire à cause d'un certain nombre  de certitudes qui sont associées à ce personnage.



Pour ma part, je trouve que l'indépendance de Trump est un bon signe. Je pense même que l'élection de Trump est potentiellement davantage porteuse d'espoir que ne l'était l'élection de Barack Obama il y a 8 ans (pour info, voir les articles que j'avais écrit à l'époque, ici et ).
Peut être que Trump trahira la confiance que ses electeurs ont placé en lui, et qu'il mènera une politique tout aussi mafieuse que celle de ses prédécesseurs (ou que celle qu'aurait mené Hillary Clinton si elle avait été élue).
Ou alors, peut-être qu'il envisage sérieusement de faire de la lutte contre la corruption une priorité de son mandat. Si c'est le cas, il aura fort à faire, et j'espère qu'il aura le temps d'obtenir quelque succès dans ce domaine avant de se prendre une balle dans la tête.




Qui vivra verra.


mercredi 25 novembre 2015

Daesh : halte au double jeu sordide



Cela fait 2 ans que je répète à qui veut bien l'entendre : je souhaite que François Hollande et Laurent Fabius soient traduits devant la Cour Pénale Internationale (CPI) afin qu'ils y répondent des accusations de crime d'agression à l'encontre de la Syrie.
  - Les livraisons d'armes à "l'opposition syrienne" décidées par François Hollande (source) sont illégales au regard du droit international.
  - Le ministre des affaires étrangères en exercice, Laurent Fabius, déclarait en décembre 2012 en que l'organisation terroriste Al-Nosra "fait du boulot sur le terrain" en Syrie (source).

Par ailleurs, nos "alliés" américains ont envoyé un grand nombre d'instructeurs militaires afin de former "l'opposition syrienne" (source), ce qui constitue également un crime au regard du droit international. Le bilan de cette politique est tout à fait accablant : 500 millions de dollars pour former "4 ou 5 combatants anti-Isis" (source). La plupart des soldat entrainés ont soit-disant "trahi les Etats-Unis" en rejoignant des groupes terroristes (source).

Mais bon sang, qui peut encore être assez dupe pour ne pas voir le double jeu sordide mené par nos dirigeants ?

La guerre en Syrie n'a strictement rien à voir avec la volonté ou le sort du peuple syrien. Elle a tout à voir avec le contrôle des ressources de gaz naturel de la Syrie et avec la construction du pipeline Nabucco, soutenu en particulier par les Etats-Unis et la Turquie (voir ici et ici). Bashar El-Assad est hostile à la construction de ce pipeline, c'est la raison pour laquelle il doit être dégommé quels qu'en soient les moyens. Pour les hommes politiques qui prétendent nous représenter et qui prétendent agir dans notre intérêt, les groupes terroristes qui mettent la Syrie à feu et à sang (et qui commettent des attentats terroristes en France) sont un outil bien plus qu'un véritable ennemi. Cet outil est utilisé afin d'obtenir le renversement de Bashar El-Assad.
Il est à noter que contrairement aux Etats-Unis et à ses vassaux membres de l'OTAN (dont la France), la Russie agit à la demande des autorités syriennes légitimes reconnues à l'ONU. Contrairement aux notres, les actions que mène la Russie en Syrie sont donc conformes aux règles du droit international. Les actions que la France mène en Syrie sont illégales. La fuite en avant de François Hollande fait de la France un "état voyou".


Je suis effaré de voir tous les matins dans le métro mes concitoyens parisiens lire des monceaux de conneries comme "Daesh, un ennemi surpuissant".
Le groupe terroriste Daesh est enclavé. Si nos dirigeants souhaitaient réellement éliminer cette menace, ils chercheraient à couper ses lignes de ravitaillement. En particulier, ils se mettraient en conformité avec le droit international en cessant immédiatement tout soutient militaire et logistique à ces groupes terroristes, et ils adopteraient une résolution à l'ONU visant de déployer des casques bleus le long de la frontière sud de la Turquie. Au lieu de cela, la Turquie membre de l'OTAN et soutient actif de Daesh, vient d'abattre aujourd'hui un avion de chasse de l'armée russe avant de demander une réunion extraordinaire de l'OTAN. Le jeu des alliances automatiques pourrait nous conduire à la 3ème guerre mondiale.

Il est grand temps que davantage de voix se fassent entendre en France pour condamner sans ambiguité la politique menée par François Hollande, pour exiger la traduction en justice des responsables politiques qui ont soutenu ces groupes en rendant possible leur existence, et pour exiger que nos représentants adoptent désormais une politique conforme aux règles du droit international.

vendredi 6 février 2015

Dis Charlie, c'est quoi la différence entre un bon djihadiste et un mauvais djihadiste ?



Je voudrais revenir sur le coté ambigu de la formule "Je suis Charlie".

Je me suis amusé à poser la question autour de moi : "Qu'est ce que la formule << Je suis Charlie >> signifie pour toi ?"


A l'exception notable d'un ancien collègue, qui m'a fait cette réponse cinglante par email :
"Je suis Charlie", ça veut dire "je suis un con lobotomisé par le système jusqu'à la moëlle" (à mon humble avis).
(Je développe plus tard)


En général, les personnes à qui j'ai posé la question m'ont plutôt fait l'une ou l'autre (ou parfois les deux) réponse(s) suivante(s) :
1) "Je suis Charlie" pour défendre la liberté d'expression
2) "Je suis Charlie" parce que je ne suis pas d'accord pour qu'on tue des gens à cause de leurs idées

Je trouve que ces deux réponses ne sont pas plus convaincantes l'une que l'autre.


1) Même si c'est quelque chose qu'on a entendu en boucle sur les télés et les radios, il est faux de dire :
Je suis pour la liberté d'expression <=> "Je suis Charlie" et je fais de la pub pour Charlie Hebdo.

Cette équivalence est même doublement fausse (les deux implications sont fausses) :
  • Il existe des fans de Charlie Hebdo qui sont contre la liberté d'expression.
  • Il existe des gens qui sont pour la liberté d'expression et qui sont très critiques vis à vis de la ligne éditoriale de Charlie Hebdo (c'est mon cas, je l'ai clairement expliqué dans cet article).

2) Moi aussi je suis évidemment contre le fait qu'on assassine des gens. Mais ce n'est pas du tout ce que dit la formule ambigüe "Je suis Charlie".


J'insiste sur le coté ambigu de cette formule : chacun peut y plaquer la signification qu'il veut. Pour moi, "Je suis Charlie" signifie : "Je ne fais qu'un avec Charlie". En d'autres termes : "Je partage totalement et sans réserve la ligne éditoriale de Charlie Hebdo". J'essaie de me raisonner, en me disant que les millions de personnes qui ont repris ce slogan à leur compte ne l'entendent pas nécessairement comme ça, ou même parfois ignorent ce que cela pourrait signifier. Si tous ceux qui ont dit "Je suis Charlie" étaient réellement Charlie et pensaient réellement Charlie, je trouve que la situation serait terrifiante. A nouveau, pour ceux qui ne l'ont pas lu,  je vous renvoie vers mon article précédent.



Qu’est ce que la formule "Je suis Charlie" signifie comme position vis à vis d’une politique extraordinairement hypocrite qui consiste d’une part à décréter un deuil national lorsque des journalistes sont assassinés en France, tout en continuant par ailleurs à entrainer et à armer des groupes fondamentalistes religieux dans le but de renverser un régime qui refuse de traiter avec nos multinationales chéries (dont certaines d'entre-elles, comme par exemple Total, ne paient d'ailleurs aucun impôt sur les sociétés en France) ?
Pourquoi est ce que Charlie Hebdo (qui est un hebdomadaire qui a défendu toutes les guerres de l'OTAN depuis 20 ans : cf article), ou plein d’autres journaux (comme l’Express par exemple, qui a publié un dossier de 20 pages sur le "djihadisme international" dans son numéro du 21 janvier dernier), ne jugent pas utile de nous communiquer clairement ce genre d’informations : http://www.upr.fr/actualite/monde/terrorisme-labominable-double-jeu-des-etats-unis ?

A l'heure ou François Hollande fait un bond fulgurant de 21 points dans les sondages d'opinions favorables (article LeFigaro), il me parait intéressant de revenir un peu plus en détail sur ce fameux numéro spécial du journal l'Express du 21 janvier, titré "L'internationale DJIHADISTE". Sur la couverture on peut également lire : "Le double jeu des amis de l'Occident", "Les failles du renseignement", et "L'hypocrisie des politiques français". Avec une couverture pareille, ceux qui :
  • connaissent les propos de Laurent Fabius (Ministre des Affaires Etrangères en exercice) qui déclarait en décembre 2012 que l'organisation terroriste Al-Nosra "fait du bon boulot sur le terrain" en Syrie
  • savent que François Hollande a reconnu que la France a livré illégalement des armes à la très floue "opposition Syrienne", en violation des règles du droit international
  • sont au courant que le 15 janvier dernier (donc 8 jours APRES l'attentat contre Charlie Hebdo, 4 jours APRES la grande marche du 11 janvier, et 6 jours AVANT la publication de ce numéro de l'Express), le Pentagone a annoncé l'envoi de 400 nouveaux militaires pour "former les rebelles syriens", en partenariat avec nos grands potes de Turquie, du Qatar et d'Arabie Saoudite

... se disent : bah dis donc, il va être drôlement intéressant ce numéro de l'Express, ça va envoyer du bois !!!



