jeudi 1 novembre 2007

5 rue Godefroy Cavaignac : j'ai honte

La situation que je vais décrire se déroule en ce moment, en plein Paris, à peine à 1.5 km de chez moi.


Le 18 octobre 2007, une poussette prend bizarrement feu dans la cage d'escalier du bâtiment A de l'immeuble situé au 5 rue Godefroy Cavaignac. Dès lors, 20 familles se retrouvent sans logement. Ces 60 personnes ont des papiers, travaillent pour la plupart et les enfants sont scolarisés dans le quartier.

A cause de l'incendie, l'immeuble est évacué, mais on leur dit qu'ils pourront réintégrer leur logement le lendemain.

Mais la préfecture déclare l'immeuble insalubre et des scellés sont posés. La société propriétaire fait installer des portes blindées et place cinq maîtres chiens à l'entrée de l'immeuble. Personne ne peut plus regagner son appartement, ni avoir accès à ses affaires personnelles.

Depuis, certaines femmes et enfants ont été relogés à l'hôtel, mais d'autres ont refusé et campent devant l'immeuble. Car l'hôtel n'est pas une solution : au-delà des huit premiers jours pris en charge par la mairie, l’hôtel devient un luxe. Il n’est quasiment pas possible pour les sinistrés de prendre en charge ce budget estimé entre 1300 et 1600€ par mois. La plupart des locataires gagnent environ 1200€ par mois. D’autant plus que l’expérience démontre que les personnes logées à cette enseigne censée être provisoire peuvent parfois rester plusieurs années dans ces conditions.





Comme ça se situe à deux pas de chez moi, j'ai pris quelques minutes pour aller voir. Et j'ai vu. J'ai vu les agents avec leurs gros blousons "Sécurité" qui bloquent l'entrée de l'immeuble. J'ai vu ces tentes alignées sur le trottoir. Je suis allé discuter avec les femmes qu'on voit dans cette vidéo, pour prendre des nouvelles et leur dire quelques mots, quelques banalités de soutient. J'ai été surpris par leur détermination à vouloir garder l'espoir. Et par leurs sourirs. Remplis d'amerturme certes, mais des sourirs quand même.

J'espère que cette histoire fera suffisamment de bruit et soulèvera suffisamment d'indignation pour obtenir un règlement rapide de cette situation honteuse.



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1 commentaire:

Fares a dit…

Je voudrais remettre ça sur le tapis.
J'ai posté un billet là dessus il y a 3 semaines.

Aujourd'hui, soit plus d'un mois après que ces gens se soient fait mettre dehors du jour au lendemain, cette situation hallucinante n'est toujours pas réglée ( voir le site de soutien ).

Les courriers que j'ai envoyés au Maire du 11ème arrondissement et à la préfecture de Paris sont restés lettres mortes. Même pas une réponse polie en langue de bois du style "oui oui on fait tout notre possible".
Pareil du coté des médias, qui s'en contrefoutent royalement.
Sur cette question, le mépris est apparemment total.

<< Nous nous appelons civilisés, et nous sommes pires que des sauvages. >> Denis Diderot.

A croire qu'il n'avait pas totalement tort.