mercredi 25 novembre 2015
Daesh : halte au double jeu sordide
Publié par
Fares
le
25.11.15
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Catégories : Conflit des civilisations, Désinformation, Médias, Politique, Terrorisme
mercredi 1 octobre 2008
Sondage exclusif : 76% des Français sont des cons !
Incroyable. Je viens de lire un sondage édifiant.
Selon un sondage publié dans le Nouvel Obs, 76% des Français voteraient pour Barack Obama, et 10% pour McCain.
Je n'ai rien contre les 10% qui voteraient pour McCain. Je pense qu'il y a peu de sujets sur lesquels je serai d'accord avec eux, mais c'est à peu près tout ce que je leur reproche.
En revanche, si 76% des Français pensent qu'il y a une différence entre voter Mc Cain et voter Obama, alors c'est triste à dire (et d'ailleurs ça me fait de la peine pour eux), mais ce sont des cons. Bon, c'est sûr, c'est pas avec des prises de positions comme celle-là que je vais améliorer le taux de fréquentation de ce blog, mais après tout qu'est ce que ça peut faire ?
Pour ceux d'entre-vous qui, abreuvés d'articles débilisants chantant les louanges d'Obama (pour Le Figaro : Obama, candidat historique, pour Le Monde : Barack Obama, un destin américain, etc...), ont réellement fini par se convaincre que Barack Obama avait un petit quelque chose de Martin Luther King en lui, apprêtez-vous à recevoir un violent coup de pied aux fesses :
Ralph Nader par exemple ? Posez la question autour de vous, on vous demandera sans doute : "Nader, qui c'est celui-là ?"
Vous avez également Cynthia McKinney à la tête du Parti Vert. J'ai posté une vidéo à son sujet dans un billet en janvier dernier.
Pendant des mois, on nous a rabattu les oreilles avec le "duel" Hillary Clinton vs Barack Obama, sans jamais nous parler des autres candidats à l'investiture du Parti Démocrate, comme Mike Gravel (voir la vidéo) par exemple.
Le duel Clinton/Obama a d'ailleurs si bien accaparé l'attention qu'il a même totalement éludé la question de la course à l'investiture du Parti Républicain. On nous a présenté John McCain comme l'unique candidat, sans s'attarder sur Ron Paul (voir la vidéo, là encore merci à ce blog pour la vidéo et les sous-titres).
Et maintenant, dans le sprint final de ce qui n'est finalement qu'une vaste fumisterie, on nous inflige des tartines d'articles sur le duel McCain/Obama, sans jamais parler des autres (comme Ralph Nader par exemple).
D'ailleurs, la question posée dans le sondage du Nouvel Obs est éloquante :
L’élection présidentielle américaine aura lieu aux Etats-Unis le 4 novembre prochain. Si vous aviez la possibilité de prendre part à cette élection, pour lequel des deux candidats suivants y aurait-il le plus de chances que vous votiez ?
John Mc Cain (Parti Républicain) : 10%
. (Aucun des deux) : 3%
. (Ne se prononce pas) : 11%
Une fois de plus, on retrouve l'idée de "borner le débat", qui fonctionne à merveille.
Allez, je repose la question : et vous, si vous aviez la possibilité de participer à l'élection présidentielle américaine le 04 novembre prochain, pour qui voteriez-vous ?
Publié par
Fares
le
1.10.08
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Catégories : Désinformation, Politique
mercredi 10 septembre 2008
Mais au fait, qu'est ce qu'on fout en Afghanistan ?
Au printemps 2007, pendant la campagne électorale qui a précédé l'élection présidentielle, le candidat Nicolas Sarkozy promettait retrait des troupes françaises d'Afghanistan (voir la vidéo). Sans surprise, il s'agissait d'un mensonge, un de plus.
Des renforts de troupes ont été envoyés depuis, et d'autres les rejoindront bientôt. La France est en guerre. Oui, la France est en guerre contre "le monde musulman". C'est ce qu'a affirmé le Premier Ministre François Fillon lundi 03 septembre au micro d'Europe1 (voir la vidéo, info reprise sur mondialisation.ca ) :
Intervenant sur Europe 1, Fillon a déclaré : « le conflit va durer, parce que les causes de ce conflit sont très profondes (…) C’est l’opposition entre le monde musulman et une grande partie du reste de la planète, c’est le conflit israélo-palestinien, c’est les déséquilibres économiques et sociaux qui règnent dans le monde ».
De l’aveu même du chef du gouvernement, l’armée française est donc en croisade contre le monde musulman auxquels appartiennent aussi, faut-il le rappeler, plusieurs millions de citoyens français. Et pour que cette provocation soit complète, Fillon a choisi le premier jour du mois de ramadan pour se lâcher.
C'est dans ce contexte que, samedi 06 septembre, a eu lieu la première manifestation anti-guerre à Paris pour réclamer le retrait des troupes françaises d'Afghanistan. Une manifestation à l'initiative des organisations : CAPJPO-EuroPalestine, Americains Contre la Guerre, Droits Devant !, Réseau Solidaire Citoyens, GUPS, Théâtre du Tiroir, Association Solidarité Mayenne Algérie, Enfants de Palestine, Comité Poitevin France Palestine, "5 minutes pour rêver", ASTR (Association de Solidarité Tourcoing Rafah), Niort pour la Palestine, Odile Tobner (auteur du livre « Le racisme français »), Jean Baumgarten (auteur de « Pâle Palestine »), CANT (Comité Anthony pour une Paix Juste et Durable au Proche-Orient), SOS Sexisme, ISM (International Solidarity Movement), MIR (Mouvement des Indigènes de la République), Collectif Bellaciao (lire le texte de l'appel).
Certaines pancartes posaient la question : "Que vont faire les troupes françaises en Afghanistan ?" (voir photo). Voilà une bonne question, qui mérite qu'on essaie d'y répondre.
La réponse qu'on entend le plus souvent de la part des hommes politiques est la suivante : "il faut envoyer nos militaires là-bas pour éviter qu'on ait des attentats ici".
Cette explication est tellement débile que je doute que quiconque puisse y croire sincèrement. Il semble au contraire évident que les militaires de l'OTAN sont considérés comme une armée d'occupation, et que par conséquent leur présence là-bas accroît considérablement le risque de représailles. D'ailleurs, si la notion de "démocratie" avait un sens pour ceux qui prétendent l'inculquer à coups de bombes dans la gueule, ils proposeraient un référendum aux Afghans afin que ces derniers puissent décider si oui ou non ils souhaitent une présence militaire étrangère sur leur sol.
Par ailleurs, pour couper court aux contre-vérités qu'on entend habituellement lorsqu'on aborde la question de l'Afghanistan, j'insiste sur le fait qu'il n'y a pas plus de preuves de l'implication des Talibans Afghans dans les attentats du 11 septembre qu'il n'y a de preuves de la présence d'armes de destructions massives en Irak (voir billet précédent). Je rappelle également que le 11 janvier dernier, Mr Yukihisa Fujita, député du Parti Démocrate du Japon, a remis en question la version officielle de l'administration Bush au sujet des attentats du 11 septembre lors d'une séance de questions d'une demi-heure au gouvernement Japonais (voir le billet précédent), pointant du doigt de nombreuses lacunes de la théorie officielle du complot islamiste. Il a ainsi demandé que toute participation militaire japonaise aux cotés des États-Unis en Afghanistan soit subordonnée à l'ouverture d'une enquête internationale. Cette prise de position semble tellement évidente, que dans tout pays démocratique digne de ce nom, n'importe quel député ayant un tout petit peu d'honneur devrait en faire autant.