Je vous laisse en juger par vous-même...



J'ai eu un premier haut-le-coeur lorsque j'ai constaté que le journal commence (après 7 pages de pub, quand même...) par un édito insipide et totalement dénué d'intérêt de Christophe Barbier, qui nous explique sans rire que "François Hollande a été élu président de la République le 11 janvier 2015 par 5 millions de piétons" (!!!)

Mais je me suis ressaisi, et j'ai lu assidûment le dossier sur le "Djihadisme international", qui court sur 24 pages (dont 4 de pub).
On y apprend par exemple que "La Turquie, le Qatar ou l'Arabie Saoudite ont cultivé ou cultivent encore un rapport ambigu avec l'islam radical". On y apprend que "Depuis le début de la guerre civile en Syrie, Ankara, qui veut faire tomber Bachar el-Assad, est accusé de fermer les yeux face au passage sur son territoire, en sus des armes et de toutes sortes de contrebande, des centaines de jeunes djihadites européens". La Turquie, qui veut faire tomber Bachar el-Assad (n'est-ce pas également le cas de la France ?), est soupçonnée "d'avoir livré des armes à certains groupes rebelles islamistes syriens - ce que le gouvernement nie". 
Donc si je comprends bien le point de vue développé dans l'Express : la Turquie est soupçonnée d'avoir livré des armes à des groupes rebelles islamistes syriens, mais pas la France. Les lecteurs de l'Express qui ignoraient les déclarations de Laurent Fabius (chantant les louanges du Front Al-Nosra) et de François Hollande (reconnaissant avoir fait livrer des armes à "l'opposition syrienne") resteront ignorants.
En lisant ce dossier de l'Express, on apprend que nos alliés du Moyen-Orient ont certes un peu joué au con en étant très tolérants vis à vis du financement de groupes fondamentalistes en Syrie, mais que ça c'était avant. Maintenant ils ont compris que c'était mal. C'est du moins ce que je comprends par : "Avec retard, la monarchie semble avoir compris qu'elle nourrissait de futurs ennemis, qui accusent la famille Al-Saoud vieillissante d'être vendue aux Etats-Unis : inquiète du départ de ses jeunes, elle a ainsi criminalisé ses organisations djihadistes, comme Daech ou le Front Al-Nosra, le bras armé d'Al-Qaeda en Syrie, au printemps dernier (les Emirats arabes unis ont fait de même)".

La mise en page, qui met bien en évidence de la citation de Maurice Leroy (président du groupe d'amitié France-Qatar, disant : "La CIA et nos services secrets auraient déjà sorti des choses, s'il y en avait"), en grosses lettres rouges, nous signale que la messe est dite : circulez, il n'y a rien à voir. Il ne sera fait aucune réelle analyse de la politique Française dans ce dossier de l'Express. La question centrale de la participation (illégale au regard du droit international) des Etats-Unis ou de la France dans l'armement et l'entrainement de milices armées qui mettent la Syrie à feu et à sang depuis plus de 2 ans ne sera pas abordée. Exit toute réflexion au sujet de cette politique illégale et criminelle, et de ses conséquences désastreuses à la fois sur le plan national et sur le plan international.
On aurait raisonnablement pu attendre, de la part d'un journal sérieux qui réaliserait un dossier de 20 pages traitant de la question du "Djihadisme international" (en particulier lorsqu'il prétend dénoncer "l'hypocrisie des politiques français" sur sa couverture), qu'il abordre sérieusement la question de la possible future traduction en justice devant la Cour Pénale Internationale (CPI) de messieurs Laurent Fabius et François Hollande (entre autres), afin qu'ils y répondent des accusations de crime d'agression à l'égard de la Syrie. Mais on est à des années lumières de ça avec l'Express.

Le dernier article du dossier de l'Express met en valeur le "Philosophe" Abdennour Bidar, qui "refuse tous les amalgames". Mais qui pourtant nous dit (et là encore c'est bien mis en évidence en grosses lettres rouges) : "Nos concitoyens musulmans doivent passer du réflexe de l'autodéfense à la responsabilité de l'autocritique". Ah bon, seulement nos concitoyens musulmans ?


Vous pouvez trouver l'intégralité du dossier de l'Express ici.
A comparer avec l'article de l'UPR.


Comment peut-on ne pas voir, avec cette histoire de Charlie / djihadisme international, une illustration flagrante du phénomène qu'analysait Noam Chomsky dans le documentaire Manufacturing Consent, et que je mettais en évidence dans ce billet ?
C'est frappant de constater à quel point les analyses et les conclusions de ces travaux, anciens de 25 à 30 ans, semblent s'appliquer tout à fait à la situation qui est la notre aujourd'hui :

La raison pour laquelle ces atrocités continuent, c'est parce que personne n'est au courant. Si les gens étaient au courant, il y aurait des manifestations et des pressions pour y mettre un terme. Par conséquent, en supprimant les faits, les médias jouent un rôle majeur.
[...]
Ce sont des choses à garder en tête. Ce ne sont pas des jeux d'esprit : on n'est pas entrain d'analyser les médias sur la planète Mars, ou au XVIIIème siècle, ou un truc dans le genre. On est entrain de parler de vrais être humains qui souffrent, meurent, sont torturés et crèvent de faim à cause de politiques auxquelles nous sommes mêlés. Nous, en tant que citoyens de sociétés démocratiques, sommes directement responsables des politiques qui sont menées en notre nom. Les médias quant à eux s'assurent que nous n'assumions pas ces responsabilités. Ils font en sorte de servir les intérêts du pouvoir. Pas les intérêts des gens qui souffrent, et même pas non plus les intérêts des citoyens américains (ndlr ou français), qui seraient horrifiés d'apprendre qu'ils ont du sang sur les mains à cause de la manière dont ils se laissent duper et manipuler par ce système.



"Je suis Charlie" ?   Sérieusement ?

Si demain, Jean-Marie et/ou Marine Lepen, Laurent Fabius, Nicolas Sarkozy, François Hollande, Dieudonné M’bala, ou des journalistes de l’Express étaient assassinés par des meurtriers, diriez-vous tour à tour : "Je suis Lepen", "Je suis Fabius", "Je suis Sarkozy", "Je suis Hollande", "Je suis Dieudonné" ou "Je suis l’Express" ?
Moi non. Je ne suis aucun de ceux là. Je suis Français, et j’en ai assez que les élus qui prétendent me représenter et que les médias qui prétendent m’informer me prennent pour un con, en essayant de faire de moi un complice de cette politique.

Je suis sûr que nous sommes potentiellement des millions dans ce cas.

lundi 12 janvier 2015

Ni Charlie, ni terroriste : contre l'idéologie du "choc des civilisations"

L'assassinat des journalistes de Charlie Hebdo est un acte odieux. J'espérais que les criminels qui ont commis ces actes seraient capturés vivants afin qu'ils puissent être jugés et condamnés. Cela n'a malheureusement pas été le cas, mais je salue l'efficacité des forces de l'ordre qui ont été contraintes de les abattre étant donné les circonstances.

Comme tout le monde, j'ai été choqué et révolté par le meurtre des journalistes de Charlie Hebdo. Néanmoins, je ne suis pas d'accord pour faire de ce journal le porte-drapeau de l'unité nationale, ou le soit-disant "grand défenseur de la liberté d'expression".


J'ai toujours défendu la liberté d'expression de Charlie Hebdo. En témoigne l'article que j'ai écrit en 2007 sur Agoravox, et que j'ai repris sur ce blog : "Caricatures de Mahomet" et liberté d'expression : quand l'esprit critique met les voiles. J'y exprimais mon opinion selon laquelle des associations musulmanes avaient eu tort de faire un procès à Charlie Hebdo en invoquant le prétexte d'"incitation à la haine raciale". Mais dans ce même article, j'y contestais également à Charlie Hebdo le statut de "défenseur de la liberté d'expression" qu'il n'a jamais été.
J'y rappelais certaines évidences, comme par exemple le fait que si vous êtes favorables à la liberté d'expression, c'est précisément parce que vous êtes favorables à la liberté d'expression des idées avec lesquelles vous êtes en désaccord, sinon vous n'êtes pas réellement favorables à la liberté d'expression. J'y rappelais également la différence fondamentale entre le fait de défendre une idée, et le fait de défendre la liberté d'expression de cette même idée.
Si ces notions ne sont pas parfaitement claires et évidentes pour vous (elles ne l'étaient pas pour moi avant que je me décide à y réflechir sérieusement), je vous invite à relire l'article que j'avais écrit en 2007, et en particulier à visionner la vidéo de Noam Chomsky (extraite du documentaire "Manufacturing Consent" de 1992) qui lui est associée. La compréhension de ces notions me parait être indispensable pour quiconque veut avoir un avis sur ce qu'est et sur ce qu'implique la défense de la liberté d'expression.


