lundi 4 juin 2007

Plus le mensonge est gros...





Plus le mensonge est gros, et plus les gens y croient.


C'est une citation que tout le monde connaît. On la doit à Joseph Goebbels. Etant donné les fonctions qu'il a occupé (ministre de la propagande du régime nazi de Hitler), on se doute bien qu'en terme de manipulation, ce salopard sait de quoi il parle. S'il le dit, on peut penser que c'est probablement vrai.

Pourtant ça semble assez contradictoire. Un petit mensonge de rien du tout semble plus facile à faire gober qu'un espèce de mensonge ultime.

Cette citation séduit par l'élégance de son paradoxe apparent (le fait que ce soit élégant ne suffit pas pour que ce soit vrai, mais c'est déjà un bon début : c'est toujours ça de pris). Mais surtout, cette citation nous mystifie à cause de l'identité de son auteur : imaginons la même citation attribuée à... disons Roselyne Bachelot. Ca ne met plus du tout mal à l'aise. A la limite ça ferait presque sourire.


Alors Goebbels, tu nous racontes des salades ?
Pas tout à fait !  En fait ça marche. J'ai récemment corrigé mon interprétation. L'erreur que je faisais, c'était de considérer que l'énormité d'un mensonge facilite son acceptation : en quelque sorte, le mensonge serait tellement gros qu'il neutraliserait l'esprit critique, rendant ainsi la pilule plus facile à avaler. Or c'est faux. Un gros mensonge est plus complexe à mettre en place, il requiert plus de moyens, il nécessite un travail de préparation plus important. Un mensonge n'est pas d'autant plus crédible qu'il est gros.

Ce n'est pas au moment de son acceptation que l'énormité du mensonge est un atout. C'est au moment de sa remise en question. Un mensonge admis comme étant la vérité sera beaucoup plus difficile à remettre en cause s'il est énorme, parce que l'effort nécessaire pour sa remise en question sera d'autant plus important. Plus le mensonge est gros, et plus sa remise en question dépasse le cadre du mensonge lui-même.

D'une certaine manière, ce mensonge devient également "mon mensonge". Il fait partie de moi. Il fait partie de ma vision du monde. Ne touche pas à ce mensonge, parce que c'est toute une partie de la manière dont je perçois le monde qui repose dessus. Je me battrai, parfois inconsciemment, parfois en dépit du bon sens, pour que ce mensonge reste la réalité. Ma réalité.



Puisqu'on en est là, rappelons également une citation de Hitler :

Un mensonge répété dix fois reste un mensonge; répété dix mille fois il devient une vérité.




En combinant les deux, on obtient quelque chose du genre :

Lorsqu'un mensonge a été suffisamment répété au point d'être communément admis comme étant la vérité, plus il est énorme, plus il est difficile à remettre en question.




Goebbels et Hitler se marrent !!
J'entends leurs rires sinistres qui résonnent contre les parois de la caverne de Platon.






10 commentaires:

Nicolas a dit…

Excellent article, j'adore l'analyse sur le concept ^^

Un blog de plus dans mes favoris :-)

Fares a dit…

Merci pour le commentaire sympa, ça fait plaisir de voir apparaître des commentaires sur de vieux billets :)

On ne peut pas dire que ce blog ait une activité folle depuis 2 mois. Un peu de patience, ça va repartir :)

salah a dit…

exellent analyse.
avec les evenements d'aujourd'hui (la mort de benladen ) je me permets de reprendre ta conclusion sur ma page facebook.

Roland Scialom a dit…

Dans un thriller américain récent, un personnage cite le psychanaliste américain
Walter C. Langer qui aurait dit quelque chose de pareil.
Si ma mémoire est correcte, la phrase citée dans le Thriller est:
"il est plus facile de faire passer un gros mensonge plutôt qu'un petit;
et s'il est répété beaucoup, il fini par devenir une vérité"
Alors, je suis curieux de savoir si Langer se serait inspiré par les paroles
de Hitler e/ou Goebels, ou si Langer est aussi original que les deux nazis.

rien a dit…

Bien évidemment dans ces citations Goebbels et Hitler font référence au mensonge de (je cite) "l'international juif" et non pas de leur stratégie de propagande. Ils font surtout référence aux idéologies religieuses qui ont d'écoulées du judaïsme (catholique, musulman etc…). Qui sont bien entendu le dit mensonge sans cesse répété.

vibromasseur a dit…

tres bon merci

Anonyme a dit…

Mais la vraie question est : "Les nazis ont ils réellement fait tout ce qui est dit à leur sujet ou bien leur mensonge est-il aujourd'hui dévoilé?" ou encore "Le mensonges des triomphants apparait-il toujours comme vérité?"

Anonyme a dit…

Non, non, les nazis n'ont absolument rien fait. Tous ces gens sont décédés en tentant de rejoindre l'Amérique à la nage.

Fares a dit…

svp évitez de poster des commentaires en tant qu'"Anonymes". Ayez au moins l'obligeance de mettre un pseudo, afin que je puisse insulter les auteurs des commentaires les plus débiles. Merci :)

Anonyme a dit…

l inventeur de cette formule "plus c est gros...." n est pas Goebbels mais Edouard Bernays , neuveu de Sigmund Freud. Edward Bernays est né en 1891 à Vienne et il est mort en 1995 à Boston. 103 années d’une vie fructueuse. Une vie consacrée à l’une des tâches majeures de notre siècle : celle qui consista à pervertir les democraties pour faire plier les volontés des masses aux desseins des élites, en toute non-violence. Il a su exploiter les avancées apportées par son oncle, ainsi que le rayonnement scientifique de ce dernier dans le domaine de la connaissance de l’irrationnalité, à des fins économiques idéologiques et politiques.Sa discrétion dans notre paysage culturel actuel est inversement proportionnelle à l’ampleur de sa tâche. Même dans les agences de pub ou dans les services de relations publiques, son nom est presque inconnu, tout du moins en France. Il faut dire qu’il était un fervent partisan d’une « gouvernance de l’ombre » et ses écrits ne tarissent pas sur ce sujet. « créer du besoin, du désir et créer du dégoût pour tout ce qui est vieux et démodé » fut un de ses leitmotiv. « Fabriquer du consentement », « cristalliser les opinions publiques » furent les titres de 2 de ses oeuvres écrites (une quinzaine en tout). « Dompter cette grande bête hagarde qui s’appelle le peuple ; qui ne veut ni ne peut se mêler des affaires publiques et à laquelle il faut fournir une illusion » en furent d’autres.