Et enfin, rappelons également que même les membres de la Commission d'enquête mandatée par la Maison Blanche ne tentent même plus de défendre leur propre rapport d'enquête, tant les incohérences et les lacunes sont nombreuses (voir billet précédent) : 2 ans après avoir rendu leur rapport, les membres de la Commission d'enquête estiment qu'ils ont été trompés (article CBS). Le vice-président de la Commission d'enquête affirme même que l'enquête a été mise en place pour échouer ("set up to fail") (voir article CBC).
Pour plus d'informations au sujet des attentats du 11 septembre, on pourra consulter les quelques billets publiés sur ce blog, et le beaucoup plus complet Reopen911.info.
Si l'argument de la "guerre contre le terrorisme" n'est qu'un prétexte, un leurre, quelles sont donc les vraies raisons qui motivent l'envoi de troupes françaises en Afghanistan ? Je n'ai pas de réponse définitive à cette question. Mais en y réfléchissant un peu, j'entrevois quatre raisons. Deux sont à caractère général, et les deux autres sont plus spécifiques à l'Afghanistan.
1) Une opportunité de détourner de l'argent public
Je suis attendri par l'apparente naïveté de ceux qui, aux États-Unis ou ailleurs, parlent des budgets militaires alloués à la guerre en Irak en termes de "gaspillage".
Voici un graphique des 10 plus gros budgets militaires du monde en 2007 (cliquez sur l'image pour l'agrandir) :
C'est intéressant de mettre ce graphique en parallèle avec le discours d'adieu du Président Eiseihower en 1961, comme l'a fait l'auteur de ce billet de blog Le lobby militaire US a pris le pouvoir !.
Des budgets militaires colossaux, auxquels il faut rajouter des enveloppes conséquentes pour financer les opérations militaires en Irak et en Afghanistan, comme l'indique cet article Reuters :
War funding, which averaged about $93 billion a year from 2003 through 2005, rose to $120 billion in 2006 and $171 billion in 2007 and President George W. Bush has asked for $193 billion in 2008, the nonpartisan office wrote.
[...]
Since the September 11, 2001, attacks on the United States, Congress has written checks for $691 billion to pay for wars in Iraq and Afghanistan and such related activities as Iraq reconstruction, the CBO said.
Aux États-Unis, les guerres en Irak et en Afghanistan ont "coûté" 691 milliards de $ jusqu'à présent. Coûté à qui ? Au bénéfice de qui ?
L'une des fonctions de l'Etat est de collecter de l'argent public, et de le redistribuer. L'Etat, quel que soit sa couleur politique, effectue des transferts de richesse au sein de la société. Faire la guerre est l'un des moyens de transférer de l'argent public d'une catégorie de population vers une autre. A ce titre, aux États-Unis la situation est tout à fait caricaturale : un budget militaire équivalent à celui de l'ensemble des autres pays du monde réunis, et pourtant plus de 42 millions d’Américains ne disposent pas d’assurance maladie, soit 15 % de la population (cf document de la Direction de la recherche des études de l'évaluation et des statistiques).
Il ne s'agit donc pas du tout de "gaspillage" : cet argent n'est pas perdu pour tout le monde. Il s'agit simplement d'un choix politique. Un choix qui consiste à détourner l'argent public qui pourrait être affecté à l'amélioration des conditions de vies, au profit de l'industrie de l'armement. Le choix de la stratégie de la guerre permanente, "une guerre qui pourrait durer plusieurs décennies" selon Dick Cheney (article BBC).
2) Une vitrine pour faire la promotion des technologies des marchands d'armes
Lorsqu'un marchand d'armes comme Serge Dassault exprime ses voeux à l'occasion de la nouvelle année, il déclare sans rire : "Quand les hommes arrêteront-ils de s’entre-tuer au lieu de vivre ensemble dans un monde de tolérance, de considération, de paix, alors que d’autres menaces bien plus graves nous guettent tous ?".
L'hypocrisie de ce bonhomme n'a décidément pas de limite.
Un conflit militaire, c'est une formidable vitrine offerte aux marchands d'armes. C'est le point de vue développé dans ce très bon article publié sur Agoravox. Au passage, l'auteur y relate un fait divers presque banal, une "bavure" tristement classique ayant entraîné la mort de 7 gamins qui se sont pris un missile à plusieurs millions de dollars sur la figure, alors qu'ils étaient à l'école. Comme le dit l'auteur de l'article : "Viser une école, en sachant que c’en est une, est un acte hautement militaire. Répercussions, dans le monde, du scandale et du massacre : rien."
Participer à une guerre donc, c'est offrir une opportunité marketing formidable pour les vendeurs d'armes, ces derniers bénéficiant ainsi d'un théâtre d'opérations grandeur nature qui leur permet de faire la promotion de l'extraordinaire efficacité de leurs engins de mort, ces petites merveilles technologiques vendues à prix d'or.
Voilà pour les généralités. Mais l'afghanistan, c'est aussi le pipeline et la drogue.
3) Diminuer l'influence de la Russie, et contrôler l'approvisionnement de la Chine en hydrocarbures
L'Afghanistan, c'est évidemment le Pipeline Trans-Afghan, qui relie les gisements de gaz naturel du Turkmenistan (en mer Caspienne) à l'océan Indien, en passant à travers l'Afghanistan et le Pakistan.
Le billet précédent publié sur ce blog qui montre une présentation de Michael Ruppert (citant le livre de Zbigniew Brzezinski), apporte un complément d'informations intéressant sur ce point.
4) Assurer la pérennité de l'approvisionnement du trafic mondial en opiacés (morphine et héroïne)
Peut-être est-ce là le point le plus scandaleux des quatre. Le plus méconnu aussi. Lorsqu'on parle d'Afghanistan, en général on ne parle pas de drogue. C'est une erreur. S'il est à peu près clair que parler d'Irak ou d'Iran sans parler d'hydrocarbures est une stupidité, il devrait être tout aussi clair que parler d'Afghanistan sans parler de drogue est un non-sens.
Le régime des Talibans Afghans a été critiqué à juste titre pour de multiples raisons. L'une d'entre elles, et non des moindres, est que ce régime a longtemps été un régime de narco-trafiquants (cf article de juin 2000). Pendant de nombreuses années, l'Afghanistan et la Birmanie ont ainsi été les principaux producteurs d'opium, dont sont dérivées la morphine et l'héroïne.
L'organisme international qui fait référence en terme de chiffres sur les questions de drogue est l'UNODC (United Nations Office on Drugs and Crime), rattaché à l'ONU.
Leur rapport de 2007 (qui inclut de nombreuses données sur la culture de l'opium en Afghanistan) est disponible en ligne.
Les trois graphiques suivants sont issus de ce document (cliquez sur les images pour les agrandir) :
Lors de leur dernière année au pouvoir, les Talibans Afghans ont décidé d'enrayer le trafic de drogue. Cette opération a été un succès considérable, salué par l'ONU (article NY Times).
On passe ainsi de 82'000 hectares et 3'276 tonnes d'opium en l'an 2000, à 8'000 hectares et 185 tonnes l'année suivante. Soit une diminution de 90% de la superficie, et 94% de la production d'une année sur l'autre.
Ce succès montre qu'une réelle volonté politique de s'attaquer au problème permet d'obtenir des résultats très significatifs dans ce domaine.