J'ai toujours été pour la liberté d'expression de Charlie Hebdo, même si je trouve que certaines de leurs idées sont profondément dangereuses et néfastes. Je considère comme très important le fait qu'ils puissent continuer à les exprimer (je suis favorable à la liberté d'expression), mais je considère également qu'il est très important qu'une majorité de mes concitoyens réalisent en quoi certaines de ces idées sont dangereuses et néfastes.

Depuis une douzaine d'années, Charlie Hebdo (et bien d'autres journaux) sont sur une ligne éditoriale qui tente plus ou moins subtilement de promouvoir l'idée de "l'inévitable choc des civilisations". Une idéologie qui permet de donner un semblant de légitimité à la politique intérieure et internationale criminelle menée par les escrocs qui nous gouvernent. Ce qui est navrant, c'est que les meurtres de la semaine dernière vont probablement contribuer à renforcer cette idéologie du "choc des civilisations", une idéologie que la ligne éditoriale de Charlie Hebdo (et de bien d'autres journaux) a elle-même contribué à importer et à imposer en France au fil des dernières années.

Olivier Cyran est un ancien journaliste de Charlie Hebdo. Il y a travaillé pendant près de 10 ans avant de quitter le journal en 2001. Il a écrit un article en décembre 2013 dans lequel il analyse la dérive éditoriale de son ancien journal au cours des 10-12 dernières années. C'est l'article le plus intéressant que j'ai lu au sujet de Charlie Hebdo, tous supports confondus. C'est un article qu'il aurait été bon que chacun lise avant de déclarer "je suis Charlie". Mais il n'est jamais trop tard :
http://www.article11.info/?Charlie-Hebdo-pas-raciste-Si-vous


Je comprends très bien que des gens aient eu besoin de se retrouver pour partager leur peine, partager leurs craintes, et partager leur refus de l'intimidation face à la menace terroriste.
Mais personnellement, j'ai refusé d'aller à la manifestation d'hier sous le mot d'ordre "je suis Charlie". Non, je ne suis ni Charlie, ni terroriste. J'y serais volontiers allé si le mot d'ordre avait été quelque chose comme : "pour le refus de l'idéologie du choc des civilisations".


Si demain des meurtriers débarquaient à un repas de famille chez les LePen et assassinaient le père, la fille et la petite fille, quelle serait votre réaction ?  La mienne serait certainement exactement la même que celle que j'ai eue lorsque j'ai appris le meurtre des journalistes de Charlie Hebdo : je condamnerais cet acte horrible, et j'espèrerais que les criminels soient arrêtés et jugés. Mais je refuserais de participer à un défilé sous la bannière "Je suis LePen". Et je m'opposerais à l'idée de faire des LePen l'icone de la démocratie et de l'intégrité en politique.


Aujourd'hui, la machine à broyer les esprits se met en route pour culpabiliser et réduire au silence ceux qui ont osé critiquer la ligne éditoriale nauséabonde de Charlie Hebdo, en les présentant comme les complices des assassins (cf articles : LeMonde, Marianne, ...).
Regardez attentivement cette conversation entre les journalistes Elise Lucet et Nathalie Saint-Cricq (responsable du service politique de France2), qui semble tout droit issue de ce que serait un JT dans une société totalitaire à la Orwell. Admirez leur piètre jeu d'actrices qui font comme si leur dialogue était spontané, alors que chacune récite son texte et sait exactement ce que l'autre va lui répondre :

Elise Lucet : On parle beaucoup depuis quelques jours, Nathalie, d'unité nationale. Mais attention, toute la France n'était pas dans la rue hier.

Nathalie St Cricq : Non Elise, il ne faut pas faire preuve d'angélisme. C'est justement ceux qui ne sont pas Charlie qu'il faut repérer. Ceux qui, dans certains établissement scolaires, ont refusé la minute de silence. Ceux qui balancent sur les réseaux sociaux. Et ceux qui ne voient pas en quoi ce combat est le leur. Ce sont eux que nous devons repérer, traiter, intégrer ou réintégrer dans la communauté nationale. Et là, l'école et les politiques ont une lourde responsabilité.

Dois-je leur faire une réponse à la Charlie Hebdo ?  Une jolie caricature de moi leur enfonçant la charte de Munich dans le fion à grands coups de pelle, avec une bulle qui dirait : "Allez ça va rentrer, tu vas bien finir par l'intégrer cette charte de déontologie du journalisme".  Du bon gros humour de bon goût à la Charlie ça ma p'tite dame !  Ca devrait leur plaire, non ?  J'ai mal compris la leçon ?

Tout ce cirque médiatique est confondant de médiocrité. L'attentat tragique de la semaine dernière aurait pu nous faire réfléchir et avancer ensemble. Malheureusement il semblerait que ce soit l'inverse qui soit entrain de se produire : des raisonnements simplistes, binaires, à la Georges W Bush ("soit vous êtes avec nous, soit vous êtes avec les terroristes").
Aujourd'hui, c'est : soit "vous êtes Charlie" (inconditionnellement), soit vous êtes des "islamo-gauchistes" complices des terroristes et vous devrez donc être "repérés" et "traités".


Ce matin j'ai discuté avec Jamila, la femme de ménage que j'emploie à domicile quelques heures par semaine. Jamila est algérienne. Elle est honnête, elle travaille et cotise en France depuis 20 ans. Ses enfants sont français. Je n'ai aucun doute sur le fait que l'éducation et les valeurs qu'elle leur enseigne sont parfaitement compatibles avec celles de la République. Elle ne fait pas de vagues, elle veut juste vivre en paix.
Pourtant, elle m'a confié s'être faite agresser verbalement et menacer physiquement dans le métro parisien vendredi soir à cause du foulard qu'elle porte sur la tête. Des crétins ont vu en elle "la pauvre conne de musulmane voilée", la "menace contre la République", telle qu'elle est systématiquement et invariablement dépeinte dans Charlie Hebdo à longueur d'années. Ils lui ont reproché (à elle !) d'être responsable de l'assassinat des journalistes de Charlie Hebdo, d'être une terroriste qui met en danger la France, et ils ont également menacé de lui casser la gueule. Quelle folie !


Je concluerai avec un petit mot pour mes amis, qui sont nombreux à être allés manifester dimanche en déclarant "je suis Charlie". Vous êtes pour l'instant à l'abri des foudres de Nathalie Saint Cricq et du "traitement" qu'elle réserve aux déviants qui "ne sont pas Charlie". Si vous n'avez pas encore lu l'article d'Olivier Cyran de 2013, je vous en prie faites-le, j'insiste !
Certains d'entre vous, peut-être, pensent qu'il était important d'aller à la manif de dimanche pour dire "non" à la barbarie. A ceux là et aux autres, je vous donne rendez-vous : la prochaine fois que notre gouvernement décidera, en notre nom, de déclencher ou de participer à une guerre illégale au regard du droit international, usant des faux prétextes de promotion de la "démocratie" et "d'inévitable choc des civilisations", irons-nous manifester ensemble pour tenter d'empêcher celle nouvelle folie ?
Irons-nous manifester ensemble, lorsque ceux qui prétendent agir en notre nom et dans notre intérêt, installeront des fondamentalistes religieux au pouvoir en Libye (ou ailleurs), soutiendront des fondamentalistes religieux en Syrie (ou ailleurs), et des néo-nazis en Ukraine (ou ailleurs) ?
François Hollande et toute la smala qui l'entourait dimanche en tête du cortège n'y seront probablement pas. Mais nous, y serons-nous ?

mercredi 1 octobre 2008

Sondage exclusif : 76% des Français sont des cons !




Incroyable. Je viens de lire un sondage édifiant.

Selon un sondage publié dans le Nouvel Obs, 76% des Français voteraient pour Barack Obama, et 10% pour McCain.


Je n'ai rien contre les 10% qui voteraient pour McCain. Je pense qu'il y a peu de sujets sur lesquels je serai d'accord avec eux, mais c'est à peu près tout ce que je leur reproche.

En revanche, si 76% des Français pensent qu'il y a une différence entre voter Mc Cain et voter Obama, alors c'est triste à dire (et d'ailleurs ça me fait de la peine pour eux), mais ce sont des cons. Bon, c'est sûr, c'est pas avec des prises de positions comme celle-là que je vais améliorer le taux de fréquentation de ce blog, mais après tout qu'est ce que ça peut faire ?