Quelques mois plus tard, les Etats-Unis renversent le régime des Talibans Afghans et placent leur homme de main, Hamid Karzai, un consultant du groupe pétrolier Unocal (cf article CNN : "Karzai, a former lobbyist for the U.S. oil and gas company Unocal"), qui facilitera la construction du pipeline.
Et immédiatement, la production d'opium reprend son niveau historique. Dès 2002, la production reprend sur les mêmes bases qu'en 2000 (74'000 hectares et 3400 tonnes en 2002). Et la tendance est à l'emballement : la production, qui avait déjà battu les records en 2006, a fait un bond de +34% entre 2006 et 2007 (voir tableau page 9 du rapport de l'UNODC). Aujourd'hui, la superficie (193'000 ha) et la production (8'200 tonnes) sont plus de deux fois plus importantes que ce qu'elles étaient en l'an 2000.
Michel Chossudovsky est Professeur d'économie à l'Université d'Ottawa. En mai 2007, il a publié un article extrêmement intéressant dans lequel il accuse les forces de l'OTAN d'appuyer le trafic de drogue :
Les forces d’occupation en Afghanistan appuient le trafic de drogue, qui rapporte entre 120 et 194 milliards de dollars de revenus au crime organisé, aux agences de renseignement et aux institutions financières occidentales.
Les recettes de cette contrebande lucrative qui se montent à des milliards de dollars sont déposés dans des banques occidentales. La quasi-totalité de revenus reviennent aux grandes entreprises et aux syndicats criminels hors d’Afghanistan.
Lire l'article complet.
Aujourd'hui, l'Afghanistan représente à lui seul 92% de la production mondiale d'opium. La quasi-totalité de l'héroïne qui circule dans le monde provient donc des champs d'opium afghans. Les sommes en jeu sont considérables (en s'appuyant sur les chiffres de l'UNODC, Chossudovsky estime le montant global du trafic d'héroïne entre 120 et 194 milliards de dollars par an, dont 2.7 milliards vont aux producteurs locaux).
Ces sommes colossales sont blanchies, et d'une manière ou d'une autre sont réinjectées dans l'économie. Et c'est bien là le problème. Voilà qui soulève pas mal de questions.
Dans quelle mesure notre système économique précaire est-il dépendant de l'argent de la drogue ?
Dans quelle mesure les soldats français qui sont envoyés en Afghanistan (dont je ne doute pas que bon nombre d'entre eux sont convaincus d'agir pour la bonne cause) ont-ils in fine (et à leur insu) pour mission d'assurer la pérennité de l'approvisionnement mondial en héroïne ?
Le degré de cynisme et d'hypocrisie de ceux qui décident de les envoyer là-bas va-t-il jusque là ?
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Fares
le
10.9.08
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jeudi 6 mars 2008
Marion Cotillard et le 11 septembre : comment les médias écartent le débat
Le titre de ce billet rappelle celui publié en août dernier : Boutin et le 11 septembre : comment les médias étouffent le débat.
Lorsque l'actrice Marion Cotillard remet en cause la version de l'administration Bush à propos des attentats du 11 septembre, ses déclarations provoquent une tempête dans un verre d'eau. Et évidemment, nos vaillants journalistes se saisissent de cette question. Je n'en cite que quelques uns en vrac : France24, Yahoo Actualités, Libération, Programme TV, Télérama, Entrevue, Le Figaro, L'express, Actualités de Stars, LCI, 20 minutes, Le Point, JDD, Metro, Marianne, Le Monde, etc... Des plus futiles aux prétendument sérieux, de ceux qui se contentent de recopier les dépêches AFP à ceux qui prétendent faire de l'information, tout le monde s'y met.
En revanche, lorsque la semaine dernière, le 26 février, une projection du film Zéro (qui pointe les incohérences de la version officielle et les lacunes de la Commission d'enquête sur les attentats du 11 septembre) est organisée au Parlement Européen de Bruxelles, pas une ligne, pas une phrase, pas un mot.
Même chose quelques semaines plus tôt, le 11 janvier dernier, lorsque Mr Yukihisa Fujita (député du Parti Démocrate du Japon) remet en cause la version officielle, photos à l'appui, lors d'une séance parlementaire d'une demi-heure de questions au gouvernement retransmise en direct à la télé japonaise. Dans nos médias, pas une ligne, pas une phrase, pas un mot.
S'il fallait absolument donner quelques noms de personnalités qui remettent en cause la version de l'administration Bush concernant les attentats du 11 septembre, on irait plutôt jeter un coup d'oeil sur un site comme Patriots Question 9/11 (voir également cet article).
Alors pourquoi Marion Cotillard ? Pourquoi choisir de la mettre en avant ?
Parce que dans sa bouche, ces propos semblent tout droit sortis de nulle part. Dans sa bouche, ces propos semblent ne reposer sur rien de sérieux, rien de solide. C'est facilement assimilable à un pétage de plombs digne d'une Britney Spears ou d'une Paris Hilton.
En tant que créature médiatique, Marion Cotillard est facile à discréditer. Nos valeureux médias ne laisseraient pas passer une telle occasion de faire un peu d'intox à moindre frais.
Le débat qui découle de cette histoire est inévitablement : "une actrice célèbre peut-elle avoir des opinions controversées, même totalement saugrenues ?".
les contre : Non, Marion Cotillard est une personne célèbre, elle ne peut pas se permettre de raconter n'importe quoi. Il faut qu'elle fasse plus attention, sinon elle va ruiner sa carrière, et ce sera bien fait pour elle.
les pour : Oui, car sinon ce serait instaurer un délit d'opinion. Alors même si Marion Cotillard raconte n'importe quoi, les attaques contre elle vont trop loin.
Voilà. Ca, c'est ce que j'appelle un débat à la mords-moi-le-noeud. C'est un débat à la con parce qu'il fait passer au second plan le point essentiel : avant d'être une affaire d'opinion, cette histoire de 11 septembre est avant tout une question d'information.
La bonne question n'est pas : "qu'est ce que tu crois ?"
La vraie question est avant tout : "qu'est ce que tu sais ?"
On raisonne à partir de ce que l'on sait. Avant de se lancer dans des raisonnements, commençons par faire le bilan de ce que l'on sait. C'est le sens de la série de billets que j'ai faite sur le 11 septembre (il y en a d'autres à venir) : rappeler un certain nombre d'éléments qu'il me semble indispensable de connaître pour quiconque prétend avoir une opinion sur ce sujet.
Dans cette bulle médiatique Cotillard, cet aspect là du problème est totalement occulté.
D'une certaine manière, les médias nous encouragent à avoir des opinions lapidaires, tout en restant parfaitement ignorants.
Il me semble qu'il y a tout de même un aspect positif dans cette histoire.
A mon avis, il faut réagir en postant des commentaires à chaque fois qu'un journal raconte des salades. A chaque fois qu'ils mettent une interview truffée d'omissions, à chaque raccourci trompeur, il faut réagir et leur répondre de façon précise et concise en leur demandant de faire leur travail.
Il est important que les lecteurs puissent avoir un autre son de cloche en lisant les commentaires, et puissent ainsi trouver des infos et des liens qui leur permettent d'aller plus loin.
Pour la première fois, on a vu ce phénomène là sur le site de Marianne à la suite de l'article publié sur Marion Cotillard.
D'ailleurs les journalistes de Marianne ont réagit en postant un autre article. Je ne vais pas m'amuser à le commenter, ça risquerait de faire redondant avec ce qui précède.
Mais jugez plutôt par vous-même :
Marion Cotillard : Marianne2 cible des adeptes de Thierry Meyssan
Marianne2 a été littéralement pris d'assaut par des adeptes de Thierry Meyssan qui ont déversé leur haine et un flot de calomnies.
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Fares
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6.3.08
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mardi 22 janvier 2008
Pour une poignée de milliers-de-milliards de dollars
Parlons d'argent. Parlons du plus gros scandale financier de tous les temps.
Mais d'abord, un petit rappel pour lever toute ambiguïté : les termes "billion" et "trillion" n'ont pas le même sens en français et en anglais :
Trillion : http://fr.wikipedia.org/wiki/Trillion
Trillion en anglais : 10^12 (1 avec 12 zéros derrière), donc 1000 milliards
Trillion en français : 10^18 (1 avec 18 zéros derrière)
Billion : http://fr.wikipedia.org/wiki/Billion
Billion en anglais : 1 milliard
Billion en français : 1000 milliards
Donc un "trillion" (en anglais) est égal à un "billion" (en français) : soit 1000 milliards.
Si vous n'avez rien compris, relisez depuis le début. Reprenez calmement.
Mais si au bout de 3 fois vous n'avez toujours rien compris, cassez-vous et ne revenez pas sur ce blog.
Le 10 septembre 2001 (la veille des attentats donc), le Ministre de la Défense des Etats-Unis, Donald Rumsfeld, annonce la "disparition" de "2.3 trillion $" (en anglais) : soit 2300 milliards de $.
Lire l'article CBS et voir la vidéo.
Le Pentagone a "perdu la trace" de 2300 milliards de dollars (deux mille trois cent milliards de dollars) sur l'année fiscale 1999. Et également 1100 milliards de dollars sur l'année fiscale 2000.
Ce sont des sommes astronomiques : on est entrain de parler de l'évaporation de sommes qui sont supérieures au PIB de la France de l'époque.
A titre de comparaison, le scandale Enron en quelques chiffres :
- Une société qui avait un chiffre d'affaire de 100 milliards de $.
- 1 milliard de $ de délits d'initiés que se sont partagés 29 cadres dirigeants qui ont retiré leurs billes juste avant que l'action ne plonge.
- 67 milliards de $ de dettes.
- 20000 salariés à la porte.
- 2 milliards de $ de fonds de retraites évaporés.
Allez, comme je suis sympa, je vous rajoute aussi la société Andersen, ses 9 milliards de dollars de chiffre d'affaire et ses 85000 salariés. C'est cadeau, tout doit disparaître.
On le voit en comparant les chiffres : le scandale Enron ne pèse pas lourd en comparaison des 2300 milliards de $ dont parle Donald Rumsfeld. Cet aveu aurait pu (et aurait du) provoquer un véritable cataclysme politique outre-atlantique. Mais voilà, cette info est passée totalement inaperçue : le lendemain c'est le 11 septembre 2001. Les attentats contre les tours jumelles (et le Pentagone) occupent tout l'espace médiatique. Le plus gros scandale financier de l'Histoire passe à la trappe. Quel coup de bol !
Mais un coup de bol n'arrive jamais seul. Le 11 septembre 2001, l'attentat contre le Pentagone a lieu pile à l'endroit où était situé le système d'information des analystes financiers chargés d'enquêter sur la disparition de ces sommes (voir le documentaire Pandora's Black Box entre 6min30 et 6min55). Voir également la liste des victimes au Pentagone et la proportion importante de "accountants", "bookkeepers" et de "budget analysts".
Voilà qui vient compléter mon billet précédent à propos du Pentagone.
Certains tentent de forcer de vraies enquêtes sur ces questions, mais jusque là sans succès.
Voir l'intervention de la député Cynthia McKinney, et la réaction de Donald Rumsfeld : voir la vidéo (question n°2).
Sa question n°3 porte sur les exercices qui ont paralysé l'aviation américaine le 11 septembre : voir le billet précédent à ce sujet.
Si vous vous demandez où a bien pu passer tout ce pognon, sachez que vous n'êtes pas le seul. Posez donc la question à votre moteur de recherche favori : "where is the money ?" (où est l'argent ?), il vous répondra : http://www.whereisthemoney.org :)
Alors gringo, toi aussi tu veux ta part du magot ?
Ce que je trouve hilarant dans l'article de CBS mentionné plus haut, c'est l'utilisation du terme "waste" ("war on waste") : "gaspillage". Car évidemment, le fait que plusieurs milliers-de-milliards de dollars s'évanouissent dans la nature ne saurait être le fruit de détournement de fonds et de corruption. C'est totalement impensable !! Au pays des bisounours, lorsqu'une montagne de fric disparaît, on appelle ça "du gaspillage".
Dommage que l'inspecteur Colombo soit à la retraite. Il en aurait des choses à dire... "Heuuu, excusez-moi Mr Rumsfeld, j'ai une dernière petite question..."
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Fares
le
22.1.08
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Pour une poignée de milliers-de-milliards de dollars
Parlons d'argent. Parlons du plus gros scandale financier de tous les temps.
Mais d'abord, un petit rappel pour lever toute ambiguïté : les termes "billion" et "trillion" n'ont pas le même sens en français et en anglais :
Trillion : http://fr.wikipedia.org/wiki/Trillion
Trillion en anglais : 10^12 (1 avec 12 zéros derrière), donc 1000 milliards
Trillion en français : 10^18 (1 avec 18 zéros derrière)
Billion : http://fr.wikipedia.org/wiki/Billion
Billion en anglais : 1 milliard
Billion en français : 1000 milliards
Donc un "trillion" (en anglais) est égal à un "billion" (en français) : soit 1000 milliards.
Si vous n'avez rien compris, relisez depuis le début. Reprenez calmement.
Mais si au bout de 3 fois vous n'avez toujours rien compris, cassez-vous et ne revenez pas sur ce blog.
Le 10 septembre 2001 (la veille des attentats donc), le Ministre de la Défense des Etats-Unis, Donald Rumsfeld, annonce la "disparition" de "2.3 trillion $" (en anglais) : soit 2300 milliards de $.
Lire l'article CBS et voir la vidéo.
Le Pentagone a "perdu la trace" de 2300 milliards de dollars (deux mille trois cent milliards de dollars) sur l'année fiscale 1999. Et également 1100 milliards de dollars sur l'année fiscale 2000.
Ce sont des sommes astronomiques : on est entrain de parler de l'évaporation de sommes qui sont supérieures au PIB de la France de l'époque.
A titre de comparaison, le scandale Enron en quelques chiffres :
- Une société qui avait un chiffre d'affaire de 100 milliards de $.
- 1 milliard de $ de délits d'initiés que se sont partagés 29 cadres dirigeants qui ont retiré leurs billes juste avant que l'action ne plonge.
- 67 milliards de $ de dettes.
- 20000 salariés à la porte.
- 2 milliards de $ de fonds de retraites évaporés.
Allez, comme je suis sympa, je vous rajoute aussi la société Andersen, ses 9 milliards de dollars de chiffre d'affaire et ses 85000 salariés. C'est cadeau, tout doit disparaître.
On le voit en comparant les chiffres : le scandale Enron ne pèse pas lourd en comparaison des 2300 milliards de $ dont parle Donald Rumsfeld. Cet aveu aurait pu (et aurait du) provoquer un véritable cataclysme politique outre-atlantique. Mais voilà, cette info est passée totalement inaperçue : le lendemain c'est le 11 septembre 2001. Les attentats contre les tours jumelles (et le Pentagone) occupent tout l'espace médiatique. Le plus gros scandale financier de l'Histoire passe à la trappe. Quel coup de bol !