Pour ceux d'entre-vous qui, abreuvés d'articles débilisants chantant les louanges d'Obama (pour Le Figaro : Obama, candidat historique, pour Le Monde : Barack Obama, un destin américain, etc...), ont réellement fini par se convaincre que Barack Obama avait un petit quelque chose de Martin Luther King en lui, apprêtez-vous à recevoir un violent coup de pied aux fesses :


voir la video
(merci à ce blog pour le sous-titrage)






Ralph Nader par exemple ? Posez la question autour de vous, on vous demandera sans doute : "Nader, qui c'est celui-là ?"

Vous avez également Cynthia McKinney à la tête du Parti Vert. J'ai posté une vidéo à son sujet dans un billet en janvier dernier.


Pendant des mois, on nous a rabattu les oreilles avec le "duel" Hillary Clinton vs Barack Obama, sans jamais nous parler des autres candidats à l'investiture du Parti Démocrate, comme Mike Gravel (voir la vidéo) par exemple.
Le duel Clinton/Obama a d'ailleurs si bien accaparé l'attention qu'il a même totalement éludé la question de la course à l'investiture du Parti Républicain. On nous a présenté John McCain comme l'unique candidat, sans s'attarder sur Ron Paul (voir la vidéo, là encore merci à ce blog pour la vidéo et les sous-titres).



Et maintenant, dans le sprint final de ce qui n'est finalement qu'une vaste fumisterie, on nous inflige des tartines d'articles sur le duel McCain/Obama, sans jamais parler des autres (comme Ralph Nader par exemple).

D'ailleurs, la question posée dans le sondage du Nouvel Obs est éloquante :

L’élection présidentielle américaine aura lieu aux Etats-Unis le 4 novembre prochain. Si vous aviez la possibilité de prendre part à cette élection, pour lequel des deux candidats suivants y aurait-il le plus de chances que vous votiez ?
Barack Obama (Parti Démocrate) : 76%
John Mc Cain (Parti Républicain) : 10%
. (Aucun des deux) : 3%
. (Ne se prononce pas) : 11%




Une fois de plus, on retrouve l'idée de "borner le débat", qui fonctionne à merveille.


Allez, je repose la question : et vous, si vous aviez la possibilité de participer à l'élection présidentielle américaine le 04 novembre prochain, pour qui voteriez-vous ?






jeudi 26 juin 2008

T'en veux de la fatwa ?




Je vais revenir sur l'affaire du mariage annulé qui a défrayé la chronique il y a quelques semaines.

J'ai appris la nouvelle sur le blog du Desdichado. J'ai eu l'occasion de dire ce que j'en pensais dans plusieurs commentaires ici et .


Sur cette affaire, il y a un article que je trouve très intéressant (hormis le titre, que je trouve débile), c'est celui que Mme Jacqueline LEDUC NOVI (avocate au barreau de Lille) a publié sur Agoravox.



Dans un des commentaires, je disais :


[...] Mais ce "vif débat de société", je le trouve globalement de très mauvaise qualité. En faisant une petite revue de presse c'est très clair, le son de cloche est identique partout : le mari a demandé, et le juge lui a accordé, point final. C'est un rappel des faits partiel et partial. C'est très difficile de trouver le moindre article dans lequel on comprend clairement que dans cette affaire le mari et la femme demandent la même chose, et que justement le juge appuie sa décision sur le fait que tous deux ont demandé la même chose. Quand je pose la question autour de moi : "le mari voulait l'annulation du mariage, mais la femme qu'est ce qu'elle voulait ?", à peu près personne ne sait répondre.
On a droit à un matraquage à sens unique, avec des articles du genre de celui que j'ai cité : "Condamnation unanime de cette décision de justice".

Il aurait été souhaitable que dans les médias, on puisse avoir accès à des débats contradictoires entre juristes en langage compréhensible, afin qu'on ait une idée plus précise des différentes jurisprudences possibles qu'on peut déduire de cette décision. Là on aurait su si cette décision porte réellement en elle les graines d'un risque pour le statut des femmes, ou si au contraire le juge de Lille a pris suffisamment de précautions en appuyant sa décision sur le fait que les deux époux étaient favorables à l'annulation du mariage.
Au lieu de ça, on nous gave littéralement de conneries comme celles de Fadela Amara, qui parle sans rire de "fatwa contre l'émancipation des femmes". C'est vraiment stupide.


Donc on a un "vif débat de société", avec beaucoup d'émotion, beaucoup d'indignation, malgré une connaissance des faits très partielle, et une compréhension potentiellement erronée de la décision et de son impact en matière de jurisprudence. Les conditions d'un vrai débat de société serein ne sont donc clairement pas réunies.



Je vais insister un peu plus sur la phrase de Fadela Amara. En fait c'est comme s'il y a avait eu un genre de concours, à qui se répandrait dans la presse pour sortir la plus grosse connerie. Et je pense qu'au jeu de la plus grosse connerie, c'est bien madame Amara qui a gagné : sa phrase est délicieusement empoisonnée.


Depuis la fatwa proférée par l'ayatollah Khomeni à l'encontre de Salman Rushdie pour son livre "les versets sataniques", le mot "fatwa" est en quelque sorte devenu synonyme de "condamnation à mort". Il est tout à fait évident qu'une fatwa émise par un quelconque ayatollah (un espèce de vieux type barbu extrémiste), c'est forcément quelque chose de totalement rétrograde, voir franchement moyenâgeux. D'ailleurs, juste pour rire, imaginez un peu que l'ayatollah en question soit l'un des chefs spirituels du Hezbollah, et qu'en plus sa fatwa porte sur les femmes... On frémit d'avance à l'idée du tissus de conneries qu'on s'apprête à lire, pas vrai ?

Allez chiche : vas-y coco, balance la fatwa !!!

Le type s'appelle Mohammad Hussein Fadlallah, il est ayatollah, il est l'un des chefs spirituels du Hezbollah, et sa fatwa date du 27 novembre 2007 (voir le texte complet) :


[...]
Sixièmement : L’Islam n’autorise l’homme d’exercer aucune forme de violence contre la femme. Il n’a pas le droit d’attenter à ses droits légaux qu’il doit respecter conformément au contrat de mariage, ni de la chasser de la maison, ni de l’insulter, de l’injurier ou de lui adresser des paroles dures. Cela constitue un péché pour lequel l’homme sera châtié par Dieu et poursuivi par la loi islamique.

Septièmement : Si l’homme exerce la violence physique contre la femme et que celle-ci se voit incapable de se défendre par un moyen autre que de lui rendre la pareille, cela lui est licite en tant que juste défense. Si l’homme exerce la violence juridique contre la femme en la frustrant de certains de ses droits conjugaux comme les dépenses ou la vie sexuelle, il est en son pouvoir de renoncer à ses obligations envers lui qui sont fixées par le contrat de mariage.

Huitièmement : L’Islam affirme que nul n’a de l’autorité sur la femme du moment qu’elle est pubère, adulte et autonome pour ce qui est de la gestion de ses propres affaires. Nul n’a le droit de lui imposer un mari qu’elle ne désire pas. Tout contrat de mariage doit être consenti par la femme. Sinon il est illégal et sans effets.
[...]



Ah ben merde alors... C'est pas "ou tout blanc, ou tout noir" ? C'est pas "les gentils contre les méchants" ?

L'avantage d'une vision simpliste, c'est qu'elle est simple et donc facile à appréhender. Son problème, c'est qu'elle est fausse.

Finalement, on en revient à la vidéo que je mentionnais dans un billet précédent, où chacune des deux nanas posait la question : "Est-ce là votre vision de moi ?".


Le préjugé sur lequel repose la phrase de Fadela Amara est aussi stupide et aussi moisi qu'un préjugé qui supposerait par exemple qu'en chaque curé sommeille un pédophile en puissance.


Le problème, c'est que madame Amara est Secrétaire d'Etat. Aujourd'hui en France un Secrétaire d'Etat peut sortir des petites phrases pourries comme le coup de la fatwa sans aucun soucis, sans avoir besoin de se justifier. Comme si ce dérapage là n'en était même pas un.



mardi 27 mai 2008

The Grand Chessboard : La Géopolitique pour les Nuls



Dans un billet précédent, je mentionnais le livre The Grand Chessboard: American Primacy and Its Geostrategic Imperatives (1997) de Zbigniew Brzezinski. Je disais :


[...] un livre très instructif, qui mériterait de s'appeler La Géopolitique pour les Nuls (voir la collection "pour les Nuls"). Brzezinski y dévoile sa vision impérialiste clairement assumée.




J'insiste sur le mot "impérialisme". Ce n'est pas une notion abstraite, une sorte d'accusation un peu floue dont on ne sait pas trop ce qu'elle signifie. L'impérialisme, c'est du concret. C'est une logique, une idéologie, avec ses penseurs et ses théoriciens. C'est également une politique, avec des moyens et des objectifs précis.