Mais un coup de bol n'arrive jamais seul. Le 11 septembre 2001, l'attentat contre le Pentagone a lieu pile à l'endroit où était situé le système d'information des analystes financiers chargés d'enquêter sur la disparition de ces sommes (voir le documentaire Pandora's Black Box entre 6min30 et 6min55). Voir également la liste des victimes au Pentagone et la proportion importante de "accountants", "bookkeepers" et de "budget analysts".
Voilà qui vient compléter mon billet précédent à propos du Pentagone.
Certains tentent de forcer de vraies enquêtes sur ces questions, mais jusque là sans succès.
Voir l'intervention de la député Cynthia McKinney, et la réaction de Donald Rumsfeld : voir la vidéo (question n°2).
Sa question n°3 porte sur les exercices qui ont paralysé l'aviation américaine le 11 septembre : voir le billet précédent à ce sujet.
Si vous vous demandez où a bien pu passer tout ce pognon, sachez que vous n'êtes pas le seul. Posez donc la question à votre moteur de recherche favori : "where is the money ?" (où est l'argent ?), il vous répondra : http://www.whereisthemoney.org :)
Alors gringo, toi aussi tu veux ta part du magot ?
Ce que je trouve hilarant dans l'article de CBS mentionné plus haut, c'est l'utilisation du terme "waste" ("war on waste") : "gaspillage". Car évidemment, le fait que plusieurs milliers-de-milliards de dollars s'évanouissent dans la nature ne saurait être le fruit de détournement de fonds et de corruption. C'est totalement impensable !! Au pays des bisounours, lorsqu'une montagne de fric disparaît, on appelle ça "du gaspillage".
Dommage que l'inspecteur Colombo soit à la retraite. Il en aurait des choses à dire... "Heuuu, excusez-moi Mr Rumsfeld, j'ai une dernière petite question..."
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Fares
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22.1.08
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mercredi 16 janvier 2008
Traité européen : Démocratie MAINTENANT !
Pour que le traité de Lisbonne soit adopté en France, il est indispensable que la Constitution française soit préalablement modifiée. C'est l'enjeu du vote de Versailles du 4 février prochain.
Il suffit d'une minorité de blocage de 2/5 des suffrages exprimés lors de ce vote pour rejeter la modification de la constitution, et ainsi forcer un référendum.
C'est la raison pour laquelle ; quel que soit le sentiment qu'on ait vis à vis de ce texte, quel que soit le choix que l'on ait fait lors du référendum de 2005, quel que soit le choix que l'on ferait si un nouveau référendum devait être proposé ; les citoyens pour lesquels la démocratie à un sens devraient faire pression sur leurs élus afin d'empêcher le coup de force parlementaire en cours de préparation.
Le Conseil National pour un Référendum (CNR) a mis en place une interface très simple qui vous permet de contacter vos élus, par département.
Vous pouvez envoyer un message à vos élus en deux coups de clics : contactez vos élus.
Le blabla est pré-rempli, vous pouvez bien sûr le modifier à votre guise avant de l'envoyer.
Comme le rappelle le Sénateur Jean-Luc Mélenchon, repris entre autres par Le Post et Plume de Presse, les forces en présence sont potentiellement très équilibrées.
331 sénateurs et de 577 députés, soit 908 voix au total. Pour être adoptée, la réforme de la Constitution doit être approuvée à plus de 3/5 des suffrages exprimés. Pour être rejetée, il suffit qu'elle soit refusée à plus 2/5 des suffrages exprimés.
[...]
Pour avoir la majorité des 3/5 Sarkozy doit rassembler tous les parlementaires UMP, tous ceux du Centre et tous les non inscrits des deux assemblées ! On arrive alors à un total de 552 voix. Soit très exactement 7 voix d’avance ! Sept voix ! Pas une de plus. On est loin, très loin du « c’est plié de toutes façons » que professent certains sans produire un seul chiffre pour appuyer leur démonstration ! D’autant que, notez le bien, il y a une inconnue. De taille ! En effet il y a 15 parlementaires souverainistes à droite ! S’ils ne votent pas, le score de Sarkozy retombe à 537 voix et il a perdu. En fait, pour que Sarkozy n’arrive pas à avoir sa majorité il suffit que 8 d’entre eux votent contre la réforme de la Constitution !
Rappel : la minorité des 2/5 qui suffit à bloquer Sarkozy est de 363 voix. La totalité des parlementaires de gauche, socialistes, communistes, MDC, Verts est de 355 voix. Il nous manque donc huit voix. Encore il manque 8 voix si tous les parlementaires de droite sont présents et votent et si tous les souverainistes, tous les non inscrits et tous les centristes (de toutes les chapelles) votent avec l’UMP.
[...]
Le Parti Socialiste détient donc une bonne part des clés qui permettent de bloquer la réforme constitutionnelle, et ainsi forcer un référendum.
Dans ce contexte, l'attitude de François Hollande et Jean-Marc Ayrault (respectivement Premier Secrétaire et Président du Groupe Socialiste), qui connaissent pourtant parfaitement la situation, est tout à fait scandaleuse.
Hollande et Ayrault ont ainsi déclaré que le meilleur moyen pour les parlementaires socialistes de montrer le refus de la ratification par voie parlementaire du traité de Lisbonne, serait de boycotter le congrès à Versailles.
C'est totalement faux !! Au contraire, c'est le renoncement du PS qui permettrait de facto à l'UMP de bénéficier très facilement d'une majorité de 3/5 des voix exprimées, et donc de faire passer en force un traité dont le contenu est en tous points similaire à celui qu'une majorité de Français avait rejeté par la voie référendaire en 2005.
Il est des situations que la bêtise seule ne suffit pas à expliquer. La tentative de manipulation de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault constitue ni plus ni moins qu'une trahison. Et j'insiste sur ce terme, dont la définition colle parfaitement à la situation :
Trahison : La trahison désigne le fait d'abandonner, de livrer à ses ennemis ou de tromper la confiance d'un groupe (politique ou religieux), d'une personne (ami, amant, famille) ou de principes.
Cette situation est extrêmement grave. J'espère que nous serons nombreux à la dénoncer et à nous mobiliser en contactant nos élus ; quelle que soit leur couleur politique, qu'ils fassent partie de la majorité ou de l'opposition-contrôlée ; afin qu'ils mettent un terme à cette mascarade et au scandaleux déni de démocratie qui nous est infligé.
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Fares
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mardi 15 janvier 2008
Nicolas Sarkozy, Caïd de la médiocratie
J'ai bien aimé l'article "On a les Brel(les) qu'on mérite", sur le blog du Charençon Libéré.
Le titre, la chute, le style, le ton, j'ai trouvé ce billet excellent. Je vous en livre un extrait :
[...]
Je vais donc juste tenter de retomber sur mes pattes en constatant que Florent Pagny est bien dans son époque.
Tant il s'intégre parfaitement à un air du temps poujadiste et égoïste.
Et que l'on a les Brel(les) que l'on mérite.
Tant cet album de reprise n'est qu'une (toute) petite pierre de plus à l'immense chantier actuellement en cours.
Celui des petites trahisons et des grandes confusions.
Des vessies pour des lanternes qui n'ont qu'un seul but : légitimer la médiocrité.
Qu'elle soit musicale.
Médiatique.
Ou politique.
[...]
"Légitimer la médiocrité". Voilà une formule qui ne manque pas de sel ! Et malheureusement, c'est tout à fait exact.
Par exemple, vous voulez une bonne tranche de médiocrité ?
Mesdames et Messieurs, le Président de la République Française :
C'était une allocution du Président de la République Française.
Rions enfants de la patriiiieeee, le jour de gloire eeest arrivéééé...
C'est sidérant de voir à quel point celui qu'on a qualifié d'"homme de la rupture" parvient à rester constant dans la médiocrité, qu'il dise une chose ou son contraire.
Nicolas Sarkozy, Caïd de la médiocratie, où le règne absolu du mensonge permanent.
Le plus frustrant reste sans doute que toute cette mascarade et toute cette médiocrité étaient totalement prévisibles. Electeur Sarkozyste, à quoi est ce que tu t'attendais ?
"- Mais enfin, Béatrice, tu t'attendais
à quoi, exactement ? A un réveillon dansant
aux Champs-Elysées ?" [1]
Et pourtant... Pourtant, la médiocratie n'est pas une fatalité : en politique comme en musique, on a les Brel(les) qu'on mérite.
---
[1] : Dessin de Voutch, vu sur le blog de Zgur.
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15.1.08
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samedi 3 novembre 2007
Grenelle du souk : j'ai décidé de suspendre la culture des OGM... et du reste aussi !
En vertu du respect du "principe de précaution", Nicolas Sarkozy a décidé de suspendre la culture commerciale des OGM pesticides en attendant les conclusions d'une nouvelle instance qui devra être créée avant la fin de l'année. Annonce qu'il a effectuée "sous vos applaudissements" (comme l'aurait dit Jacques Martin).
C'est bien.
Mais je peux faire mieux.
Et je vais faire mieux, pas plus tard que tout de suite. Je vous l'annonce solennellement chers lecteurs, j'ai décidé de suspendre la culture commerciale du soja, du coton, du colza et du maïs, qu'ils soient OGM ou non, et ce en attendant les conclusions d'une nouvelle instance qui devra être créée avant la fin de l'année.
On ne plantera plus rien tant que la nouvelle instance d'experts n'aura pas rendu ses conclusions. Et je serai totalement inflexible sur cette question.
Comment puis-je faire une telle annonce ? Ce n'est pas très compliqué :
Les 4 plantes OGM principales sont le soja, le coton, le colza et le maïs (source).
- Pour le coton, c'est le plus simple, en France nous n'en avons pas (source).
- Pour le colza, la période de semis vient juste de s'achever : 20 août au 10-15 octobre (source).
- Pour le soja, la période optimale de semis est autour de mi-mai (source).
- Et en ce qui concerne le maïs, la période de semis se situe entre fin avril et la première quinzaine de mai (source).
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3.11.07
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mardi 24 juillet 2007
Chomsky : Comparaison du traitement médiatique des massacres
Nouvel extrait du documentaire Manufacturing Consent.
Pour la vidéo qui va suivre, il faut replacer un peu le contexte : Chomsky étudie deux événements historiques bien dégueux qui se sont déroulés simultanément, parallèlement, et dans la même région du monde au cours des années 70. D'une part les massacres au Cambodge perpétrés par Pol Pot et ses Khmers rouges avec la complicité de l'URSS. Et d'autre part les massacres au Timor oriental, suite à son invasion par l'Indonésie avec la complicité notamment des Etats Unis et du Canada.
Il analyse en particulier le traitement médiatique de ces deux questions aux Etats-Unis. Il montre de quelle manière les médias ont vigoureusement dénoncé les atrocités commises au Cambodge, tandis que dans le même temps ils se sont employés à étouffer totalement la question du Timor. Son travail est bien documenté, y'a plein de témoignages horribles, des images bien dégueux à souhaits, bref tout ce qu'il faut...
Je vous fais grâce de tous ces préliminaires ultra-glauques, et je saute directement à la conclusion :
Ce passage là me semble particulièrement intéressant :
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Fares
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24.7.07
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vendredi 29 juin 2007
Le 11 septembre selon France 3 : "Nous ? On n'a pas dit ça !"
Dans un billet précédent, j'ai dit qu'il n'y avait pas de preuve tangible (selon l'expression du FBI : "no hard evidence") de l'implication de Ben Laden dans les attentats du 11 septembre.
A vrai dire, il n'y a pas plus de raison de croire ou de douter de l'implication de Ben Laden et des Talibans dans les attentats du 11 septembre qu'il n'y avait de raisons de croire ou de douter de l'existence des armes de destruction massive en Irak et de l'imminence du danger que ces armes constituaient.
La seule différence majeure se situe dans le traitement médiatique de ces deux questions. Du moins en France, puisqu'aux Etats-Unis, rappelons que plus de 80% des Américains étaient convaincus que Saddam Hussein détenait des armes de destruction massive, et même qu'il était intimement lié à ce qu'on a appelé "la nébuleuse Al-Quaïda".
Le 6 décembre dernier, Marie Drucker, présentatrice du journal télévisé Soir3, reçoit Nicole Bacharan (présentée comme spécialiste des Etats-Unis) pour discuter du rapport Becker et la situation en Irak. Elle se lance dans un speech maladroit dans lequel elle fait une différence nette entre la guerre en Irak lancée sur de mauvais prétextes (armes de destruction massive), et la guerre en Afghanistan qu'elle présente comme légitime et justifiée.
C'est totalement faux, car si Ben Laden est bien un terroriste recherché, c'est pour les attentats contre les ambassades américaines en Tanzanie et au Nigeria en 1998. Il n'est pas inculpé pour les attentats du 11 septembre, et il n'est pas recherché pour les attentats du 11 septembre.
Il n'y a pas plus de raisons de croire ou de douter de cette affirmation :
Que ce soit de Ben Laden et ses sbires Talibans Afghans ou de Saddam Hussein, il s'agissait de dictatures sanguinaires. Dans les deux cas, le méchant est tellement méchant qu'il est très facile de charger la barque sans avoir à apporter les preuves des nouvelles accusations. Dans les deux cas, les Etats Unis sont partis en guerre illégitimement et illégalement sans l'accord de l'ONU, en se basant sur de fausses déclarations. Ces deux invasions trouvent leur justification morale dans les attentats du 11 septembre. L'une comme l'autre sert à alimenter la pompe à fric, d'un coté à travers l'argent de la drogue, de l'autre à travers la manne pétrolière. Il n'y a fondamentalement aucune différence entre les deux.
Dire qu'il y a une différence entre les deux, et laisser supposer que l'invasion de l'Afghanistan est justifiée par les attentats du 11 septembre, c'est un mensonge par omission : c'est jouer sur l'ignorance et la sur la croyance largement véhiculée que Ben Laden est incontestablement l'auteur des attentats du 11 septembre. C'est pourtant une théorie qui n'a pas plus de justification que celle qui prétendait que l'Irak détenait des armes de destruction massive.
Dans le meilleur des cas, le silence de Marie Drucker est le triste reflet de son incompétence. Sinon, il ne s'agit pas d'une simple erreur ou d'une méconnaissance du sujet : elle se rend complice d'un mensonge par omission, l'un des ingrédients de base d'une bonne campagne d'intox. Dans les deux cas, le résultat est le même.
J'ai donc envoyé une lettre à la médiatrice des programmes de France 3 pour lui demander des explications.