Le bouquin de Brzezinski, écrit en 1997, nous aide à y voir un peu plus clair. Michael Ruppert nous fait la lecture (cette présentation date de novembre 2001) :






lundi 28 avril 2008

Pour la suppression des machines à voter





Commençons par un brin d'humour : une vidéo poilante de TheOnion, sous-titrée par Littlehorn.




Dans cette parodie de journal télé, la présentatrice explique qu'au cours d'un bug lors d'une démonstration, les machines à voter ont accidentellement révélé le nom du futur vainqueur de l'élection présidentielle aux Etats-Unis (qui s'avère être John McCain). "C'est en effet la première fois que le résultat d'une élection présidentielle est révélé plusieurs moins avant le scrutin". C'est trop bon de voir les micro-trottoirs bidonnés (y compris le type qui dit qu'il s'en fout, puisqu'il aurait voté McCain de toutes façons). On enchaîne sur le porte parole de Hillary Clinton qui affirme que la candidate ne se retirera pas de la course à l'élection pour autant : comme prévu, elle attendra que sa défaite lui soit communiquée le jour de l'élection et elle fera semblant d'être surprise. Puis on passe à l'interview du Directeur des relations publiques de la société qui commercialise les machines à voter, qui explique qu'il est désolé pour ce malheureux incident, et qui s'engage solennellement à ce que son entreprise mette tout en oeuvre pour éviter de se faire gauler à nouveau. "Nous continuerons à préserver l'illusion de la démocratie du mieux que nous pourrons", etc... C'est très bon, j'aime beaucoup.







Mais la réalité est-elle si différente ?





Les machines à voter ne sont pas fiables. Pour s'en convaincre, on peut par exemple se référer à l'étude menée par les chercheurs de l'université de Princeton : voir l'article (voir la vidéo en grand format).


A voir également, un reportage de quelques minutes sur i-télé :







En France, sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy ministre de l'intérieur en 2003 (cf arrêté du 17 novembre 2003), nous sommes 1.5 millions dans 82 communes à utiliser le vote électronique (voir article).

Pour des articles intéressants sur la situation en France, on pourra consulter celui-ci, et plus récemment celui-là.
L'article wikipédia sur le vote électronique est également très bon (plein de sources).


Citons également l'incontournable http://www.ordinateurs-de-vote.org et sa pétition en ligne, que vous êtes priés d'aller signer illico.






Pour ceux qui veulent aller plus loin au le sujet des fraudes électorales aux machines à voter lors des élections de 2000 et de 2004 aux Etats-Unis, je ne saurai que trop vous conseiller le visionnage du documentaire Hacking-Democracy (voir la vidéo : La démocratie piratée - VO sous-titrée).
Ca dure 1h20 et ça traîne un peu en longueur. C'est dommage, le tout aurait probablement tenu en 30 à 45 minutes. Malgré tout, c'est un documentaire intéressant : après avoir vu ça, on comprend mieux comment Al Gore a pu récolter un total de suffrages négatif dans certains bureaux de vote en 2000. Le documentaire montre également l'extrême passivité de John Kerry dans le jeu de dupes qu'a été l'élection présidentielle de 2004.



samedi 15 mars 2008

Dis Etienne, c'est quoi une Constitution ?




Avez-vous entendu parler d'Etienne Chouard ? Il est ce qu'on appelle un "citoyen ordinaire", agé d'une 50aine d'années, enseignant en BTS à Marseille. Il s'est découvert une conscience politique en 2005, au moment du débat sur le TCE, auquel il activement participé sur son site web.

Il a quelques réflexions intéressantes au sujet des institutions, de ce qu'est et de ce que devrait être une Constitution. Je vais essayer de résumer son point de vue en quelques phrases :


Une Constitution sert à établir les règles du pouvoir. Le rôle d'une Constitution est d'organiser les pouvoirs en les divisant pour les affaiblir et les contrôler, permettant ainsi de prévenir toute dérive absolutiste.
En tant que citoyens, nous devrions être extrêmement vigilants au moment de l'écriture des règles du pouvoir, et en particulier sur le choix des personnes à qui nous confions la responsabilité de définir les pouvoirs et leurs limites.
Son idée principale se résume par la formule : ce n'est pas aux hommes de pouvoir d'écrire les règles du pouvoir.
Ce n'est pas aux hommes de pouvoir d'écrire les règles du pouvoir, parce que ce serait les placer dans une situation dans laquelle ils sont à la fois juges et parties. Consciemment ou non, ils sont personnellement intéressés à assurer l'impuissance politique des citoyens entre deux élections.


Pour aller un peu plus loin, je vous propose un article dans lequel il développe ce point de vue.




Dans une chronique sur Radio Grenouille, Etienne Chouard propose également quelques éléments qui pourraient faire partie d'une Constitution d'origine citoyenne :





Il s'est lancé dans un projet de rédaction d'une proposition de Constitution sur un wiki (site internet collaboratif) avec tous ceux qui souhaitent y participer.




lundi 25 février 2008

Qu'est ce qu'on attend pour exiger la destitution de Nicolas Sarkozy ?




L'impopularité ne change strictement rien

En mai dernier, au lendemain de l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, j'ai entendu une information à la radio : pour la n-ième fois, le présentateur annonçait une baisse de la popularité de G. W. Bush dans les sondages aux Etats-Unis.


Cette information m'a inspiré deux réflexions.

1) La première, c'est que tôt ou tard, cette situation se produirait également chez nous. Nicolas Sarkozy ayant été élu sur la base de promesses contradictoires et incompatibles (ce que montre très bien le sociologue Eric Fassin dans le film Réfutations), il était clair que le mythe de l'homme politique providentiel (rendu possible par l'extrême passivité des médias, très peu prompts à dénoncer ses mensonges, ses contradictions et son bilan en tant que Ministre de l'Intérieur) ne durerait pas. Il m'avait donc semblé clair que comme Bush aux Etats-Unis, Nicolas Sarkozy serait tôt ou tard un président très impopulaire. La seule inconnue était le temps qu'il faudrait pour qu'une bonne partie de ses électeurs se rendent compte qu'ils s'étaient laissés tromper.


2) Mais la deuxième réflexion, c'est que cette impopularité ne change strictement rien. Bush a beau être impopulaire, il a beau être qualifié de "pire président de l'histoire des Etats-Unis" (article Washington Post), cela ne fait aucune différence. Bush a "fait le boulot", et il continue à mener le travail de sape en profondeur qu'il a engagé. Pour s'en convaincre, il suffit de connaître l'attachement des citoyens américains à la question de leurs "libertés individuelles" (leur attachement à la Constitution des Etats-Unis, au IVe amendement, au Habeas Corpus, etc...), et de le comparer avec la situation telle qu'elle est aujourd'hui (le Patriot Act, le Military Commissions Act, le Violent Radicalization and Homegrown Terrorism Prevention Act, etc...) pour mesurer l'étendue du chemin parcouru, et l'ampleur des régressions, en seulement quelques années.



Il en va de même en France : même si Nicolas Sarkozy est au plus bas dans les sondages, cette impopularité ne l'empêchera pas de réaliser le méticuleux travail de sape dans lequel il s'est engagé. Car là aussi, c'est bien d'un travail de sape qu'il s'agit.






Un comportement indigne d'un Président de la République


Nicolas Sarkozy utilise sa vie privée de façon ostentatoire comme technique de diversion permanente.
Cette attitude est incompatible avec celle d'un Président de la République.


Son attitude et ses déclarations à l'emporte pièce qui consistent à dire un jour une chose et le lendemain son contraire (avec les cheminots, avec les pêcheurs, sur le pouvoir d'achat, etc...) font de nous la risée des médias du monde (voir ici ou ).
Cette attitude est incompatible avec celle d'un Président de la République.


La politique de chasse à l'homme avec des objectifs chiffrés d'expulsions, est une politique coûteuse, qui provoque toutes sortes d'aberrations : bébé de 15 mois enfermé dans un centre de rétention ; expulsions de touristes, à leur arrivée ou alors qu'ils s'apprêtaient à repartir ; expulsion d'un avocat de 70 ans, qui réside en France depuis 45 ans, marié à une Française depuis 15 ans, père d'un garçon de 22 ans, inscrit au barreau d'Aix-en-Provence depuis 28 ans ; expulsion d'un homme adopté par une famille française ; rétention d'une mère, son enfant de 11 ans restant seul, etc... Une politique du chiffre pour le chiffre qui crée des situations humainement inacceptables qui déshonorent notre pays.


Nicolas Sarkozy revendique un héritage Gaulliste mais veut imposer sans le moindre débat la réintégration complète de la France dans l'OTAN. Il se fait le soutient inconditionnel des néo-conservateurs américains, viole la Charte de Nations-Unies en proférant des menaces militaires à l'encontre d'un pays qui ne présente pas une menace directe pour notre sécurité. Ce manque de retenue a des conséquences graves pour l'image et la crédibilité de notre pays.






Un Président de la République qui piétine notre Constitution


Mais il y a encore plus grave. Nicolas Sarkozy s'en prend directement, frontalement, à ce constitue les fondements de notre République : sa Constitution.