Voici la réponse qu'elle m'adresse, 3 semaines plus tard :
Médiatrice des rédactions
7, esplanade Henri de France
75907 PARIS CEDEX 15
Paris, le 3 janvier 2007
Monsieur,
Merci pour votre courriel. J'ai réécouté avec beaucoup d'attention l'interview de Madame Bacharan concernant l'Afghanistan. Elle dit, "cette guerre par les Américains était considérée comme la bonne guerre". Une guerre non idéologique, menée par l'Otan, soutenue par de nombreux pays. C'était la guerre contre le terrorisme. Elle ne dit pas que cette guerre est justifiée par l'attentat du 11 septembre. Elle ne fait pas allusion à cet attentat. Elle ne fait que commenter la position des Etats-Unis. Jamais elle n'affirme que les Talibans sont impliqués dans les attentats du 11 septembre. Je tenais à vous apporter ces précisions.
Cordialement.
Conclusion : j'envoie un email pour me plaindre qu'une personne invitée au JT sous-entende que Ben Laden et les Talibans sont derrière les attentats du 11 septembre sans que cela ne suscite la réaction de la journaliste qui prétend l'interviewer. La médiatrice des programmes me répond en substance : mais voyons de quoi tu te plains bonhomme, on n'a pas dit ça explicitement.
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Fares
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29.6.07
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mardi 19 juin 2007
Chomsky : les deux cibles de la propagande
Aujourd'hui, une nouvelle vidéo extraite du documentaire Manufacturing Consent.
Chomsky désigne grossomodo 2 cibles pour la propagande. En première approximation, il découpe la population en deux grandes catégories : les 20% les plus diplômés, et les autres.
- Ce sont ces 20% qui sont la cible principale de la propagande. On pourrait croire qu'ils sont les mieux équipés pour se défendre. Et pourtant, ce sont eux, ces 20% à qui on a bourré le mou pendant des années en leur expliquant qu'ils deviendraient "l'élite de la nation", qui sont dans le rôle du gibier. Ce sont ceux qui doivent être le plus profondément endoctrinés.
- Les 80% restants sont ceux à qui on a répété qu'ils ne comprennent rien à rien parce que de toutes façons c'est bien simple : ils sont trop cons. On le leur a dit et répété inlassablement sous diverses formes, à tel point qu'une partie d'entre eux a réellement fini par le croire. Ceux là sont littéralement dressés pour croire aveuglément "le spécialiste", "l'expert", ou celui qu'on leur désignera comme tel. Ils doivent être occupés, distraits et divertis, pour surtout ne pas avoir à se mêler de ce qui les regarde.
Si les 20% cernent en général assez bien ce deuxième aspect, ils ont en revanche beaucoup plus de mal à considérer sérieusement le premier. Personne n'aime se retrouver dans la position du gibier. C'est bien connu, la propagande c'est toujours pour les autres.
Chomsky évoque également l'idée du "bounding of debate" (borner le débat). C'est une notion très intéressante. Je reviendrai là dessus plus tard :)
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Fares
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19.6.07
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samedi 16 juin 2007
Opération Licorne : quand les militaires français tirent dans la foule
Article extrait de Marianne du 27/01/2007 :
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Fares
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16.6.07
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mercredi 13 juin 2007
"Censure à la Chavez" : retour sur une campagne d'intox à la française
Pour commencer, je vous propose un extrait d'une intervention récente de François Bayrou, interrogé à propos de l'attribution de TF1 au groupe Bouygues.
Or c'est bien de cela dont il est question lorsque Hugo Chavez refuse de renouveler la concession hertzienne attribuée à la chaîne de télévision RCTV. Mais les médias français ne l'entendent pas de cette oreille, et ils profitent de cette opportunité pour se lancer dans ce qu'Acrimed appelle "un concert de désinformation".
- "Suppression de la licence de la chaîne de radiotélévision d'opposition RCTV" : FAUX
- "Chavez a ordonné la disparition de RCTV" : FAUX
- "Venezuela : la dernière chaîne d’opposition à Chávez a cessé d’émettre ": FAUX
- On minimise l'importance du coup d'état anti-chaviste de 2002
- On minimise le rôle qu'a joué la RCTV dans le coup d'état militaire manqué de 2002
- Le non-renouvellement de la licence hertzienne à la RCTV nuit au pluralisme audiovisuel : FAUX
- "80% de la population regrette la décision de Chavez" : FAUX
- On oublie de préciser que la RCTV a enfreint les règlements audiovisuels sur la pub, la violence, les images subliminales et la pornographie à 652 reprises entre juin 2006 et décembre 2006.
- etc...
Entre vrais mensonges, fausses vérités, omissions et distorsions... Acrimed nous aide à y voir plus clair dans un très bon article de Henri Maler et Mathias Reymond, dont je vous recommande chaudement la lecture :
A voir également, l'article de Michel Collon :
http://groups.google.be/group/AlterEFP/browse_thread/thread/f65a98cbf773369?hl=fr
Pour ceux qui veulent aller plus loin, je vous propose le documentaire "la señal es de todos" (le signal est à nous) : très intéressant pour les donneurs de leçons que nous sommes en matière de démocratie.
Et pour terminer, un pointeur vers un documentaire que je n'ai pas encore vu. Mais l'interview de la réalisatrice Vanessa Stojilkovic laisse présager un film très prometteur :
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Fares
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13.6.07
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lundi 4 juin 2007
Plus le mensonge est gros...
Plus le mensonge est gros, et plus les gens y croient.
C'est une citation que tout le monde connaît. On la doit à Joseph Goebbels. Etant donné les fonctions qu'il a occupé (ministre de la propagande du régime nazi de Hitler), on se doute bien qu'en terme de manipulation, ce salopard sait de quoi il parle. S'il le dit, on peut penser que c'est probablement vrai.
Pourtant ça semble assez contradictoire. Un petit mensonge de rien du tout semble plus facile à faire gober qu'un espèce de mensonge ultime.
Cette citation séduit par l'élégance de son paradoxe apparent (le fait que ce soit élégant ne suffit pas pour que ce soit vrai, mais c'est déjà un bon début : c'est toujours ça de pris). Mais surtout, cette citation nous mystifie à cause de l'identité de son auteur : imaginons la même citation attribuée à... disons Roselyne Bachelot. Ca ne met plus du tout mal à l'aise. A la limite ça ferait presque sourire.
Alors Goebbels, tu nous racontes des salades ?
Pas tout à fait ! En fait ça marche. J'ai récemment corrigé mon interprétation. L'erreur que je faisais, c'était de considérer que l'énormité d'un mensonge facilite son acceptation : en quelque sorte, le mensonge serait tellement gros qu'il neutraliserait l'esprit critique, rendant ainsi la pilule plus facile à avaler. Or c'est faux. Un gros mensonge est plus complexe à mettre en place, il requiert plus de moyens, il nécessite un travail de préparation plus important. Un mensonge n'est pas d'autant plus crédible qu'il est gros.
Ce n'est pas au moment de son acceptation que l'énormité du mensonge est un atout. C'est au moment de sa remise en question. Un mensonge admis comme étant la vérité sera beaucoup plus difficile à remettre en cause s'il est énorme, parce que l'effort nécessaire pour sa remise en question sera d'autant plus important. Plus le mensonge est gros, et plus sa remise en question dépasse le cadre du mensonge lui-même.
D'une certaine manière, ce mensonge devient également "mon mensonge". Il fait partie de moi. Il fait partie de ma vision du monde. Ne touche pas à ce mensonge, parce que c'est toute une partie de la manière dont je perçois le monde qui repose dessus. Je me battrai, parfois inconsciemment, parfois en dépit du bon sens, pour que ce mensonge reste la réalité. Ma réalité.
Puisqu'on en est là, rappelons également une citation de Hitler :
En combinant les deux, on obtient quelque chose du genre :
Goebbels et Hitler se marrent !!