"La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée". (Article 1er - Constitution de 1958).

Une Constitution qu'il est tenu de respecter et de défendre :
"Le Président de la République veille au respect de la Constitution" (Article 5 - Constitution de 1958).


Or Nicolas Sarkozy piétine délibérément notre constitution. Il s'attaque à plusieurs points de l'article 1er :




"La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale."

Nicolas Sarkozy n'est pas laïque. Le concept de "laïcité positive" dont il revendique la paternité n'est pas de lui : ce sont les propos de Benoit XVI, prononcés le 11 octobre 2005. La position de Nicolas Sarkozy correspond exactement à la vision papale de la place de la religion dans la société. Nicolas Sarkozy va même jusqu'à affirmer sa volonté de réintroduire l'enseignement religieux à l'école publique.
Cette attitude est incompatible avec celle d'un Président de la République.





"La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale."

Le traité de Lisbonne, présenté comme "nouveau" ("mini", "modifié", "simplifié") et dont Nicolas Sarkozy revendique la paternité, n'est ni plus ni moins que le traité rejeté lors du référendum de 2005, rendu volontairement illisible (dixit Valéry Giscard d'Estaing). Nicolas Sarkozy a menti lorsqu'il a demandé aux représentants du peuple de désavouer le peuple. Ces mensonges à répétition ont pour effet d'affaiblir notre démocratie.

Et que dire de son dernier coup tordu pour tenter de contourner la décision du Conseil Constitutionnel ? (Voir également l'article de Sébastien Fontenelle : "Nicolas Sarkozy défie la démocratie").
Cette attitude est incompatible avec celle d'un Président de la République.




"La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale."

Le démantèlement systématique des progrès sociaux hérités du Programme du Conseil National de la Résistance constitue le coeur de sa politique économique et sociale. Nous avons déjà assisté à la réécriture du Code du Travail qui, contrairement à ce qui avait été annoncé, ne s'est pas faite à "droit constant". Et maintenant, il s'agit de liquider l'héritage du Programme du Conseil National de la Résistance ?
Cette attitude est incompatible avec celle d'un Président de la République.



Comme Georges W. Bush s'est appliqué à piétiner la Constitution américaine, Nicolas Sarkozy s'applique à piétiner notre Constitution française.







Four more years ?


"Four more years !" (4 ans de plus !). C'était le slogan des partisans de G. W. Bush lors des élections présidentielles de 2004 aux Etats-Unis.


Four more years !! Four more years !! Four more years !!



Four more years, c'est le temps qui nous sépare des prochaines élections présidentielles en France. En êtes-vous si sûrs ?

Sommes-nous condamnés à 4 ans de plus de magouilles, de mensonges, et d'attaques sans relâche contre les valeurs de notre République ?

Une fois de plus, les Etats-Unis fournissent un support de réflexion intéressant. Des initiatives populaires comme Impeach Bush, bien qu'elles soient à la fois timides et bien tardives, sont sources d'inspiration.

Sans un objectif clair, nous sommes condamnés à subir les effets de cette politique indigne de la France, et nous sommes condamnés à voir notre Constitution bafouée par celui qui a la responsabilité de la défendre. Les sondages défavorables n'auront aucun impact, ni sur le contenu de sa politique, ni sur sa manière de la mener. Si nous voulons défendre notre Constitution et les valeurs de notre République, nous devons faire en France ce que les citoyens Américains auraient du faire chez eux il y a bien longtemps. Nous devons exiger la destitution de Nicolas Sarkozy. Cette destitution peut s'obtenir de façon démocratique et pacifique.






Manquement à ses devoirs => Destitution


Dans une démocratie comme le Vénézuela, le Président de la République est soumis à un référendum révocatoire à mi-mandat. En France, nous n'avons pas un tel outil à notre disposition.

Mais dans notre démocratie, dont le principe est : "gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple", (Article 2 - Constitution de 1958), rien ne nous empêche d'exiger la tenue d'un référendum révocatoire dans les plus brefs délais.
Dans une démocratie, on obtient ce qu'on veut, à condition d'être suffisamment nombreux à l'exiger.


En piétinant notre Constitution qu'il est censé défendre, Nicolas Sarkozy se rend coupable d'un manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec sa fonction de Président de la République. Or, comme l'indique l'article 68 de notre Constitution :
"Le Président de la République ne peut être destitué qu'en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l'exercice de son mandat. La destitution est prononcée par le Parlement constitué en Haute Cour".

La procédure de destitution est détaillée dans cet article.

Il est à craindre que nos représentants, aveuglés par des luttes partisanes, n'aient pas spontanément le courage de défendre notre Constitution en s'élevant contre un Président de la République qui la menace. Mais nous pouvons les y contraindre. De façon démocratique et pacifique.








Sortir de la torpeur

Nous sommes sans doute nombreux à penser que nous en avons déjà assez vu, et que cette mascarade a assez duré. Il est temps d'y mettre un terme. De façon démocratique et pacifique.

Alors évidemment, ce ne sera pas simple, ça ne se fera pas tout seul, et ce ne sera pas de tout repos. Nous aurons à convaincre une classe politique trop lâche et trop frileuse qui dans un premier temps refusera de prendre ses responsabilités. Nous aurons probablement également à subir l'hostilité des médias dominants, qui défendront sans doute Nicolas Sarkozy bec et ongles. Profitons-en pour réaffirmer haut et fort le fait que l'indépendance et le pluralisme des médias doivent impérativement devenir des questions politiques prioritaires dans ce pays !



Ce ne sera pas simple, mais nous avons des moyens :
  • Tout d'abord, en discutant ! Avec vos proches, vos amis, vos collègues. L'idée de la destitution d'un Président incapable d'assumer ses fonctions et qui menace notre Constitution, doit sortir du tabou dans lequel elle est enfermée. Cette idée doit être reprise, commentée, discutée, agitée.
  • Il faudra signer et faire circuler toutes les pétitions qui iront dans ce sens.
  • Il faudra contacter nos représentants, et exiger d'eux qu'ils nous représentent.
  • Il faudra manifester pacifiquement, le week-end d'abord.
  • Et si ça ne suffit pas, il faudra sans doute également faire grève, jusqu'à ce que nous obtenions gain de cause.




A la question : "peut-on obtenir la destitution de Nicolas Sarkozy ?", la réponse ne dépend que de nous. Si nous sommes prêts à nous mobiliser, alors la réponse est "oui", sans aucun doute. En revanche, si nous ne sommes pas prêts à défendre les valeurs de la République, alors il faudra en tirer les conclusions qui s'imposent : cela signifierait que nous ne méritons pas mieux que Nicolas Sarkozy.


Dans les semaines et les mois à venir, les questions auxquelles nous aurons à répondre, collectivement et individuellement, sont donc :
  • A-t-on quatre ans de plus à perdre avec Nicolas Sarkozy ?
  • Va-t-on permettre qu'un Président de la République bafoue continuellement notre Constitution et les principes de notre République ?
  • Va-t-on oui ou non se mobiliser pour exiger sa destitution ?




vendredi 22 février 2008

Zigouiller l'héritage du Programme du CNR



Il y a quelques mois, j'ai publié un billet dans lequel je reprenais l'appel à commémorer les 60 ans du Programme du Conseil National de la Résistance.


A cette occasion, j'ai donné des liens vers les transcriptions de 4 émissions de radio Des Sous et Des Hommes sur AligreFM, au cours desquelles Pascale Fournier recevait successivement Raymond Aubrac (Grand Résistant), Philippe Dechartre (Grand Résistant, ancien ministre du Général De Gaulle et Doyen du Conseil Economique et Social), Maurice Kriegel-Valrimont (Grand Résistant, Commandant national des forces françaises de l’intérieur en 1944) et Stéphane Hessel (Ambassadeur de France, Résistant qui a rejoint le Général de Gaulle en 1941, déporté à Buchenwald et à Dora).


Quelques extraits de ces quatre interviews :


Raymond Aubrac : 1er mars 2005

Le programme du CNR a été un acte très important et finalement nous avons fait un appel pour essentiellement deux raisons : premièrement, le fait que le gouvernement ait complètement occulté la commémoration de la signature de ce programme et deuxièmement le fait qu' un certain nombre des actes et des décisions politiques que préconisait le Programme est petit à petit détruit, grignoté et détruit par la politique actuelle.


Alors le Programme du CNR est important parce que, d’abord, il symbolise l’unité de la Résistance. Si on avait laissé les choses aller sans un combat très sérieux pour l’unité de la Résistance, la France aurait pu se trouver à la Libération dans un état de guerre civile comme la Pologne, la Yougoslavie ou la Grèce. En réalité, l’unité de la Résistance a été, dans l’ensemble, indiquée et demandée par le Général de Gaulle et réalisé par Jean Moulin qui est arrivé, non sans peine, après beaucoup de négociations très difficiles, à obtenir la réunion du Conseil National de la Résistance, réunissant une majorité de gens d’inspiration de gauche mais aussi des représentants de tous les milieux de la Résistance, y compris des milieux modérés et des milieux de droite. Et après plusieurs mois de négociations difficiles dans les conditions de la clandestinité, l’ensemble de ces représentants, de toute la France qui résistait, est arrivé à formuler un programme.

[...]

Le programme du CNR, comme vous le dites à juste titre, voulait en gros établir une démocratie plus tolérante, plus efficace, plus juste. C’est un programme basé surtout sur la justice. Il préconise, il demande la nationalisation des grands moyens de productions, des banques, des compagnies d’assurances. Il demande l’établissement d’une sécurité sociale qui garantisse à tout le monde un niveau de vie suffisant. Il demande la liberté de la presse surtout vis-à-vis des puissances d’argent. Et en effet dans les premières années après la Libération, un certain nombre de ces recommandations ont été suivies d'effets. Et puis avec le temps, avec les équilibres de forces politiques, on constate maintenant que petit a petit ce qui a été fait par une France exsangue, détruite, malheureuse, pleine des blessures de la guerre est petit a petit détruit, défait par une France qui est maintenant dix fois, vingt fois plus riche qui aurait pu continuer dans cette voie de progrès et qui ne le fait pas !

[...]

J’ai l’impression que l’ensemble des médias est entre les mains d’un nombre très limité de gens. Et que le hasard fait, le hasard j’insiste la-dessus ! , fait que ces gens sont en même temps des grands financiers, des grands capitalistes. Quand je dis le hasard, naturellement, c’est par dérision... Il est clair que c’est à cause de leur puissance économique, de leur puissance financière, de leur poids politique aussi qui va avec, qu’ils ont pu mettre la main sur les médias, et la puissance publique a été impuissante à les en empêcher, pour autant qu’elle ait essayé de le faire, ce que je ne crois pas.





Philippe Dechartre : 8 mars 2005

Parce que bien sûr les conditions ne sont pas les mêmes, on n’est pas en 44, le monde a changé, il va vers ailleurs et il ne faut pas constamment avoir un regard en arrière, il faut avoir un regard en avant. Mais il se trouve qu’il y a des situations qui aujourd’hui rappellent les situations que nous avons vécues, dans un autre contexte, bien sûr, -ce n’est pas identique, mais c’est semblable.

Qu’est-ce qui s’est passé, qu’est ce que se passait en 44 ? Les résistants avaient une idée en tête: premièrement, c’était de chasser l’occupant du pays - quelle utopie ! Mais qui a réussi...- , c’était battre l’armée allemande, faire quelle sorte de France, libérer le territoire! C’était aussi tuer le nazisme, qu’on ne connaisse plus cet enfer cette horreur. Il fallait éradiquer ce monstre. C’était quand même les deux grands piliers de notre comportement. Mais un tel effort, un tel risque, une telle volonté, et j’allais dire soutenu par un immense espoir, c’était pour quoi en définitive ? C’était pour que les lendemains soient meilleurs que ceux que nous avions connus. C’était pour que les forces que nous avions mises dans le combat, on les mette à construire l’avenir. Non seulement pour reconstruire la France qui avait été mutilée, mais pour reconstruire l’Homme et pour lui donner sa vraie place dans la société. C’était ça, c’était un combat qui marquait, bien que nous n’étions pas simplement des existentialistes du moment, mais des hommes qui agissaient pour construire l’avenir et pour construire un avenir où l’Homme serait plus libre et serait plus heureux. Pour construire un monde nouveau.

[...]

Il y avait cette idée, cette idée importante qui était d’ailleurs une idée de De Gaulle et je le cite presque dans les termes où au cours d’une conversation il me l’a dit lui même : « Le progrès économique, bien sûr c’est nécessaire à la vie d’une nation, c’est essentiel, mais il ne faut jamais oublier que la seule finalité du progrès économique, c’est le progrès social ».

Et bien aujourd’hui, dans des conditions moins dramatiques d’aspect, d’apparence, enfin différentes dans tous les cas fondamentalement, les mêmes problèmes se posent. Il s’agit bien sûr de construire un autre monde, mais dans lequel l’individu sera libre mais en même temps l ‘Etat sera présent. De construire un monde où l’économie sera prospère mais où le social ne sera jamais négligé. Où le marché jouera son rôle et l’industrie sera libre, mais où ce qui importe à l’Etat, au contrôle de l’Etat, restera sous le contrôle de l’Etat.

Et c’est pourquoi un certain nombre d’hommes qui se sont engagés dans la résistance pour des raisons militaires d’abord, des raisons patriotiques ensuite, et pour des raisons de construction de l’avenir, retrouvent, retrouvent leur élan, retrouvent leur espoir pour dire : « Attention! Aujourd’hui les dangers sont les mêmes dans un contexte tout-à-fait différent, mais cela appelle aussi notre vigilance, notre action et notre prise de parole ». C’est le sens de ce papier que nous avons signé.

[...]

Le citoyen est en danger, - c’est Anatole France qui disait ça - , le citoyen est en danger quand l’Etat est faible. Bien entendu si on laisse la jungle prospérer, on risque de mauvaises rencontres... Il faut que l’Etat soit là pour à la fois animer, donner de l’élan et contrôler, contrôler les appétits. L’organisation est absolument nécessaire. Par exemple tout bêtement au niveau du territoire, le rôle du préfet reste un rôle essentiel parce que il est l’argument de la cohésion, de la cohésion de la nation. Il faut cela, à la fois sur le plan économique, sur le plan social, et puis sur le plan de la vie politique. Alors cela ne veut pas dire qu' il faut le « tout-Etat »! Pourquoi on en parle aujourd’hui avec crainte, de l’Etat ? C’est parce que il y a eu des idéologies millénaristes qui étaient entièrement construites sur l’absolu de l’Etat et donc qui ne faisaient pas la part de la vie, la part de l’improvisation, la part de l’espoir individuel, de la conquête individuelle du monde, qui compte aussi pour un homme, pour une société. C’est la chute du nazisme, c’est la chute du fascisme, c’est la chute du communisme, la chute des idéologies millénaristes construites uniquement sur la dictature de l’Etat qui a fait qu' aujourd’hui un certain nombre d’hommes et de femmes ont pensé que il fallait laisser aller les choses.
Et bien, laisser aller les choses ou tout concentrer dans l’Etat, c’est la même erreur. Il faut un équilibre des deux. Il faut la spontanéité, et il faut en même temps le contrôle et l’organisation.



Maurice Kriegel-Valrimont : 15 mars 2005

Le programme du Conseil National de la Résistance, en 44, 45 et même 46, a reçu dans un certain nombre de domaines, et en particulier en matière de sécurité sociale, de retraites, de législation scolaire, d’organisation des grands services publics nationalisés et sur un certain nombre d’autres points très importants, des mesures d’application réelle. Ce programme n’est pas resté un programme. Il est devenu un élément de la vie nationale. Et sur ce plan, cet aspect des choses reste dans la vie sociale de la France. La sécurité sociale est un élément constitutif des rapports sociaux français. Or de la façon la plus évidente la Sécurité Sociale est fille de la Résistance. Toute contestation sur ce point est une sottise.

Alors cela est d’autant plus important à l’heure actuelle qu’un certain nombre de ce qui a été réalisé dans les années de l’immédiate après-guerre est actuellement en voie de suppression. Toute une série des mesures qui ont été acquises à ce moment sont mises en question. Il est donc d’une actualité évidente pour les gens qui ont été dans une certaine mesure les artisans de cette transformation de la vie française, qu'ils sont évidemment concernés par la mise en cause de ce à quoi ils ont participé à l’époque.

[...]

Pascale Fourier : Mais certains pourraient vous dire : « Oui, mais il n’y a plus de sous dans les caisses de l’Etat. C’est une nécessité de sabrer la sécurité sociale, les retraites etc! » .

C’est effectivement ce que l’on dit. Seulement ce que l’on dit est d’une inexactitude hurlante si j’ose dire. Pour une raison qui tombe sous le sens et on est surpris que les gens osent le formuler de cette façon. Pour qui a connu 1944, la situation de 1944, qu’est- ce- que c’est? La plupart des ponts en France sont cassés. Les communications sont très difficiles. Les chemins de fer sont dans une situation extrêmement difficile, compliquée et à refaire. Du charbon il n’y en a guère. De l’énergie il n’y en a presque pas. Prenons ce dernier exemple: si vous comparez l’énergie disponible en 1944 et en 2005, non seulement c’est infiniment plus, c’est un énorme multiple, il n’y a littéralement pas de comparaison possible! L’énergie disponible aujourd’hui par rapport à ce qui est le lendemain de la guerre, c’est des dizaines de fois de plus d’énergie disponible! Ca veut dire que les moyens dont le pays dispose sont infiniment plus importants!