J'entends leurs rires sinistres qui résonnent contre les parois de la caverne de Platon.
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dimanche 27 mai 2007
Bébés prématurés en première ligne : Guerre du Golfe (1990)
Vous vous souvenez de la première guerre du Golfe ? J'étais gamin. Mon grand père était très enthousiaste, il avait tout bien compris : il m'expliquait "la guerre propre", avec "les frappes chirurgicales", etc... En France il faut croire qu'on était tellement ravis à l'idée d'aller casser du méchant qu'on n'a pas eu besoin d'être trompés davantage.
Aux Etats-Unis c'était un peu différent. Les Américains étaient moins va-t-en guerre à l'époque. Il a donc fallu travailler l'opinion publique un peu plus.
Pour travailler l'opinion publique, les vieillards, les femmes, les enfants, les bébés, sont de très puissants leviers émotionnels. Quoi de plus efficace pour justifier une guerre, que de mettre en avant la barbarie du massacre d'innocents et fragiles bébés prématurés. Dans ce contexte, la vérité a peu d'importance. Ce qui compte avant tout, c'est de déstabiliser émotionnellement le public, et d'en profiter pour transformer l'essai dans la foulée.
Un article dans l'Humanité revient sur l'histoire des bébés en prématurés arrachés à leur couveuse par des soldats Irakiens lors de l'invasion du Koweit :
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Opération Northwoods : le concept Problème/Réaction/Solution, et le Terrorisme d'Etat
Le Document
Aujourd'hui on va jouer aux rats de bibliothèques, et on va aller jeter un coup d'oeil dans les archives.
On a du mal avec l'idée qu'un gouvernement puisse planifier, orchestrer, et exécuter des attentats terroristes contre ses propres citoyens dans le but de les forcer à accepter un calendrier politique pré-établi. Ca semble trop gros. Même les gens qui se veulent extrêmement cyniques et qui se la jouent totalement désabusés, ont en général énormément de mal à admettre sérieusement cette possibilité.
Pourtant le concept "Problème/Réaction/Solution" est relativement simple : plutôt que d'imposer par la force une idée qui devrait de toute évidence rencontrer une opposition trop vigoureuse, je commence par créer une situation de crise de toutes pièces. Puis je canalise la réaction engendrée par cette crise. Et enfin en guise de solution incontournable à la résolution du problème, je propose l'idée qui aurait été refusée au départ.
On a souvent tendance à tenir le raisonnement suivant :
Qu'une certaine partie de la classe politique soit plus ou moins verreuse, plus ou moins magouilleuse, bon ok c'est un fait. Mais de là à imaginer que certains d'entre eux pourraient perpétrer des attentats contre nous (nous les gentils bisounours innocents), il faut pas déconner !!
A l'extrême limite, dans des pays vaguement sous-dev-en-voie-d-émergence, peut être. Mais voyons, pas chez nous, pas dans une démocratie !!! Et puis, s'il y avait de bonnes raisons de croire à ce genre de choses, ça se saurait !
Ce "ça se saurait" est l'argument le plus débile qui soit... En fait ça se sait. Ou plutôt ça devrait se savoir.
Je vous propose de lire le Document Northwoods. Il s'agit d'un document de 1962 qui est resté classé top-secret pendant plus de 35 ans. Déclassifié à la fin des années 90, il a ete mis en ligne début 2001 au National Security Archive sur le site de l'Université Georges Washington :
C'est un document signé par Lyman Lemnitzer, qui occupait les responsabilités de Chef d'Etat-Major Interarmés des Etats-Unis sous la présidence de Kennedy. Le document fixe les grandes lignes d'une campagne de terrorisme sur le territoire américain dans le but de créer un prétexte en vue d'une intervention militaire contre le régime cubain de Castro.
Ce document est parvenu jusque sur le bureau de Robert McNamara (Ministre de la Défense) pour approbation. Kennedy s'est opposé au plan et a fait limoger Lemnitzer. Ce plan tordu n'a donc pas été mis en pratique, mais le document reste un témoignage historique capital : il donne une idée assez précise de l'état d'esprit dans lequel sont planifiées des opérations paramilitaires, qui pourraient tout à fait être validées par un dirigeant plus soucieux d'éviter de se mettre les militaires à dos que ne l'était Kennedy en son temps.
En voici quelques extraits bien gratinés :
World opinion, and the United Nations forum should be favorably affected by developing the international image of the Cuban government as rash and irresponsible, and as an alarming and unpredictable threat to the peace of the Western Hemisphere.
[...]
Such a plan would enable a logical build-up of incidents to be combined with other seemingly unrelated events to camouflage the ultimate objective and create the necessary impression of Cuban rashness and irresponsibility on a large scale, directed at other countries as well as the United States. The plan would also properly integrate and time phase the courses of action to be pursued. The desired resultant from the execution of this plan would be to place the United States in the apparent position of suffering defensible grievances from a rash and irresponsible government of Cuba and to develop an international image of Cuban threat to peace in the Western Hemisphere.
[...]
Inasmuch as the ultimate objective is overt military intervention, it is recommended that primary responsibility for developing military and para-military aspects of the plan for both overt and covert military operations be assigned the Joint Chiefs of Staff.
[...]
Such a plan would permit the evaluation of individual projects within the context of cumulative, correlated actions designed to lead inexorably to the objective of adequate justification for US military intervention in Cuba
[...]
Casuality in the newspapers would cause a helpful wave of national indignation
[...]
We could develop a Communist Cuban terror campaign in the Miami area, in other Florida cities and even in Washington.
[...]
Exploding a few plastic bombs in carefully chosen spots, the arrest of Cuban agents and the release of prepared documents substantiating Cuban involvement also would be helpful in projecting the idea of an irresponsible government.
[etc etc.]
Il y a plein d'autres idées : de vrais faux attentats avec de fausses victimes et de fausses cérémonies de deuil, de vrais attentats avec des vraies victimes du vrai sang et des vraies larmes, des bombardements au mortier par de vrais faux méchants barbouzes, des incendies, des sabotages, des fausses tentatives de détournement d'avions, des avions maquillés en MIGs... Bref, tout ce qu'il faut.
Autres sources
Pour ceux qui veulent en savoir un peu plus, en français :
Pour ceux qui veulent en savoir un peu plus, en anglais (dossier mieux documenté) :
Pour ceux qui ont vraiment du mal à se passer de la video en toutes circonstances :
Quelles leçons tirer de tout ça ?
S'il ne devait y en avoir qu'une, à mon avis ce serait la suivante : lorsqu'un attentat se produit, ce serait une grave erreur que d'écarter a priori l'hypothèse selon laquelle cet acte terroriste aurait pu être commis par un gouvernement contre ses propres citoyens, dans le but de les contraindre à accepter un calendrier politique pré-établi. On ne peut pas écarter cette hypothèse d'un revers de main, simplement sous prétexte qu'elle perturbe trop notre vision du monde ou notre échelle de valeurs. Cette hypothèse doit être analysée et doit être explorée avec le même sérieux et la même rigueur que toutes les autres.
Par ailleurs, dans un contexte international de "guerre contre le terrorisme" ("War on terror"), il convient d'être un tout petit peu vigilant vis à vis de ceux qui font de leur principal cheval de bataille l'idée "d'assurer notre sécurité" à tout prix. Car c'est sans aucun doute ceux-là même qui auraient le plus à gagner à voir se développer chez nous "a helpful wave of national indignation".
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Fares
le
27.5.07
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