Or ce qui est vrai, c’est que, quand nous avons institué la Sécurité Sociale et toute une série d’autres mesures, il y en a qui nous ont dit : « Vous êtes fous! Le pays est dans une situation lamentable! Tout est à refaire, et pour commencer vous imposez là-dessus un élément supplémentaire de charge!ù! ». Heureusement que nous étions des très jeunes gens et nous avons bousculé ce genre d’objections!

[...]


Or quelle est la caractéristique de tout ce qu’on peut appeler des progrès dans les rapports des hommes et des femmes, - et les femmes sont concernées puisque depuis des siècles elles sont en situation maintenue d’infériorité. Qu’est-ce qui permet d’obtenir des résultats ? Qu’est-ce qui assure la réalisation de perspectives, d’espoir qui ne sont pas déçus ? Eh bien, la chose est d’une parfaite évidence! Quand les problèmes sont soustraits au débat et à l’examen, quand ils deviennent des techniques de gouvernement et qu' on oppose ce qu’on appelle « la rue » à des décisions soi-disant majoritaires, mais camouflés dans des endroits qui ne sont pas accessibles à la volonté générale, eh bien, on fait ce que l’on veut, mais ce qui n’est pas conforme à l’intérêt commun.
Or la seule correction efficace à ce phénomène, c’est le fonctionnement démocratique, c’est la participation réelle des gens concernés aux problèmes qui les concernent.

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Donc l’objectif immédiat doit être de rétablir le fonctionnement démocratique réel, que ce soit en matière d’élections politiques, que ce soit en matière de fonctionnement des organisations sociales, que ce soit dans le domaine associatif en général. C’est totalement décisif ! Et de ce point de vue-là, ben, on ne peut pas fixer de dates.... Dans l’Histoire sociale et dans l’Histoire politique, la prétention au prophétisme est toujours un peu puérile.... Donc les dates ne sont pas disponibles... Mais la réalité du phénomène, en ce qui me concerne, pour les avoir vécu un certain nombre de fois, ça ne fait aucun doute! Ce qui s’est produit comme conséquence d’un certain nombre de données se produira encore! Et dans le monde, il existe des signes nombreux qui montrent que les gens ne sont pas disposés à laisser faire indéfiniment ce qui va à l’encontre de leurs intérêts évidents.


[...]

Sur ce plan je passe le relais... Je vais avoir très rapidement 91 ans, ce n’est pas à moi de le dire... J’ai le droit d’avoir une opinion la dessus, mais cela dépend des gens qui vont faire la suite. En 1944, nous avions 30 ans, et nous avons fait ce qu’il y avait à faire. Y compris sur le plan que vous évoquez. Maintenant, c’est à ceux qui ont 30 ans de le faire. Et non seulement je ne prétends pas leur dicter ce qu’ils ont à faire, d’une certaine manière je me l’interdit parce que c’est à eux que ça appartient. En ce qui me concerne je n’ai pas de doutes au sujet du fait qu’ils trouveront les solutions adéquates. Il faut se rappeler que quelques semaines avant le déclenchement des événements de 68, celui qui était à l’époque le meilleur observateur de la politique française, Viasson-Ponté, disait explicitement : « Il se passe rien, il se passe rien, il peut rien se passer ». Et quelques semaines après, vous aviez l’énorme phénomène de 68. Donc il faut se méfier des prévisions un peu trop hâtives...




Stéphane Hessel : 22 mars 2005

[...] nous nous trouvons aujourd’hui à un moment important, dramatique presque, de la globalisation, de la mondialisation, de la victoire des formes et forces d’économie libérale. Et le souvenir que vous avions, c’est qu’en 1944, nous étions convaincus que la France qui surgirait, sortirait de la guerre et de la Libération, devait être exemplaire sur un certain nombres de points qui se situaient exactement à l’inverse, à l’opposé, de ce qu’avait été Vichy, et à plus forte raison ce qu’avait été l’Allemagne nazie ou l’Italie fasciste ou l’Espagne franciste. Il y avait des valeurs auxquelles nous tenions à l’époque. Et nous avions le sentiment que si ces valeurs n’étaient pas assez clairement affirmées, nous risquions d’avoir une France qui ressemblerait à la 3ème République, au mieux, et pis encore, qui aurait des traits hérités de Vichy.

[...]

Ces valeurs sont relativement simples à définir. Elles consistent à ce que le citoyen joue un rôle décisif dans la construction de l’Etat. C’est ce que nous avons appelé et ce que nous appelons la Démocratie. Mais la démocratie réelle ne peut l’être que si les citoyens sont attachés à leur liberté, à leur possibilité de défendre leurs intérêts de citoyen, à la dignité de la personne humaine et aux droits qui y sont attachés. Tout cela, il faut le défendre contre des risques. Ces risques existent. Nous les avons connus pendant la guerre. C’étaient les risques du fascisme et du nazisme. Ce sont aussi aujourd’hui les risques d’une civilisation, d’une société exagérément dépendante des forces économiques, de ce nous avons appelé à l’époque « les féodalités économiques ». C’est contre cela que la Démocratie doit défendre ces propres valeurs : les valeurs sociales, les valeurs culturelles.

[...]

Nous avons voulu alerter nos concitoyens en leur disant : « Il y a 60 ans, c’est ça que nous voulions, et c’est ça que vous avez essayé d’obtenir. Et aujourd’hui c’est en danger. Tout cela est en danger ». La Sécurité sociale est en danger. Les retraites sont en danger. L’Education nationale pour tous, la Recherche, sont en danger. La presse … Prenons la presse… C’est scandaleux la façon dont la presse et les médias, en France, retombent constamment entre les mains des puissances d’argent, ou de ce que nous avons appelé à l’époque des « féodalités économiques ». C’est contre cela qu’il faut essayer de réagir. C’est naturellement le programme des partis de gauche en France de réagir. Mais il faut les soutenir, et il faut leur donner l’ambition de devenir aujourd’hui aussi persuasifs dans leur programme que l’ont été nos camarades du temps du Conseil National. Et n’oublions pas qu’à l’époque, ils vivaient dans la clandestinité. Ils couraient des risques. Aujourd’hui on ne court aucun risque. On peut affirmer ces valeurs. Et il faut les affirmer. Et il faut lutter pour qu’elles se transforment dans une action concrète.

[...]

Et nous n’avons pas le droit de dire que c’est difficile à défendre aujourd’hui, alors que ça aurait été plus facile jadis. Nous avons noté, dans cet appel, qu’à l’époque où nous proclamions ces valeurs, l’Europe était par terre, l’Europe était défaite, elle était pauvre. Aujourd’hui elle est riche. Elle est donc tout à fait capable de défendre ces valeurs. Il suffit de le vouloir, et il suffit de s’organiser entre européens.

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Je pense que c’est la force de cet appel dont nous parlons de précisément rappeler ces valeurs qui restent aujourd’hui aussi importantes à défendre qu’à l’époque. N’oublions pas d’ailleurs qu’à l’époque que vous évoquez, 40 et la suivante, une grande majorité des Français avaient accepté Pétain, Vichy, un régime qui était un régime réactionnaire qui faisait toute la place aux forces économiques et aucune place à la démocratie et aux forces sociales.

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Moi qui circule beaucoup en Europe, je rencontre partout des jeunes et des associations qui veulent une Europe sociale, une Europe énergique, une Europe qui se défend contre les dangers de la mondialisation libérale. Ces dangers, ils existent, et ils faut les combattre avec la même énergie et la même confiance que nous avons jadis combattu les armées allemandes et l’occupation de notre pays.



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Pourquoi est-ce si important de rappeler tout ça aujourd'hui ?


Parce que rien n'est jamais définitivement acquis, et parce qu'il semble bien que nous soyons condamnés à perdre ce que nous ne sommes pas prêts à défendre. C'est vrai pour tout, y compris pour l'héritage du Programme du Conseil National de la Résistance.



La politique économique et sociale de Nicolas Sarkozy est axée vers la destruction méthodique de tous les progrès sociaux obtenus par le Programme du CNR, l'héritage de la Résistance. C'est bel et bien cet objectif qui constitue le fil conducteur de sa politique économique et sociale, et qui lui donne toute sa cohérence.

Ce n'est pas moi qui le dis : ce sont Denis Kessler et Charles Beigbeder qui s'en félicitent !

Un article du Canard Enchaîné du 06 février dernier, repris (entre autres) sur ContreInfo et sur lucky-blog, nous rappelle l'info :





Kessler et Beigbeder semblent donc totalement décomplexés. La prochaine édition du dictionnaire des synonymes de la Novlangue consacrera indubitablement le rapprochement entre les mots "réforme" et "régression". Le mot "progrès" quant à lui a été définitivement rayé de la langue.





Il y a tout de même un tout petit truc qu'il convient de rappeler : la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale (Article 1er - Constitution de 1958).


Décomplexés ou non, il y a une chose que Nicolas Sarkozy et ses sbires doivent comprendre : il est des ruptures qui sont des trahisons.